Les villes invitées à repenser leurs rues

La fillette et des membres de sa famille venaient de quitter une résidence de Laval et marchaient en bordure du boulevard Lévesque Est lorsque le drame est survenu.
Photo: Vladislav Ozerov Getty Images La fillette et des membres de sa famille venaient de quitter une résidence de Laval et marchaient en bordure du boulevard Lévesque Est lorsque le drame est survenu.

Le décès tragique d’une fillette de 7 ans samedi soir à Laval devrait inciter les villes à réfléchir à l’aménagement de leurs rues, estiment des organismes préoccupés par la sécurité des piétons. Comme les artères de nombreuses municipalités québécoises, le boulevard Lévesque où l’enfant a été happée ne comportait pas de trottoir.

La fillette et des membres de sa famille venaient de quitter une résidence de Laval et marchaient en bordure du boulevard Lévesque Est lorsque le drame est survenu. Une voiture a heurté l’enfant qui a succombé à ses blessures.

La police de Laval poursuit son enquête. L’alcool ne serait pas en cause, mais d’autres hypothèses sont examinées, dont la vitesse, et la police a constaté qu’un lampadaire était défectueux et qu’un banc de neige empiétait sur la chaussée, a indiqué Évelyne Boudreau, porte-parole du Service de police de Laval. Des citoyens ont déposé des fleurs et des animaux en peluche sur les lieux du drame.

Des questions

Ce tragique accident soulève de nombreuses questions sur la sécurité des piétons. « Dans des quartiers résidentiels, peut-on se permettre d’avoir des routes où la limite de vitesse est de 50 kilomètres à l’heure et ne pas avoir de trottoirs ? », se demande Félix Gravel, l’un des porte-parole de Piétons Québec.

Pourtant, les guides de conception routière du ministère des Transports du Québec et de la National Association of City Transportation Officials (NACTO), stipulent que la vitesse dans les rues sans trottoir devrait être limitée à 20 km/h, souligne-t-il.

« Il y a une prise de conscience à faire », croit pour sa part Christian Savard, directeur de Vivre en ville. « Combien va-t-il falloir de morts pour réagir ? Je ne crois pas qu’on puisse se permettre collectivement de mettre des trottoirs des deux côtés dans toutes les rues de banlieue du Québec. Mais pourquoi pas, minimalement, un trottoir sur deux partout et des deux côtés sur les artères plus achalandées. Ça devrait être dans les normes minimales. »

La Ville de Laval a été avare de commentaires en raison de l’enquête policière en cours et de l’enquête du coroner. « Il y a 22 ans d’administration qui nous précède. On ne peut pas refaire toute la ville en deux ans. Il y a des endroits où, malheureusement, ce sont de routes de campagne qui étaient là. On a urbanisé certaines places et ce n’est pas venu avec les trottoirs », a indiqué Robert-Charles Longpré, conseiller spécial du maire Marc Demers.

De nombreuses rues de banlieue au Québec ne comptent pas de trottoirs. « Dans les années 1950 et 1960, le principe courant était de dire que s’il n’y a pas de trottoir, c’est parce qu’il n’y a pas de piétons. On partait du principe que, dorénavant, on se déplaçait en voiture », rappelle l’urbaniste Gérard Beaudet.

Bien que, depuis des années, les politiciens insistent sur l’importance de la sécurité des piétons, ces préoccupations ne se concrétisent pas nécessairement sur le terrain. « Il s’agit juste de se promener dans certains quartiers que la Communauté métropolitaine de Montréal voudrait transformer en TOD (transit oriented development) et je vous garantis que, dans certains cas, le piéton n’a pas pesé lourd dans les aménagements », dit M. Beaudet.

3 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 15 mars 2016 06 h 49

    Mentalité

    C'est monsieur Coderre qui voulait enlever un trottoir sur la rue Laurier pour donner la place à des stationnements pour les automobilistes?....

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 mars 2016 10 h 09

      C'était sur la rue De Brébeuf, et ça a été fait!

  • François Demers - Inscrit 15 mars 2016 09 h 58

    tout à l'auto

    La priorité est tellement donnée à l'auto que, même quand il y a des trottoirs, ils ne sont pas pensés pour les piétons mais bien pour que les autos puissent se garer dans leur entrée. Essayez de marcher sur un trottoir glacé avec une pente de côté relève de l'acrobatie.