Un pas de plus vers la préservation de la maison Chénier-Sauvé

L’un des scénarios désormais considérés est de répartir les travaux de rénovation sur une plus longue période. La question du financement reste à régler.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’un des scénarios désormais considérés est de répartir les travaux de rénovation sur une plus longue période. La question du financement reste à régler.

Alors que la Ville de Saint-Eustache envisageait sérieusement de démolir la maison Chénier-Sauvé, la rénovation de la demeure patrimoniale selon un plan par étapes semble maintenant privilégiée. La question du financement devra toutefois être réglée avant de pouvoir affirmer que la maison est sauvée.

Le conseiller municipal Raymond Tessier avait convoqué des citoyens préoccupés par l’avenir de la maison et des spécialistes en rénovation à une rencontre jeudi afin d’examiner différentes options concernant la maison ancestrale.

Située dans le Vieux-Saint-Eustache, la maison Chénier-Sauvé est dans un piteux état en raison, notamment, des dégâts causés par une défaillance du système de chauffage l’hiver dernier. Une étude ayant estimé à 2,8 millions le coût des travaux requis pour la remettre en état, la Ville, qui en est propriétaire depuis 2006, envisageait de la démolir, invoquant les coûts élevés d’une rénovation. Précisons que Québec avait déjà consenti une subvention de 959 000 $ pour refaire l’enveloppe extérieure.

Lorsque joint vendredi, Raymond Tessier s’est montré plus optimiste quant à la préservation de la maison, mais il soutient que plusieurs éléments, comme le financement des rénovations, devront être confirmés. « Assurément, ça regarde bien, mais je ne peux pas faire d’annonce, a-t-il indiqué. Les gens nous ont donné des pistes. Je veux m’assurer qu’une enveloppe d’argent soit libérée. On a un fonds du patrimoine à la Ville. On va regarder si on peut prendre une partie de ce fonds-là et voir quels travaux on pourrait faire. »

L’un des scénarios désormais considérés est de répartir les travaux sur une plus longue période. Les services municipaux réexamineront le dossier en février et des recommandations seront alors soumises au conseil municipal.

Inquiétudes

Sans être complètement rassurée, Thérèse Romer est encouragée par les nouvelles qu’elle a reçues. Épouse de l’ex-député Pierre de Bellefeuille, Mme Romer a habité pendant 30 ans la maison Chénier-Sauvé avec son mari. Elle a aussi créé la fondation qui, en 2001, a acquis la maison, avant de la céder à la Ville de Saint-Eustache en 2006. « La grosse pierre d’achoppement, c’est l’argent, admet-elle. Même si Québec a offert un million, la Ville devra trouver l’équivalent pour obtenir la subvention. »

Et il reste un enjeu de taille à régler, celui de l’utilisation éventuelle de la maison. C’est un défi, reconnaît Mme Romer, qui craint que malgré tous les efforts, la maison soit éventuellement mise en vente : « Le problème, c’est que, une fois en vente, on ne peut pas choisir à qui on la vend. En principe, elle est protégée par la Ville, mais ce n’est pas une protection à toute épreuve. »

Thérèse Romer se désole de la détérioration de la maison Chénier-Sauvé au cours des dernières années : « Ça me fait beaucoup de peine parce que nous ne voulions pas la vendre. Nous voulions qu’elle puisse être conservée. Nous avons fait beaucoup de sacrifices pour que cela arrive. Je constate que ça a été mon échec. J’ai travaillé d’arrache-pied pendant presque huit ans pour créer la fondation qui s’en occuperait. Pour plusieurs raisons, ça n’a pas marché. »

Construite dans les années 1890 sur la propriété du patriote Jean-Olivier Chénier, la maison Chénier-Sauvé fut habitée par cinq députés, dont l’ex-premier ministre Paul Sauvé et l’ancien député Pierre de Bellefeuille, décédé en septembre dernier.

1 commentaire
  • François Beaulé - Abonné 16 janvier 2016 08 h 05

    Qu'est-ce qu'une maison patrimoniale ?

    « Précisons que Québec avait déjà consenti une subvention de 959 000 $ pour refaire l’enveloppe extérieure. »

    Qui a-t-il de patrimonial dans cette maison, si on refait l'enveloppe extérieure ? La structure ? L'intérieur ?

    Je me pose aussi la question de la valeur architecturale de la maison, en regardant la photo ci-haut. Cette maison est constituée de deux parties, l'avant avec son toit mansardé et l'arrière avec un toit métallique à pente oblique. L'arrière a probablement été ajouté un certain nombre d'années après la construction de l'avant, ce qui affecte l'équilibre de l'ensemble.

    En plus, on sait que les rénovations majeures requises pour conserver cette maison pourraient coûter plus de 2 fois le prix d'une reconstruction à neuf.

    Donc, il me semble qu'il est préférable de démolir cette maison et de construire à la place une maison de style cohérent, pareil à celui de l'avant de la vieille maison. Les dimensions seraient déterminées par l'usage auquel le nouveau bâtiment serait destiné. Le style de l'intérieur peut aussi être largement inspiré de l'actuel.

    De cette façon, on conserverait un style architectural le plus longtemps possible et à moindre coût.