Les élus de Saint-Lambert envisagent de doubler leur salaire

Les élus municipaux de Saint-Lambert envisagent de s’octroyer une augmentation de salaire qui ferait doubler leur rémunération d’ici 2017. Le projet qui permettrait au maire et aux conseillers de bénéficier d’une rémunération comparable à celle de leurs collègues de villes de même taille est loin de faire l’unanimité.

 

La résolution que souhaite faire adopter le conseiller Martin Smith par le conseil municipal le 25 août prochain prévoit une augmentation graduelle de la rémunération des élus.

 

Ainsi, le maire de cette municipalité de 21 555 habitants verrait son salaire passer de 28 888 $ à 40 500 $ en septembre prochain, puis à 48 000 $ en 2015 et à 55 500 $ en 2016. Pour leur part, les conseillers, qui gagnent 9626,94 $, toucheraient 18 500 $ en 2016.

 

À l’heure actuelle, les élus ont aussi droit à une allocation de dépenses — de 14 444 $ pour le maire et de 4813 $ pour les conseillers — et le maire peut toucher une rémunération supplémentaire pour les fonctions qu’il occupe au Réseau de transport de Longueuil notamment.

 

Martin Smith explique qu’à la suite des élections de novembre dernier, il s’est rendu compte que les conseillers de Saint-Lambert étaient beaucoup moins payés que leurs collègues d’autres villes. À titre de comparaison, les conseillers municipaux de 13 villes de Montérégie gagnent en moyenne 17 000 $ par année.

 

Le conseiller attribue ces écarts à un gel de salaire décrété en 1993 par une précédente administration qui, pour dans un contexte de négociation avec ses employés, voulait « donner l’exemple ». Bien qu’en 2010, les élus aient eu droit à une augmentation salariale de 7 % et à une indexation de leur rémunération par la suite, des écarts importants demeurent.

 

« On corrige une iniquité. Les tâches dévolues aux membres des conseils municipaux n’ont jamais cessé de se complexifier », soutient M. Smith.

 

Emploi à temps partiel

 

Tout en reconnaissant que le salaire des élus est peu élevé, l’ancien maire de Saint-Lambert, Philippe Brunet, s’interroge sur l’ampleur des augmentations projetées dans le contexte de réductions de services. « On peut toujours le justifier en comparant avec d’autres villes, mais traditionnellement, la job de maire à Saint-Lambert n’est pas à plein temps et ce n’est pas une carrière », dit-il. Selon lui, les élus devraient envisager une hausse salariale plus modérée.

 

Martin Smith n’est pas assuré d’obtenir l’appui majoritaire de ses collègues, car, dit-il, certains élus se sentent mal à l’aise de décréter eux-mêmes leurs hausses de salaire. Et pour entrer en vigueur, le règlement devra recevoir un vote favorable du maire Alain Dépatie, dit-il. Celui-ci n’a pas rappelé Le Devoir.

 

La présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, croit qu’une révision des règles encadrant la rémunération des élus s’impose. « La majorité des maires au Québec gagnent moins que le plus bas salarié syndiqué de leur municipalité. […]. Il faut reconnaître la valeur du travail des élus », dit-elle.

5 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 6 août 2014 06 h 42

    Hausse de salaires

    Alors qu'au même moment on parle de coupures dans les fonds de pensions des employés municipaux. Allez donc comprendre quelque chose.

  • Robert Henri - Inscrit 6 août 2014 08 h 38

    Nous devons «tous» nous serrer la ceinture...

    Nous devons «tous» nous serrer la ceinture... Serais-ce un «nous» exclusif ? Excluant les élus de tous les niveaux ?

  • Marcel Vachon - Abonné 6 août 2014 09 h 04

    Le salaire des élus municipaux

    Bonjour,
    Les élus municipaux du Québec pourraient établir une échelle d'heures de travail/annuel en fonction du nombre de citoyens et des salaires correspondants.
    Marcel.

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 août 2014 16 h 23

      C'est déjà le cas.

      Extrait de la Loi sur le traitement des élus municipaux.

      Pour l'exercice financier de 2014, les montants maximaux prévus à l'égard des postes visés au deuxième alinéa du présent article, quant au total des rémunérations de tout membre du conseil d'une municipalité, sont les suivants:

      1° à l'égard du maire de la Ville de Montréal: 160 997 $;

      2° à l'égard du maire de la Ville de Québec: 152 770 $;

      3° à l'égard du maire d'une municipalité de 300 000 habitants ou plus: 147 480 $;

      4° à l'égard du maire d'une municipalité de 100 000 à 299 999 habitants: 138 669 $;

      5° à l'égard du maire d'une municipalité de 50 000 à 99 999 habitants: 113 990 $;

      6° à l'égard de tout membre du comité exécutif d'une communauté métropolitaine ou à l'égard du président ou du vice-président d'une commission permanente d'une telle communauté: 121 200 $;

      7° à l'égard d'un préfet élu conformément à l'article 210.29.2 de la Loi sur l'organisation territoriale municipale: 76 385 $;

      8° à l'égard de tout membre du conseil d'une municipalité, autre que l'un de ceux que visent les paragraphes 1° à 7° du deuxième alinéa du présent article et l'article 21.2 de la présente loi: 100 576 $.

  • Daniel Bérubé - Abonné 8 août 2014 13 h 24

    Souvent,

    le travail ne sera pas d'exigences égales pour chaque conseillers ou conseillères d'une même municipalité.

    Imaginez un exemple seulement: acqueduc et égout ont été refait dans une municipalité. Quelle lourdeur avait ce dossier durant les travaux, et la légèreté qu'il a par la suite. Chaque dossier connaît des périodes plus actives, qui demandent temps et efforts ainsi que recherches. Dans ma municipalité, nous nous préparons à nous mettre aux normes des exigences gouvernementales concernant l'eau potable.
    Ceci demande beaucoup de temps et de recherches diverses, le coût des traitements de l'eau, les types de traitements nécessaires selon la qualilté de l'eau. Le conseiller responsable de ce dossier reçoit moins de 200.00$/mois, pour une municipalité de moins de 1000 habitants. Ça s'appelle "bénévolat"...

    Avec les exigences de plus en plus sévères de nos gouvernements, plusieurs ne tiendront pas le coup et sans doute quantité de municipalité devront fermer, comme sans doute celle de Ristigouche que le PLQ veut mettre au pas des pétrolières.