Déferlante d’hommages pour le défunt maire d’Amos

Le maire d'Amos, Ulrick Chérubin
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Le maire d'Amos, Ulrick Chérubin

Homme de coeur, attachant et généreux. Voilà comment ceux qui l’ont côtoyé ont décrit le maire d’Amos, Ulrick Chérubin, décédé jeudi matin.

Âgé de 70 ans, M. Chérubin s’est éteint au centre hospitalier d’Amos, où il avait été conduit à la suite d’un malaise. Son départ soudain a créé une onde de choc qui a eu des échos jusqu’à Ottawa. Les éloges ont déferlé dans les médias sociaux lorsque la nouvelle de sa mort a été confirmée par la municipalité d’Amos peu avant midi jeudi.

Né à Jacmel en Haïti, M. Chérubin était arrivé au Québec dans les années 1970. Trois ans plus tard, il s’installait à Amos, où il enseigna la religion. D’abord conseiller municipal en 1994, M. Chérubin devint maire d’Amos en 2002. En novembre dernier, les électeurs lui avaient confié un quatrième mandat avec une confortable majorité de 72,85 % des voix.

Directeur général d’Amos depuis 35 ans, Guy Nolet en parle avec chaleur. « C’était quelqu’un de très généreux, de dévoué. Pour Ulrick, il n’y avait pas de classe sociale ni de titre. C’était un grand humaniste », relate-t-il.

Minorité très visible

À son arrivée à Amos en 1973, Ulrick Chérubin n’a pas mis de temps à se faire un nom. « C’était la seule personne noire à Amos. Tout le monde le connaissait, souligne en riant M. Nolet. Comme il était haïtien, j’ai vite compris qu’il ne fallait pas lui parler de règlement. Quand je lui parlais de ça, il devenait blanc ! Il me disait : “Guy, arrête de me parler de règlement, je ne suis pas un dictateur.” » Ulrick Chérubin n’est jamais retourné dans son pays d’origine, signale M. Nolet.

Tout le monde appréciait le maire, assure Guy Nolet. « Même les gens qui n’étaient pas d’accord avec sa philosophie ou ses façons de faire ne pouvaient pas haïr Ulrick, et Ulrick ne haïssait personne non plus », dit-il.

 

Le 100e d’Amos

La perte est immense, confirme Josée Gagné, directrice de la Chambre de commerce du Centre-Abitibi. « C’était un homme de coeur, dit-elle. Dévoué, il agissait comme un bon père de famille et voulait voir tout le monde heureux. Il était près des gens et extrêmement sympathique. »

Citoyens, anciens élèves et personnalités politiques — parmi lesquelles le premier ministre Philippe Couillard, le député fédéral Denis Lebel, le chef du NPD, Thomas Mulcair, et le député d’Abitibi-Ouest et ami, François Gendron — ont salué l’Abitibien d’adoption parti sans avertissement.