Les salaires des élus sous la loupe

Photo: Dennis Jarvis / CC

Les élus municipaux reçoivent-ils une rémunération suffisante ? Dans le contexte d’austérité budgétaire, la question est délicate. Mais l’Union des municipalités du Québec (UMQ) croit qu’une réflexion s’impose compte tenu de l’accroissement des responsabilités qui incombent aux élus.

L’UMQ estime à 15 000 $ le salaire moyen que touchaient les maires au Québec en 2013, un chiffre qui ne tient pas compte des salaires des maires de Montréal et de Québec. Le maire le moins payé au Québec gagne 2605 $, indique l’UMQ.

Si dans bien des petites villes, être maire est un emploi à temps partiel, de nombreuses disparités demeurent dans les rémunérations entre les villes de taille équivalente, a constaté le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, qui préside un comité de travail que l’UMQ a mandaté pour étudier cet enjeu.

D’autant que le rôle des villes a bien changé. Il y a plusieurs décennies, la majorité des responsabilités municipales touchaient les services à la propriété, dont la voirie, la sécurité publique et l’urbanisme. Aujourd’hui, ces services ne représentent que 56 % des responsabilités des villes puisque les services aux personnes ont pris de l’importance.

Un guide

C’est la Loi sur le traitement des élus municipaux qui détermine les montants minimum et maximum que les maires peuvent toucher en fonction de la taille de la population. Le problème, explique le maire Sévigny, c’est que ce sont les élus eux-mêmes qui fixent leur salaire et ils hésitent à s’accorder des hausses. « C’est difficile de faire dans un contexte où à peu près toute dépense municipale semble exagérée et dénoncée », explique-t-il. Ces faibles salaires rebutent les jeunes, avance-t-il : « On se retrouve dans des conseils municipaux composés de retraités. »

Pour l’instant, Bernard Sévigny ne prêche pas pour une hausse des échelles salariales des élus, mais il croit que leur rémunération ne devrait pas seulement tenir compte de la taille de la population. L’UMQ a donc élaboré un guide pour aider les élus à mieux évaluer leur rémunération en fonction de cinq paramètres, dont les services rendus, la superficie du territoire et les institutions présentes.

Selon le maire de Westmount, Peter Trent, le rôle de maire doit comporter une part de sacrifice et selon lui, il est faux de dire qu’il faut accorder des salaires élevés pour attirer des candidats de calibre.

S’il estime convenable son propre salaire — soit 50 000 $ en plus d’allocations liées à ses fonctions au sein de diverses instances —, il juge que le salaire du maire de Montréal de 162 929 $ devrait être revu à la hausse. « Il doit quand même gérer un budget de près de 5 milliards de dollars », fait-il valoir.

3 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 23 mai 2015 08 h 44

    Conseil municipale

    La décision leur revient et il devrait possédé la compétence et les donnés pour décider. Si il n'a pas les compétences juste pour faire ça, bien la ville a de gros problèmes sur les bras avec ses élus.

  • Marc Davignon - Abonné 23 mai 2015 11 h 01

    Quoi!



    Les élus demandent le droit de réduire la qualité de vie des salariés et immédiatement, demande d'augmenter la leur.

    Quelle hypocrisie!

    Suivant leur raisonnement;

    Certains employés manipulent et ont la responsabilité de matériel qui vaut des millions, alors, ils devraient avoir un salaire proportionnel du matériel manipulé. Plus encore, les chauffeurs d'autobus eux ont la responsabilité de plusieurs vies et nous savons que des vies, cela n'as pas de prix, alors combien?

    Et que dire des parents? La responsabilité d'une vie qui n'a pas de prix. Les parents devraient recevoir un chèque du gouvernement au moins dans les six chiffres!

    Aux dernières nouvelles, faire la «gestion» d'un dollar ou de dix, ça prend la même capacité neuronale. La responsabilité d'un dollar ou de dix reste la même, surtout si ces dollars sont ceux des contribuables. En effet, la responsabilité n'est pas envers les dollars, mais bien envers les contribuables et ce sont toujours les mêmes contribuables qui envoient seulement plus de dollars.

  • François Séguin - Abonné 24 mai 2015 10 h 30

    Double langage

    Lorsqu'il est question de la rémunération et des caisses de retraite des employés municipaux, les maires n'ont de cesse de nous expliquer qu'il y a des limites à taxer les citoyens. Lorsqu'il est question d'augmenter leur salaire, on n'entend plus parler du pauvre payeur de taxes.

    François Séguin
    Knowlton.