De plus en plus d’immigrants sur la Rive-Sud de Québec

Même si elle est plus forte à Lévis, la hausse du nombre d’immigrants est généralisée dans la région de Chaudière-Appalaches.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Même si elle est plus forte à Lévis, la hausse du nombre d’immigrants est généralisée dans la région de Chaudière-Appalaches.

De Lévis à la Beauce, la vitalité économique de la Rive-Sud de Québec attire de plus en plus d’immigrants. Or les organismes d’aide à l’intégration disent manquer de moyens pour suivre la cadence.

Ces dernières années, l’organisme Le Tremplin de Lévis a vu exploser la population immigrante. « En 2011, on avait rejoint 200 personnes et l’année dernière, ils étaient 1186 », résume le directeur, Guillaume Boivin.

La Ville de Lévis tient d’ailleurs une « réception civique » pour les nouveaux arrivants en présence de la ministre Kathleen Weil mercredi à l’hôtel de ville.

Même si elle est plus forte à Lévis, la hausse du nombre d’immigrants est généralisée dans la région de Chaudière-Appalaches. Entre 2006 et le dernier recensement de 2011, elle a été de 21 %.

Selon M. Boivin, cela s’explique en bonne partie par l’excellente situation économique de la région. « Chaudière-Appalaches était la région avec le plus bas taux de chômage en 2014. Il y a une rareté de main-d’oeuvre assez forte, donc c’est sûr que c’est attrayant pour les immigrants. »

Mais les organismes sont inquiets. Dans un mémoire transmis récemment à la ministre Weil, ils reprochent au gouvernement de prôner la régionalisation de l’immigration sans leur donner les moyens de l’appuyer. « Alors que la population immigrante a augmenté de 21 % dans la région, le financement alloué au soutien de l’installation et de l’intégration des personnes immigrantes vient de chuter à son niveau le plus bas depuis les cinq dernières années », écrivaient-ils dans le document déposé le 9 février.

Certains organismes sont carrément en péril. C’est le cas du CAIDI de Beauce-Nord. « Pour l’instant, on survit, mais au-delà du mois de mars, on ne sait pas ce qui va se passer », explique la seule employée de l’organisme, Lucie Langevin. Au CAIDI comme au Tremplin, les bénévoles affluent, mais Mme Langevin aurait besoin d’au moins un autre employé pour coordonner leur travail.

Elle souhaiterait aussi mettre sur pied un service d’accompagnement pour les immigrants qui cherchent de l’emploi. « Il y a beaucoup d’entreprises qui nous contactent parce qu’elles veulent être mises en contact avec des personnes immigrantes, mais on ne peut pas assurer le suivi. Pour faire ça, ça prendrait une autre ressource. »

Le CAIDI roule avec un budget de 60 000 $ par an. L’automne dernier, il a demandé au ministère de le soutenir via le programme de « soutien à la mission », mais on lui a répondu qu’il n’y avait pas d’argent pour les nouveaux organismes. Le CAIDI a été créé en 2008.

La plupart des immigrants qui s’installent sur la Rive-Sud proviennent de l’Amérique latine ou encore de l’Afrique francophone. Dans la nuit de mardi à mercredi, Mme Langevin accueillait une Sénégalaise et ses quatre enfants venus rejoindre le père qui travaille dans une usine de Saint-Georges de Beauce depuis 2010. « Il a fallu s’assurer d’avoir des manteaux d’hiver pour tous les membres de la famille. Des bottes, des mitaines. »