Trois-Rivières dit oui à la fluoration de l’eau

La ville de Trois-Rivières, qui a fluoré son eau pendant près de quarante ans, avait arrêté le processus lors des travaux de réfection de l’usine de traitement de l’eau potable en 2008.
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir La ville de Trois-Rivières, qui a fluoré son eau pendant près de quarante ans, avait arrêté le processus lors des travaux de réfection de l’usine de traitement de l’eau potable en 2008.

Les conseillers municipaux de Trois-Rivièresont finalement tranché : l’eau de la ville pourra être à nouveau fluorée. Après plusieurs semaines de débats animés, ils ont voté à neuf contre sept, lundi soir, en faveur de la levée du moratoire imposé depuis le printemps dernier. Mais les conseillers, qu’ils soient pour ou contre, trouvent que cette responsabilité n’aurait pas dû leur revenir et que c’est au gouvernement du Québec de prendre des décisions qui touchent directement à la santé publique.

 

« On avait à trancher un débat qui est partagé dans la population et au sein même du conseil », indique le conseiller Jean-François Aubin à la sortie du conseil municipal. « Comme je ne suis pas un expert, j’ai entendu les arguments des gens d’un côté comme de l’autre et, ultimement, je me suis rallié à la Santé publique qui recommandait la fluoration de l’eau. » Même s’il a voté en faveur de la levée du moratoire, M. Aubin croit que la réflexion doit se poursuivre et qu’il y a « une suite à faire au niveau provincial ».« C’est une drôle d’idée que le gouvernement recommande une mesure de santé publique et qu’il laisse les municipalités décider. On dirait qu’il s’en lave les mains », dit-il.

 

Son confrère François Bélisle partage en partie son avis. Bien qu’il ait voté contre la levée du moratoire, le conseiller municipal soutient lui aussi que ce n’est « pas aux municipalités à faire ça ».« Il y a une controverse malgré ce que la Santé publique dit. Il y a un débat sur la pertinence et les risques liés à la fluoration de l’eau. Je crois que les citoyens doivent maintenant se mobiliser pour que le gouvernement agisse, d’autant plus que le Parti québécois propose dans son programme l’abolition du programme de fluoration », affirme M. Bélisle qui considère en plus que la fluoration de l’eau est loin d’être le « bon remède » pour lutter contre la carie dentaire.

 

Vive opposition

 

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a quand même gagné sa bataille malgré la vive opposition des dernières semaines. M. Lévesque est l’un de ceux qui ont grandement milité pour le retour de la fluoration de l’eau. La Ville, qui a fluoré son eau pendant près de quarante ans, avait arrêté le processus lors des travaux de réfection de l’usine de traitement de l’eau potable en 2008. Quatre ans plus tard, l’ancien conseil municipal avait décidé de reprendre le processus de fluoration, mais en avril dernier, le conseil municipal avait préféré décréter un moratoire sur ce projet en attendant de connaître la position de la commission parlementaire chargée de se pencher sur le dossier. Dans son rapport, rendu public en avril dernier, la commission a finalement opté pour le statu quo.

 

Avec ce vote favorable du conseil municipal, Trois-Rivière devient ainsi la première et la seule grande ville du Québec à participer au programme national de fluoration de l’eau, au grand plaisir de la Santé publique. En juillet dernier, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait indiqué qu’il souhaitait intensifier l’offensive pour fluorer davantage l’eau que boit la moitié de la population d’ici cinq ans. Actuellement, seulement 3 % de la population québécoise a accès à de l’eau fluorée alors que le taux était de 15 % dans les années 1990.

 

Le porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS), Philippe Giroul, ne voit pas d’ailleurs pas l’urgence ni l’importance d’augmenter l’accès à de l’eau fluorée au Québec. À son avis, le gouvernement du Québec devrait se prononcer sur la question. « On veut rencontrer le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, pour lui faire part de nos préoccupations », dit-il. « Et, si possible, on veut en glisser un mot à la première ministre, qui sera de passage dans la région mercredi, mais ça ne sera pas facile, car le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s’est fait laver le cerveau par ses fonctionnaires. »

14 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 4 février 2014 02 h 00

    Pourquoi le conseil municipal trifluvien se soucie-t-il soudainement de la denture de ses administrés ?


