Sécurité ferroviaire: la mairesse de Lac-Mégantic en mission à Washington

Colette Roy-Laroche était de passage à Washington lors des derniers jours pour parler de sécurité ferroviaire à de hauts responsables américains. La tragédie qui a fait 47 morts le 6 juin dernier quand un train chargé de pétrole a explosé en plein centre-ville avait eu un retentissement international.
Photo: Associated Press Carolyn Kaster Colette Roy-Laroche était de passage à Washington lors des derniers jours pour parler de sécurité ferroviaire à de hauts responsables américains. La tragédie qui a fait 47 morts le 6 juin dernier quand un train chargé de pétrole a explosé en plein centre-ville avait eu un retentissement international.

Colette Roy-Laroche, chef de mission à Washington. Celle-là, la mairesse de Lac-Mégantic ne l’avait pas prévue. À la tête de la Coalition municipale transfrontalière pour la sécurité ferroviaire, la première magistrate s’est entretenue ces derniers jours avec plusieurs hauts responsables américains. L’objectif : les convaincre de resserrer les normes de sécurité entourant le transport de matières dangereuses par train.

 

La Coalition mettra fin, ce matin, à trois jours de revendication dans la capitale des États-Unis. La modernisation des infrastructures et des wagons circulant en milieux urbains et l’amélioration de la coordination entre les autorités se sont retrouvés au coeur des discussions. La mairesse de la localité de 6000 âmes reviendra au Canada fatiguée, mais satisfaite de ses entretiens des derniers jours. Ce qui s’est passé à Mégantic ne doit plus se reproduire, dit-elle.

 

« C’est intimidant de se retrouver à Washington, avec les grands, quand on n’a pas l’habitude de faire ce type de démarche à un si haut niveau, a-t-elle confié au Devoir, mardi. Mais il faut changer les choses. Alors on passe par-dessus la timidité. On fonce. »

 

Des maires de villes de l’Illinois, du Maine, du Québec et du Nouveau-Brunswick sont aussi de la délégation. Leurs municipalités ont en commun d’être traversées par des trains qui transportent chaque jour des matières dangereuses.

 

Au secrétaire américain aux Transports, Anthony Fox, ou à d’autres représentants de l’administration Obama, ils ont exigé l’imposition de normes plus strictes concernant le type de véhicules pouvant transporter du pétrole.

 

Au Congrès, ils ont réclamé des modifications réglementaires pour renforcer la surveillance des petits chemins de fer, et un accroissement de l’admissibilité aux assurances civiles des entreprises lors de désastres.

 

Les maires demandent également de connaître en temps réel le contenu des convois qui sillonnent leurs villes.

 

Un enjeu électoral

 

Alors que la mairesse se trouvait à Washington, la chef du Parti québécois, elle, était à Mégantic. Toujours traumatisée par les événements de l’été, Mégantic réclame depuis de nombreux mois la construction d’une voie ferrée de contournement, qui éviterait le centre-ville. Pour « permettre aux citoyens de bien dormir, ce qui n’est pas le cas actuellement », a souligné Mme Roy-Laroche.

 

Pauline Marois a soutenu qu’un gouvernement du Parti québécois ne paierait pas la note des travaux d’aménagement de la voie de contournement ferroviaire. Si elle est réélue, Pauline Marois pressera Ottawa de s’acquitter de ses responsabilités… et de régler la facture. Elle s’engage toutefois à « accompagner » la communauté de Mégantic afin de tirer au clair les coûts d’un nouveau tracé du chemin de fer, permettant aux trains chargés de pétrole de contourner le coeur de la municipalité.

 

Cependant, une chose est claire : la voie de contournement verra le jour seulement si le gouvernement fédéral paie les coûts de construction, a indiqué Mme Marois. « Ce sera à eux d’assumer les sommes qu’on devra encourir s’il y a lieu d’aller plus loin pour le contournement », a-t-elle dit.

 

Colette Roy-Laroche voit d’un bon oeil que l’enjeu s’immisce dans la campagne électorale, mais elle se garde bien d’exiger davantage de Mme Marois. « Jusqu’à maintenant, la réponse des gouvernements nous satisfait. Qui devrait assumer les coûts de la voie de contournement ? J’invite [Québec et Ottawa] à s’asseoir et à discuter de cet aspect. Mégantic ne peut certainement pas assumer ces coûts », dit-elle.

1 commentaire
  • Josette Allard - Inscrite 12 mars 2014 08 h 36

    Et Ottawa

    Il ne faudrait pas oublier que le législateur dans cette affaire là est à Ottawa et que le député pour Lac Mégantic est M. Paradis du Parti Conservateur. On ne l'entend pas beaucoup parler celui-là depuis la tragédie de Lac Mégantic. Que fait-il pour forcer son gouvernement à adopter des lois afin de protéger la vie de ses concitoyens et celles de toutes personnes vivant , auCanada , près d'une voie ferrée?

    Mme la mairesse , sans vous commander et en tout respect, votre intervention et celles de vos concitoyens devraient peut-être commencer dans votre comté.