Laval: le maire Demers met en cause les avocats de ses adversaires

Les adversaires de Marc Demers contestent son éligibilité.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les adversaires de Marc Demers contestent son éligibilité.

Outré que ses adversaires portent officiellement en appel la cause sur son éligibilité, le maire de Laval, Marc Demers, a prêté lundi des intentions vengeresses aux deux avocats du candidat défait, Jacques Foucher.

C’est juste avant Noël, le 23 décembre dernier, que les juristes Charles Caza et Rino Soucy ont interjeté appel de la décision rendue quelques jours plus tôt par la juge Danielle Turcotte, qui a déclaré que M. Demers était apte à siéger. « C’est déplorable, c’est réellement de l’acharnement », a lancé, à l’autre bout du fil, le maire Demers.

Sans aucune preuve à l’appui, M. Demers a déclaré au Devoir qu’il « doute sérieusement » que les deux avocats offrent leurs services juridiques gratuitement, comme ils le font valoir depuis le début.

« J’émets avec prudence des doutes sur le fait qu’ils offrent réellement des services pro bono, poursuit-il. Je trouve leur comportement bizarre : avant même que le jugement ne soit tombé, leur client affirmait qu’ils iraient en appel ; la moindre des choses est de lire le jugement. » Évasif, M. Demers a avancé que « des gens ont intérêt à vouloir [l]e sortir de la mairie », ajoutant que la Ville de Laval intenterait bientôt des poursuites visant à récupérer des sommes perdues dans des affaires de corruption sous le règne de l’ex-maire Gilles Vaillancourt.

Les avocats répliquent

 

Me Rino Soucy s’est défendu d’agir pour servir d’autres intérêts que celui du droit. « Nos services sont gratuits, car cette cause nous tient à coeur », a-t-il tonné.

Il a aussi démenti que son client ait déclaré qu’il interjetterait appel avant même que le jugement ne soit tombé. N’empêche, selon les dires de plusieurs journalistes présents durant les audiences, leur client, M. Foucher, aurait tenu de tels propos.

« Je ne comprends pas toutes ces insinuations de M. Demers… On ne fait pas des centaines de cas pro bono, mais la question d’éligibilité soulevée dans cette cause nous intéresse au niveau du droit municipal, et ça s’arrête là », tranche-t-il.

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