    Permettez-moi de douter de ces bons sentiments…

    Comme dit l’adage juridique, l’intention libérale ne se présume pas

    • Guy Vanier - Inscrit 4 février 2014 06 h 40

      Les gens majoritairement contre cette décision,vont commencés à acheter des bouteilles d'eau et vont inonder les dépotoirs de plastique...... < le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a quand même gagné sa bataille malgré la vive opposition des dernières semaines. M. Lévesque est l’un de ceux qui ont grandement milité pour le retour de la fluoration de l’eau > la décision stupide du maire de cette ville..... A qui profite cette décision? Suivez la trace de l'argent.....une multinationale peut être??

  • Luc Lavoie - Inscrit 4 février 2014 07 h 25

    Tiens, tiens...on se préoccupe de la santé des dents des trifluviens ???

    Faites vos recherches, vous comprendrez que le fluor a un effet dévastateur sur notre santé.

    En particulier, le fluor a un effet de calcification sur ce précieux organe qu'est la glande pinéale.

    Et cette glande pinéale, localisée au centre de notre cerveau, est reconnue depuis des millénaires comme l'organe glandulaire par excellence, celle qui nous aide à "connecter" avec l'extérieur. « Siège de l'âme » pour Descartes, elle a été longtemps considérée comme une sorte de troisième œil chez les Vertébrés inférieurs et comme un vestige calcifié chez les Mammifères.

    Tout comme les Organismes génétiquement modifiés (OGM), que l'on nous disait essentiel pour mieux nourrir la population mondiale (ce qui n'est absolument pas le cas), le fluor nous est imposés pour d'autres raisons.

    Dévouvrez cette raison.

  • Philippe Giroul - Inscrit 4 février 2014 07 h 36

    Lavage de cerveau

    Il est vraiment regrettable que 9 conseillers , qui n'ont aucune compétence dans ce domaine complexe, aient décidé l'intoxication de l'eau potable des 134 000 trifuviens. Ils ont basé leur jugement , s'il en est, sur une série (20) de faussetés et d'exagérations véhiculées par la Direction de la santé publique. Elles sont répertoriées par des experts du Front commun pour une eau saine (voir pochette de presse virtuelle de la conférence de presse de jeudi 30 janvier (site de la Coalition Eau Secours: http://eausecours.org/2014/01/cf-fluoration-30jan2 ) . Dernièrement, on a fait une analyse critique du plaidoyer des deux représentantes de la DSP ( 31 janvier) et là aussi on a relevé une série d'allégations trompeuses... .
    Ainsi, il y a eu vraiment un lavage fluoré des cerveaux des décideurs locaux et provinciaux.
    Il faut s'indigner, comme dirait Stéphane Hessel, et monter aux barricades pacifiquement à un autre niveau, pour convaincre le gouvernement de respecter une recommandation du programme du PQ.

  • Richard Laroche - Inscrit 4 février 2014 07 h 52

    Donner l'exemple

    Qu'on ne voit pas un seul des conseillers qui ont voté en faveur de cette motion acheter de l'eau en bouteille pour eux-même ou pour n'importe quel membre de leur famille.
    Avec 95% de l'eau potable qui aboutit dans le bain, la toilette, les piscines, partout sauf dans la bouche, la fluoration est un gaspillage de fonds publics.

  • Victoria - Inscrite 4 février 2014 07 h 58

    Ce qui retient mon attention est...

    « … et qu’il laisse les municipalités décider. On dirait qu’il s’en lave les mains », dit-il. »

    Trop facile de rejeter le blâme sur les autres dont on ne connaît pas le réel fondement de certaines recommandations.

    Le principe de précaution « toujours et toujours » clamée par les municipalités brandissant « la protection de la santé de la population »… Balivernes! Il semble ne pas toujours être appliqué à bon escient ou à la bonne problématique.

    Belle façon d'étrangler le problème à la source des villes.

    Les municipalités ont voulu avoir plus de compétences. Alors, elles l’ont eu avec une loi adoptée en 2005 pour elles. Qu’elles assument !