Vaillancourt est accusé d’avoir utilisé des prête-noms

Gilles Vaillancourt au palais de justice de Laval, en mai 2013
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilles Vaillancourt au palais de justice de Laval, en mai 2013

L’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt a usé de stratagèmes pour vider intentionnellement son patrimoine et devenir un débiteur insolvable de la Ville de Laval, lui reproche cette dernière dans une requête déposée en Cour supérieure au début du mois. M. Vaillancourt, aussi accusé au criminel pour complot, fraude, abus de confiance et gangstérisme, est poursuivi par la ville qu’il a dirigée pendant 23 ans pour avoir prétendument tenté de mettre ses biens à l’abri des créanciers.

Le maire déchu aurait ainsi utilisé une fiducie — créée le 20 novembre 2012, 11 jours après sa démission au poste de maire de Laval — pour y inscrire l’acquisition de son condominium, évalué à près de 1 million. Par la création subséquente d’une société à numéros, il aurait mis sur pied un système bidon d’émission d’actions. Or « il est manifeste que Gilles Vaillancourt est le véritable propriétaire de cet immeuble […] et qu’il a usé d’un stratagème pour éviter que celui-ci fasse partie de son patrimoine, gage commun de ses créanciers », note la Ville dans sa requête.

Enquête

Laval, qui réclame 12,8 millions à l’ex-maire, en est venue à cette conclusion après avoir mené une enquête de solvabilité et d’actif à son sujet. « Cette procédure d’enquête est standard quand on a des motifs de croire qu’une personne veut mettre ses actifs à l’abri de la Cour », a commenté le maire de Laval, Marc Demers, en entrevue au Devoir. « M. Vaillancourt entend contester les allégations de la Ville de Laval et considère que plusieurs de ces allégations sont fausses », a aussi réagi l’avocate de l’ex-maire, Dominique Ménard.

Laval a également déposé une requête concernant l’ex-directeur général Claude Asselin. Elle lui reproche aussi d’avoir mis ses biens à l’abri de ses créanciers en vidant intentionnellement son patrimoine. En mai 2011, il aurait cédé à sa femme, pour la somme d’un dollar, la moitié d’un immeuble qu’il avait acheté avec elle. Laval le poursuit pour 7,6 millions.

5 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 16 décembre 2015 01 h 04

    Habité par une sorte de folie

    Il a de fortes chances de mourir avant que justice soit faite, mais ce serait interessant de savoir si ce salopart est capable de s'amender , passer sa vie a tricher il faut le faire, que les intérèts sont souvent puissants, dans le fond ils ont la force du mésestime habitant les individus, si j'étais plus audacieux, je dirais habité par une sorte de folie, la folie d'une sorte de désespoir, enfin a chacun ses difficultés

  • Gaston Bourdages - Abonné 16 décembre 2015 05 h 05

    Monsieur Vaillancourt est-il aussi synonyme....

    ...d'impunité en plus d'être ex-maire de Laval ?
    À un jeune élu en droit ayant tout juste, dans le temps, réussi son Barreau, je demandais la frontière entre légalité et moralité et/ou immoralité ?
    Un tantinet surpris voire décontenancé par ma question, un aussi tantinet hébété, il m'a répondu avec franchise...«non» et est reparti pensif.
    Dans une transaction toute légale combien j'ai pu me comporter en totale immoralité ! À telle enseigne qu'une dame, fort respectueuse de ma dignité, de me dire un jour: «Mon gars, en affaires, tu es un rat !»» Puis d'ajouter: «Vous étiez deux rats et c'est l'autre qui a mis la main sur le morceau de fromage». Elle faisait alors allusion à l'entreprise dont j'ai été le co-propriétaire. Légalité-moralité-illégalité-immoralité, quel cocktail de possibles comportements humains!
    Être capable et avoir le courage de se reconnaître responsable de ses actes, tous actes confondus, c'est aussi voie et voix de libertés.
    La vérité rend libre.
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2015 08 h 48

      S'il n'y avait que la vérité qui rend libre, nous manquerions de prison.

      PL

  • François Dugal - Inscrit 16 décembre 2015 07 h 40

    Le bon maire

    Comme beaucoup de membres de la strate sociale que nos amis britanniques appellent "the upper crust" , le bon maire Vaillancourt fait tout simplement de "l'optimisation fiscale"; pourquoi s'acharner sur lui avec tant de méchanceté?

  • Yvon Pesant - Abonné 16 décembre 2015 10 h 13

    L'aval citoyen

    Gilles, le maire vaillant, court toujours. Heureux le créancier qui pourra le rattraper.

    Quand on pense à tout le chemin parcouru par cet homme avec l'aval de tant de monde, dans SA ville comme dans ses associations avec ses pairs, on ne peut que convenir qu'on lui a laissé les barrières grand ouvertes beaucoup trop longtemps.

    Le temps des barreaux est venu, ne lui en déplaise et en déplaise à certaines gens de son entourage.