Québec appelé à la rescousse de la maison Boileau

Des citoyens qui souhaitent la préservation de la maison Boileau sont encouragés par la mobilisation des dernières semaines.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des citoyens qui souhaitent la préservation de la maison Boileau sont encouragés par la mobilisation des dernières semaines.

Des citoyens demandent l’intervention du ministre de la Culture, Luc Fortin, afin d’empêcher la démolition de la maison Boileau, une demeure ancestrale de Chambly qui doit être démolie sous peu.

Le président de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, Paul-Henri Hudon, a fait parvenir, plus tôt cette semaine, une lettre au ministre Fortin afin de lui demander de classer la maison Boileau en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Construite au début du XIXe siècle, cette maison a appartenu au notaire René Boileau, patriote et figure marquante de la ville de Chambly. Dans sa missive, M. Hudon décrit la maison Boileau comme une « icône locale » et un « point d’ancrage de son paysage patrimonial villageois ».

Compte tenu de sa détérioration et de la présence de moisissures, le conseil municipal de Chambly a autorisé, mardi dernier, sa démolition à la demande des propriétaires, qui disent ne pas avoir les 1,4 million de dollars requis pour la restaurer.

L’attaché de presse du ministre Fortin, Karl Filion, a confirmé la réception de la demande de classement. « Elle sera traitée le plus rapidement possible par le ministère », a-t-il indiqué par courriel vendredi.

Mobilisation citoyenne

L’imminence de la démolition de la maison Boileau a suscité une mobilisation citoyenne. Les propriétaires de la demeure, Sylvain Hubert et Annie Tremblay, disent maintenant se retrouver dans une position difficile. D’autant qu’ils ont reçu, vendredi, la visite d’un homme qui connaît bien la rénovation de maisons anciennes et qui soutient que remettre en état la maison Boileau pourrait être moins coûteux que le soutiennent les études réalisées pour le compte des propriétaires et de la Ville.

« On est en pleine période de réflexion », a indiqué Sylvain Hubert lors d’un entretien téléphonique. Le permis de démolition devrait être délivré en début de semaine et, selon M. Hubert, il ne sera valide que pour dix jours. « Le conseil [municipal] a accordé le permis de démolition. Il ne peut pas revenir sur sa parole, à moins d’un arrêté ministériel. »

« Il faudra voir l’intérêt de la Ville et du gouvernement. S’il y a des possibilités et du financement, on pourrait voir la situation autrement, a commenté Annie Tremblay. Mais il y a encore plein de points d’interrogation. »

Le couple doit aussi composer avec une autre difficulté puisque la compagnie d’assurance refuse d’assurer la maison au-delà de la fin du mois d’avril en raison des présumés risques d’effondrement.

« Ce qui est dommage, c’est que ça fait quatre ans qu’on fait des démarches, et il n’y a jamais personne qui a voulu nous aider. Et au dernier moment, les gens ont des solutions », souligne M. Hubert.

Des citoyens qui souhaitent la préservation de la maison Boileau sont encouragés par la mobilisation des dernières semaines. Mais Louise Chevrier, ex-présidente de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, déplore que la Ville n’ait jamais cité la maison.

Il n’a pas été possible, vendredi, de parler au maire de Chambly, Denis Lavoie.