Corruption: le maire Tremblay jouait «à l’autruche», selon une source policière

L’ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, a nié les allégations contenues dans un mandat de perquisition concernant le scandale immobilier du Faubourg Contrecœur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, a nié les allégations contenues dans un mandat de perquisition concernant le scandale immobilier du Faubourg Contrecœur.

L’ancien maire de Montréal, Gérald Tremblay, aurait été au courant que son parti était en partie financé par la mafia italienne qui exigeait de l’argent des compagnies soumissionnant les contrats municipaux. C’est du moins ce que révèle une source policière dans un témoignage apparaissant dans le mandat de perquisition lié à l’enquête sur le scandale immobilier du Faubourg Contrecoeur.

Cette source policière de l’escouade Marteau, dont l’identité demeure confidentielle, est jugée crédible, d’autant plus qu’elle est la même qui a permis l’arrestation de l’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino. La Cour du Québec a toutefois accepté, lundi, de lever l’ordonnance de non-publication d’une partie des documents judiciaires à la demande des médias. Mais les allégations contenues n’ont pas été testées devant les tribunaux.

Dans ces documents, on apprend que de nombreuses entreprises liées à la mafia italienne contrôlaient le marché des soumissions publiques et avaient même recours au crime organisé, soit les Hells Angels, pour intimider leurs concurrents « récalcitrants » qui désiraient présenter des soumissions. En fait, ce sont les anciennes entreprises de Tony Accurso, Simard-Beaudry et Construction Marton, de même que Montage d’acier international et Construction Paulo Catania, qui ont eu recours aux services des Hells pour obtenir des contrats publics.

5 % à « l’entourage du maire »

Selon la source policière, les entreprises gonflaient leurs contrats de 10 % lors des appels d’offres pour remettre 5 % de leur valeur à la mafia italienne et 5 % à « l’entourage du maire Tremblay. » « Gérald Tremblay est bien au courant, mais il préfère jouer à l’autruche, ce qui plaît aux conseillers impliqués puisqu’il est malhabile face aux questions posées », peut-on lire dans les documents.

À la suite de ces allégations, M. Tremblay a fait parvenir lundi une déclaration écrite pour réfuter le témoignage et les informations contenues. « Contrairement à ce qu’affirme une source policière, je n’ai jamais été au courant de ce stratagème et feint l’ignorance », soutient-il. Lors de sa démission en novembre 2012 et lors de son passage devant la commission Charbonneau, l’ancien maire de Montréal avait toujours affirmé qu’il n’était pas au courant du financement illégal et de la corruption exercée tant à la Ville de Montréal qu’au sein de son parti, Union Montréal.

L’acutel maire de Montréal, Denis Coderre, évitera de juger les révélations faites sur son prédécesseur tant et aussi longtemps que la cause se retrouvera devant les tribunaux. « Tout le monde est innocent jusqu’à preuve du contraire », a-t-il affirmé. « M. Tremblay n’a pas encore été accusé de quoi que ce soit. On va laisser les gens faire leur travail. »

Le maire Coderre rappelle que, depuis son élection, il a créé le poste d’inspecteur général pour lutter contre la corruption à la Ville et éviter que des groupes illégaux, tant la mafia que le crime organisé, n’influent sur l’attribution des contrats publics.

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 16 septembre 2014 08 h 51

    Négation totale

    Monsieur le maire Tremblay nie qu'il ait été maire de Montréal; il ne peut donc pas avoir "joué à l'autruche" en ignorant les malversations à l'hôtel de ville de Montréal.