Les maires établissent leurs priorités

Une ligne de métro à prolonger à Montréal, des problèmes de surverses à régler à Laval et des réseaux d’eau à retaper aux quatre coins du Québec. Les municipalités québécoises ne manquent pas de projets d’infrastructures à réaliser avec l’argent fédéral prévu dans le budget déposé mardi par le gouvernement Trudeau.

Bien que les sommes soient moins importantes que prévu, les villes se disent ravies des engagements consentis par le gouvernement fédéral en matière d’infrastructures. Et la promesse d’Ottawa de hausser à 50 % sa part de financement pour les infrastructures est reçue comme un baume par les villes.

D’ici 5 ans, 11,9 milliards de dollars seront injectés dans les infrastructures, dont 3,4 milliards sur trois ans pour les transports en commun. Le partage des fonds disponibles pour le transport collectif étant basé sur l’achalandage, le Québec, avec une part de 27,35 %, ira chercher 923,7 millions. « C’est pour nous un nouveau partenariat entre les villes et le gouvernement canadien », a commenté le maire Denis Coderre mercredi.

La ligne bleue

Si le budget ne détaille pas à quels projets particuliers les fonds sont destinés, les villes ont déjà leurs priorités — dont elles devront convenir avec Québec. La présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, disait récemment qu’il y avait pour l’équivalent de 14 milliards de projets municipaux prêts à être lancés.

Le maire Denis Coderre martèle depuis des mois l’importance de réaliser le prolongement de la ligne bleue du métro vers l’est, de même que le SLR sur le pont Champlain, le Train de l’Ouest, ainsi que les travaux de protection de la prise d’eau de l’usine Atwater.

Questionné mercredi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a soutenu que le gouvernement fédéral était disposé à financer le prolongement de la ligne bleue. « L’argent du fédéral est là. C’est une décision qui sera prise entre la province et les municipalités », a-t-il indiqué en entrevue à Radio-Canada.

À Laval, on mentionne comme priorité les problèmes de surverses récurrents qui surviennent lorsque le réseau d’égous est surchargé, forçant le rejet d’eaux d’égouts non traitées dans la rivière des Prairies. « À Laval, c’est un dossier majeur. Une priorité de premier ordre », indique François Brochu, attaché de presse du maire Marc Demers. « C’est un frein au développement qui cause des problèmes environnementaux. »

À Longueuil, on cite en tête de liste la construction d’une piscine intérieure, celle d’un complexe culturel à la Place Charles-Lemoyne et la mise en place d’un plan de gestion des surverses.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Richard Lehoux, se réjouit particulièrement de l’engagement du fédéral de financer 50 % (au lieu de 33 %) des coûts des projets d’infrastructures. « C’est une bonne nouvelle pour les petites municipalités, parce que beaucoup de leurs projets étaient mis en attente à cause du manque de ressources. »

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