Cri du coeur pour un meilleur signal

Les compagnies de télécommunication sont souvent réticentes à payer pour des tours de transmission dans des secteurs à faible densité.
Photo: iStock Les compagnies de télécommunication sont souvent réticentes à payer pour des tours de transmission dans des secteurs à faible densité.

Les maires de 58 villages du Québec où le signal cellulaire est déficient pressent l’industrie et le gouvernement fédéral de leur venir en aide. Ce mardi, le président de l’Association canadienne des télécommunications, Bernard Lord, doit les rencontrer lors d’une réunion à La Pocatière.

« L’objectif, c’est d’avoir le même service qu’en ville et au même coût », résume le député conservateur Bernard Généreux (Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup) qui défend cette cause à Ottawa. « On n’est pas des citoyens de seconde classe. »

Dans sa région, les petites municipalités qui sont situées dans les terres vers la frontière américaine n’ont pas de signal. Le problème touche en outre certaines portions de l’autoroute 20 où le signal est intermittent.

Investissement

Étant donné la faible densité de ces territoires, les compagnies de télécommunication sont réticentes à investir dans de nouvelles tours. Or cela limite le développement économique et pose même des problèmes de sécurité, plaide le député.

« L’élément qui est extrêmement important pour nous, c’est le 911. […] Si tu fais un accident d’auto, tu ne peux pas appeler le 911 même si tu as payé pour. »

À La Pocatière, Bernard Lord doit leur présenter le point de vue de l’industrie. M. Généreux espère que cela favorisera d’éventuels partenariats. « La rencontre va nous donner quelques pistes de solutions. »

« Je comprends très bien qu’ils ne vont pas investir 500 000 $ pour une tour qui va leur donner des revenus de 10 000 $ par an, mais en même temps, le cellulaire est devenu un service essentiel. »

Outre M. Lord, les députés du NPD Guy Caron (Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques) et du PLC Rémi Massé (Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia) doivent être présents. Car, selon M. Généreux, l’enjeu transcende la partisanerie. « Je veux vraiment que ce soit apolitique. Il faut qu’on trouve une solution à long terme à cette problématique-là. »

La semaine dernière, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tenait des audiences dans ce dossier et le député a réclamé qu’il reconnaisse l’accès aux ondes comme un service essentiel. « Si c’est reconnu par le CRTC, le gouvernement n’aura pas le choix de s’y soumettre », plaide-t-il.

De quelle façon ? Le député croit que le gouvernement fédéral pourrait financer des projets lancés par les communautés. Il donne l’exemple de Girardville au Saguenay–Lac-Saint-Jean où une coopérative locale a obtenu des subventions du Québec et de la Ville pour construire une tour de télécommunications qui est louée aux compagnies de téléphone sans fil.