Il n’y a pas que la tuyauterie

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Il y a eu ce sommet du monde municipal sur le rôle de la municipalité de demain ; il s’est tenu à Boucherville en 2011 et a débouché sur la formation d’un comité des sages et sur la production du Livre blanc sur l’avenir des municipalités déposé en 2012. Instigateur de cet événement, le maire de Rimouski et président de l’UMQ en ce temps-là, Éric Forest, a apporté « son humble contribution » pour donner un nouveau souffle à la dynamique urbaine. Il se tourne aujourd’hui du côté des infrastructures.

Il est toujours maire de sa ville et continue de siéger au comité exécutif de l’Union. Au-delà des travaux comme tels qui sont réalisés dans le cadre des programmes d’infrastructures, il mesure leur impact en région : « J’associe ces retombées avec ce qui est probablement l’un des plus grands défis qu’on aura à vivre dans les prochaines années : celui de la démographie. Les villes et les régions vont être en compétition pour attirer de nouvelles familles. »

À son avis, « il est clair que c’est un des éléments majeurs dont il faut tenir compte, au-delà des infrastructures de base pour lesquelles les programmes nous portent présentement à investir dans l’aqueduc et les égouts. À partir du moment où on a un toit, où on est bien logé et où on a un réseau d’eau potable, il y a d’autres besoins qui surgissent à l’intérieur d’une communauté, d’une municipalité ».

Une logique à respecter

Il constate que, sur les cinq programmes actuels d’investissement dans les infrastructures les plus utilisés, quatre sont consacrés à des projets d’aqueduc et d’égouts : « Un seul se rapporte aux infrastructures communautaires, culturelles et sportives ; il relève du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et contient une enveloppe de 50 millions de dollars. » Et il avance que, « selon ce qu’on me disait entre les portes, les demandes pour ce genre de projets étaient à la hauteur de 700 millions de dollars ».

Il en déduit que « ma quête n’est pas de demander des enveloppes supplémentaires, mais elle se situe sur deux plans qui consistent, en premier lieu, à diversifier les catégories de projets admissibles et, en deuxième lieu, à respecter les priorités locales ».

Il lui apparaît évident que, « à partir du moment où les municipalités répondent aux normes imposées en matière d’eau, le gouvernement devrait respecter leurs autres besoins parce que celles-ci génèrent 16 milliards de dollars dans l’activité économique québécoise, dont 8 milliards de dollars sur le plan des infrastructures et 8 autres milliards sur celui des opérations ». Des investissements municipaux de 14 G$ en projets dans les infrastructures en 2016-2018 engendreraient 9,5 G$ dans le PIB du Québec pour la même période.