Pas question de promouvoir la défusion avec les taxes des citoyens, dit Tremblay

Le maire Gérald Tremblay estime que les défusionnistes ont tort de penser qu'ils pourront utiliser les taxes des contribuables pour faire la promotion des défusions. Comme lors de toute campagne électorale, les fonds publics ne doivent pas servir à des fins politiques, fait-on valoir au cabinet du maire.

«Les gens qui ont été élus en 2001 ont été élus pour administrer une ville. Le débat fusion-défusion est un débat politique qui doit donc relever de groupes politiques et non pas de groupes administratifs», a indiqué hier l'attachée de presse du maire, Christiane Miville-Deschênes. Elle répliquait ainsi aux déclarations de plusieurs élus défusionnistes qui, la semaine dernière, se demandaient s'ils pourraient légalement utiliser une partie des budgets de leurs arrondissements respectifs pour faire la promotion des défusions.

Le sujet avait été abordé lors d'une rencontre des membres de l'Association des élus pour la défusion tenue mercredi dernier. Plusieurs maires d'arrondissements, dont Suzanne Caron (Mont-Royal) et Bill McMurchie (Pointe-Claire), avaient soulevé la question de l'équité des moyens dont disposent les deux camps en vue des référendums sur les défusions. Ils estimaient que si l'administration Tremblay-Zampino utilisait les taxes des contribuables pour défendre la nouvelle ville, les élus défusionnistes devraient pouvoir faire de même pour promouvoir leur cause.

Au cabinet du maire, on se défend d'avoir utilisé des fonds publics pour contrer les défusions. Le plan de décentralisation montré du doigt par les défusionnistes faisait partie des engagements électoraux de l'équipe de Gérald Tremblay, fait remarquer Mme Miville-Deschênes. «Le plan de décentralisation est devenu une loi, mais le désir de défusionner est un choix politique et, dans ce sens, les fonds publics des citoyens n'ont pas à servir à des fins politiques», précise-t-elle. À cet égard, elle accuse d'ailleurs les élus de Pointe-Claire d'avoir utilisé le bulletin d'information publié par l'arrondissement pour promouvoir la défusion et recruter des sympathisants à cette cause.

L'administration municipale n'a pas l'intention de demander au service du contentieux un avis juridique sur cette épineuse question, contrairement à ce qu'elle avait laissé entendre au cours des derniers jours. Le financement des campagnes référendaires relèvera vraisemblablement du bureau du Directeur général des élections (DGE), fait-on d'ailleurs remarquer.

Le porte-parole du DGE, Jean-Yves Ozenne, indique toutefois que ce sera au ministère des Affaires municipales de faire adopter les règles qui régiront l'ouverture des registres, la tenue des référendums et les dépenses liées aux campagnes référendaires. D'ici là, le bureau du DGE n'a pas à intervenir.

Il a été impossible hier de joindre Stéphane Gosselin, attaché de presse du ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier. Samedi, il avait renvoyé la balle à la Ville de Montréal en affirmant que la question concernait davantage les élus municipaux que le gouvernement provincial.