Le maire défend son droit de tenir des réunions «secrètes»

Après s’être attiré les foudres d’élus de son Conseil municipal pour la tenue de réunions « secrètes » dont ils étaient exclus, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a martelé mardi avoir le droit de tenir de telles rencontres.

« Je ne sais pas de quoi vous vous mêlez, a-t-il lancé, en entrevue à Radio-Canada. […] Nous autres, on invite des gens qui veulent faire avancer pis je peux travailler comme je veux. »

Il a dit avoir « toujours travaillé » ainsi avec ses anciens conseillers personnels non élus Yvon Bouchard et Claude Gaudreault, et le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, qui assiste encore aujourd’hui à ces réunions « secrètes ». « Pis ? Ça a-t’y marché ou ça n’a pas marché ? On a été huit ans sans augmenter les taxes », a renchéri le maire de Saguenay, qui n’a pas donné au Devoir de précisions sur les dossiers abordés lors de ces réunions.

« En vertu des lois qui régissent les municipalités, les maires ont un pouvoir discrétionnaire pour tenir des réunions privées, indique Patrick Lemieux de l’Union des Municipalités du Québec (UMQ). Ils n’ont pas l’obligation d’y inviter les élus de l’opposition. »

L’UMQ n’a pas d’information sur « la tenue régulière [ou non] de ce genre de réunions dans d’autres municipalités ailleurs au Québec ».

Pierre Prévost, consultant en milieu municipal, rapporte que cette pratique est de plus en plus courante. « Pour allégerles séances du conseil municipal ou lorsque les dossiers sont complexes, il est fréquent de faire des rencontres d’information informelles, à portes fermées. Les élus de l’opposition n’y sont habituellement pas invités, ou ne sont invités que pour des dossiers particuliers. »

Dénonciation

Pour les élus de Saguenay exclus des réunions « secrètes », soit le président du conseil d’arrondissement de La Baie, François Tremblay, et les conseillères Julie Dufour, Josée Néron et Christine Boivin, cette situation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Christine Boivin s’insurge de la tendance du maire à « donner la responsabilité de comités uniquement aux conseillers faisant partie de sa garde rapprochée », à « ne pas écouter [ses] propositions » et à « faire des attaques personnelles lors des conseils de ville ».

« On a été élus, mais on n’a aucun pouvoir de décision dans la municipalité », déplore-t-elle.

Elle critique également la suppression des rencontres plénières, qui permettaient aux élus de discuter avant les séances publiques du conseil. Contrairement à la tenue de réunions « secrètes », l’élimination des rencontres plénières « va à l’encontre de la tendance actuelle » dans les municipalités du Québec, indique Pierre Prévost.

Les conseillères Julie Dufour et Christine Boivin demandent l’intervention de l’UMQ ou du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pour « mettre fin aux pratiques observées à Saguenay ».

3 commentaires
  • Nicole Vermette - Inscrite 4 mars 2015 10 h 29

    Et la démocratie

    Il devrait y avoir des recours contre un maire qui enlève le droit de parole à ceux qui ne pensent pas comme lui.
    Le Québec n'est pas un état totalitaire et la démocratie est une de nos valeurs.

  • Donald Bordeleau - Abonné 4 mars 2015 22 h 23

    Gérald ou Gilles Vaillancour.t

    Moreau ne fera rien comme Monsieur Charest dans les cas de Mtl et Laval.

    Saguenay est un petit royaume.

  • Donald Bordeleau - Abonné 4 mars 2015 22 h 52

    C'est un peu comme Fava au bureau de Monsieur Charest

    Chantal Landry Post-it faisait une job semblable afin de régler les nominations, d'etudier les dossiers avec Fava.