La maison Chénier-Sauvé sera préservée

La Ville de Saint-Eustache entend rénover l’ancien bureau de Paul Sauvé et aménagera un lieu d’exposition dans la salle adjacente afin de rappeler la mémoire des politiciens ayant occupé cette maison.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Ville de Saint-Eustache entend rénover l’ancien bureau de Paul Sauvé et aménagera un lieu d’exposition dans la salle adjacente afin de rappeler la mémoire des politiciens ayant occupé cette maison.

La maison Chénier-Sauvé sera conservée. La Ville de Saint-Eustache a annoncé lundi que la résidence de l’ancien premier ministre Paul Sauvé sera restaurée au coût de 1,4 million de dollars avec la participation financière de Québec.

Construite dans les années 1890 sur un terrain ayant appartenu au patriote Jean-Olivier Chénier, la maison Chénier-Sauvé avait subi d’importants dommages à la suite d’une défectuosité du système de chauffage il y a deux ans. Comme l’estimation des coûts de restauration atteignait 2,8 millions de dollars, la Ville de Saint-Eustache, qui en est propriétaire depuis 2006, avait envisagé plusieurs scénarios, dont la démolition ou la vente de l’édifice historique.

Au terme de plusieurs mois d’analyse, le conseil municipal de Saint-Eustache a finalement entériné, lundi, un plan d’action pour restaurer la maison patrimoniale où ont vécu cinq politiciens, dont Arthur Sauvé, Paul Sauvé et Pierre de Bellefeuille.

Le rez-de-chaussée ainsi qu’une partie de l’étage supérieur abriteront le Centre des femmes La Mouvance. La Ville entend rénover l’ancien bureau de Paul Sauvé et aménagera un lieu d’exposition dans la salle adjacente afin de rappeler la mémoire des politiciens ayant occupé cette maison. L’endroit sera accessible au grand public pour des visites guidées.

« Il y a des villes qui essaient de se faire du patrimoine. Nous, on l’a. Il faut en prendre soin », a commenté le maire, Pierre Charron.

Si le coût des travaux est passé de 2,8 millions à 1,4 million, c’est parce que l’immeuble n’accueillera pas des rassemblements publics comme c’était initialement envisagé et que, dans ces conditions, les travaux de structures ne sont pas requis, a expliqué le maire Charron.

La facture sera partagée à parts égales entre la Ville et le ministère de la Culture, qui s’était déjà engagé, en 2014, à verser une subvention pouvant atteindre 959 000 $.

La Ville puisera dans son fonds consacré au patrimoine afin d’assumer une partie de sa contribution. M. Charron indique qu’il souhaitait éviter le recours à un règlement d’emprunt qui aurait pu être contesté par des citoyens. La Ville conservera aussi les jardins créés par Thérèse Romer, épouse de l’ex-député Pierre de Bellefeuille.

Les travaux extérieurs devraient débuter en juillet, et les travaux intérieurs seront réalisés l’hiver prochain. L’ouverture est prévue pour le début de l’automne 2017, a précisé M. Charron.

La maison Chénier-Sauvé n’est pas classée par le ministère de la Culture, mais elle se situe dans une aire protégée. Le maire Charron estime toutefois que l’importance historique dépasse les frontières de sa ville. « C’est un bâtiment qui a une vocation patrimoniale québécoise à cause de son histoire, notamment de Jean-Olivier Chénier. Il me semble qu’il devrait y avoir une plus grande fierté envers ces bâtiments. Ça nous donnerait un coup de pouce », dit-il.

Jointe par Le Devoir, Thérèse Romer ignorait la décision prise par la Ville. Elle s’est déclarée ravie du dénouement : « Je suis vraiment contente, mais j’espère que tout se passera bien. Je pense que l’exposition sur Paul Sauvé peut être extrêmement intéressante. C’était une époque charnière dans l’histoire du Québec. »

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 16 mars 2016 04 h 59

    "Fais confiance, mais..."

    "Si le coût des travaux est passé de 2,8 millions à 1,4 million, c’est parce que l’immeuble n’accueillera pas des rassemblements publics comme c’était initialement envisagé et que, dans ces conditions, les travaux de structures ne sont pas requis, a expliqué le maire Charron."
    Qu'est-ce que c'est que cette histoire-là de travaux de structure ?
    "Rassemblements publics" ?!?
    A trois pas de la Maison en question, il y a l'église de Saint-Eustache avec des centaines de places s'il est obligé de faire ce genre de réunion...
    Et pas très loin du centre historique, des salles sont déjà utilisables pour cela. Incluant un aréna...
    Cette affaire-là de coûts exorbitants tout d'un coup baissés par on ne sait quelle lueur de bon sens affirmée ne sent pas très bon, selon moi.
    Les citoyens de Saint-Eustache auraient, je crois, grandement intérêt à se pencher sur cette affaire pour s'assurer qu'ils ne sont pas floués comme le furent ceux de Montréal sur quelques autres projets aux coûts si étonnants qu'on sait maintenant qu'ils ont été gonflés.
    Après qu'une annonce d'une possible démolition ait d'abord été faite, que le maire Charron y soit pour rien dans tout cela est possible. Mais comme dit la maxime populaire russe : fais confiance, mais vérifie...
    Après tout, ne s'agit-il pas ici comme il en fut ailleurs, d'argent public ?

    Tourlou !

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 16 mars 2016 14 h 26

    La photo est malheureusement ratée

    A-t-on pensé se rapprocher de la maison et utiliser un grand angle ?