Ferrandez se porte à la défense de maisons patrimoniales à Tadoussac

Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) planche sur un projet visant à aménager des voies supplémentaires sur la route qui mène au traversier de Tadoussac. Or, il fait face à un opposant inattendu. Dans une lettre qu’il a fait parvenir au ministère, Luc Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal, se porte à la défense des maisons patrimoniales qui pourraient disparaître en raison du projet.

Dans sa lettre, le maire Ferrandez déplore que l’expropriation de six maisons soit envisagée pour faire place à du stationnement, une opération qui menace d’altérer la beauté du paysage, fait-il valoir.

« Bien que Montréalais, j’ai un profond attachement à Tadoussac, comme des milliers de Québécois de toutes les régions de la province, écrit-il. Je considère que ce patrimoine nous appartient tous un peu, de la même façon que je considère le patrimoine du Plateau-Mont-Royal comme nous appartenant à tous. Je vous prie du fond du coeur d’envisager des solutions au problème de stationnement sans pour autant appauvrir l’expérience du visiteur. »

 

De nouveaux traversiers

Le MTQ confirme travailler sur un projet qui vise à doter la route qui mène au traversier de Tadoussac de cinq voies de circulation sur une distance de 500 mètres. Le ministère dit répondre à une demande de la Société des traversiers du Québec qui se dotera de nouveaux bateaux de plus grande capacité l’an prochain.

En juin dernier, l’Association des gens d’affaires de Tadoussac a suggéré au ministère d’envisager l’expropriation de six propriétés de la rue du Bateau-Passeur pour permettre l’aménagement d’un stationnement à proximité des bateaux.

Des scénarios ont été présentés au conseil municipal le 2 septembre dernier, indique Véronique Poulin, conseillère en communication au MTQ, direction de la Côte-Nord, sans vouloir entrer dans les détails. « Lors des différentes rencontres, des préoccupations ont été soulevées, notamment concernant le bruit, les aménagements, la sécurité et les accès, relate-t-elle. On comprend ça. Tadoussac, c’est la porte d’entrée de la Côte-Nord. C’est patrimonial et historique. Tous ces éléments ont été pris en considération lors de l’étude d’opportunité. »

Le MTQ n’a pas voulu confirmer ou infirmer l’acquisition ou l’expropriation de maisons. « On est encore à l’étude d’opportunité. Il s’agit d’une des premières étapes du processus », a expliqué Mme Poulin.

Protéger le patrimoine

Le maire Ferrandez dit s’être intéressé au projet après qu’une connaissance ayant de la famille dans la région de Tadoussac l’eut interpellé à ce sujet. « J’ai lutté pour plusieurs causes en région, en particulier contre la construction d’une route aux Éboulements à la suite de l’accident [impliquant un autobus en 1997] », a-t-il expliqué au Devoir.

Luc Ferrandez reconnaît qu’on pourrait lui reprocher de se mêler d’un dossier qui ne le regarde pas, lui qui fait régulièrement l’objet de critiques pour la gestion de son propre arrondissement. Mais il insiste sur la nécessité de préserver la beauté et le charme des villes et villages.

« J’espère le faire avec humilité, en disant que, comme tous les Québécois, on doit se préoccuper de Tadoussac, dit-il. Tous les Québécois doivent se préoccuper du Plateau-Mont-Royal, des villages anglais des Cantons-de-l’Est ou du Vieux-Québec. Ce sont des patrimoines. Ça nous appartient comme collectivité. Bien entendu, ce sont les gens qui y habitent qui ont le dernier mot. Je ne leur dis pas quoi faire. Humblement, je donne mon appui à ceux qui se battent pour préserver les choses. »