Le maire de L’Assomption a agi à sa guise

Jean-Claude Gingras
Photo: Jean-Claude Gingras

Depuis son élection comme maire de L’Assomption, Jean-Claude Gingras a manoeuvré tête baissée, s’accordant des libertés sans avoir consulté la plupart des codes et règlements de sa municipalité. Le principal intéressé se défend en invoquant son manque d’expérience politique.

C’est ce qu’a permis d’apprendre le début du témoignage de M. Gingras, livré mercredi devant la Commission municipale du Québec (CMQ). Le gouvernement du Québec a mandaté la CMQ pour faire enquête sur la Ville de L’Assomption et l’administration Gingras. L’octroi des contrats publics et les relations entre le maire et la fonction publique depuis l’élection du 3 novembre 2013 seront notamment scrutés à la loupe.

L’entrée en scène de M. Gingras a permis d’en savoir davantage sur ses débuts en politique et sa vision de l’administration municipale. Répondant d’abord nerveusement aux questions du procureur en chef Joël Mercier, il a admis qu’au moment d’être assermenté le 13 novembre 2013, il ne connaissait pas du tout le rôle du maire d’une municipalité québécoise et ne savait « pas grand-chose » des pouvoirs qui lui sont conférés.

Lecture sélective

Dans les mois suivants, il a été « mis au courant » de certains règlements et codes de déontologie de la Ville de L’Assomption, mais a rarement pris la peine de les lire. Il n’a par exemple jamais mis le nez dans la politique de gestion contractuelle, a-t-il avoué.

« La capacité humaine de lire des documents a une limite. Si je commence en 2004 [entrée en vigueur de certains règlements] jusqu’en 2014, je vais en avoir pour à peu près deux ans de lecture », s’est défendu M. Gingras, qui se décrit comme « un gars du privé » plutôt qu’un « politicien de carrière ».

Cela ne l’a pas empêché de suspendre avec salaire le directeur général de la Ville, Martin Lelièvre, dès le lendemain de son assermentation. Cette suspension a été officialisée par une lettre évoquant une potentielle « faute lourde » et annonçant la tenue d’une enquête. M. Gingras a précisé qu’il avait surtout en tête le dossier de la vente du terrain du garage municipal, une décision pourtant appuyée par le précédent conseil municipal.

Le maire Gingras a admis qu’il a lui-même mené l’enquête sur le d.g. et que le rapport d’enquête réclamé par les membres du conseil n’a jamais été déposé. M. Lelièvre a finalement quitté la Ville de L’Assomption à la suite d’une entente à l’amiable.

En fin de journée, lorsque Me Mercier a soulevé certaines apparences de conflits d’intérêts, M. Gingras a soudainement changé de ton. « Est-ce que j’ai manqué d’expérience ? Oui. Est-ce que je ferais la même chose aujourd’hui ? Non », a-t-il glissé.

Le témoignage de Jean-Claude Gingras se poursuivra jeudi matin. Le rapport d’enquête de la CMQ est attendu le 31 mars prochain.

En plus de l’enquête publique, Jean-Claude Gingras devra subir prochainement un procès en lien avec des accusations d’abus de confiance.

3 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 15 janvier 2015 02 h 09

    Hum

    Ça regarde mal pour le maire. Il doit être moins confiant. Tout un moinau, j'imagine.

  • Victoria - Inscrite 15 janvier 2015 10 h 48

    Si la CMQ avait fait son travail avant…

    Au lieu de pencher du côté des élus…
    Les contribuables fonciers ne seraient pas en déficit…

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 15 janvier 2015 11 h 14

    Trop petite ville

    Pas plus fou que Labeaume, mais il n'a pas la protection du Gouvernement du Québec.