Le maire de Laval dénonce Postes Canada

Le maire de Laval, Marc Demers, s’insurge contre la décision de la Société canadienne des postes de poursuivre l’implantation de boîtes postales communautaires après avoir pourtant annoncé, le 26 octobre, la suspension temporaire en novembre et décembre de son plan pour mettre fin à la livraison du courrier à domicile.

 

« Le gouvernement s’est clairement positionné contre l’implantation des boîtes ; c’est la raison pour laquelle Postes Canada a annoncé un moratoire », a rappelé le maire Demers en entrevue avec La Presse canadienne, mardi.

« Eh bien faites-le ! Il faut que les bottines suivent les babines. On dit qu’il y a un moratoire… arrêtez ! », s’est-il exclamé, exaspéré.

Gaspillage de fonds publics

Le maire Demers a fait cette sortie après avoir constaté que les travaux de creusage et de coulage de béton se poursuivent à Laval alors qu’à son avis, ces boîtes ne serviront jamais. Il s’agit, selon lui, d’un gaspillage éhonté de fonds publics.

« Il y a une question de saine gestion », a fait valoir le maire Demers, mettant ainsi en exergue l’absurdité de la situation.

Le maire de Laval a donc décidé d’expédier une lettre aux députés fédéraux de Laval avec copie conforme au premier ministre Justin Trudeau qui s’est engagé, en campagne électorale, à maintenir la livraison du courrier à domicile.

Il note que la société de la Couronne n’a démontré aucune bonne volonté depuis le début du processus d’implantation des boîtes communautaires, bien au contraire.

« À la fin de 2014, on a collaboré avec Postes Canada et finalement, après quelques mois, on s’est rendu compte que Postes Canada ne considérait pas notre opinion et faisait ce qu’il voulait », a-t-il dit.

Même encore aujourd’hui, certaines de ces installations qui se poursuivent étaient au nombre de celles que la Ville contestait avant le moratoire annoncé.

« Il y a même des boîtes qui ont été implantées à des endroits qu’on considère non sécuritaires », s’est désolé Marc Demers.

La suspension de la décision de mettre fin à la livraison à domicile touche 460 000 adresses pour lesquelles le processus de conversion avait été amorcé dans l’ensemble du Canada sans être complété.