2013 en 13 photos - Corruption

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Un regard en coin capté par la caméra. Un rictus aux allures de sourire, alors que la scène n’a rien de drôle. L’ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, sort du palais de justice de Laval, le 9 mai dernier, assailli par des hordes de reporters, de caméramans et de photojournalistes. Quelques heures plus tôt, il y était entré menottes aux poignets, à la manière d’un criminel.

Après avoir régné en roi et maître sur l’île Jésus, le « roi » croule sous un lot d’accusations, dont l’une peu banale : M. Vaillancourt est accusé de gangstérisme. On le soupçonne d’avoir chargé des membres d’une organisation criminelle de commettre des crimes au profit du gang — il aurait agi comme chef d’un groupe criminel (article 467.13 du Code criminel, passible d’une peine d’emprisonnement à vie). Une spectaculaire rafle effectuée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a permis d’arrêter l’ancien maire de Laval et 36 présumés complices. Il est considéré comme la tête dirigeante des stratagèmes de collusion et de corruption bien ancrés dans ses manières de faire depuis sa première élection à la mairie, en 1989.

Parallèlement à ces soubresauts de l’UPAC, la commission Charbonneau vient confirmer le modus operandi lavallois. Oui, viennent dire, mi-contrits mi-comédiens, les témoins appelés par la juge France Charbonneau, un stratagème y existait pour répartir les contrats entre entrepreneurs triés sur le volet, en vue de gonfler une caisse occulte.

L’édifice municipal, la Ville et son ex-maire en tête, s’écroule. Pendant que les soupçons s’accumulent, Laval est mise en tutelle : même le maire intérimaire, Alexandre Duplessis, a participé au cirque du PRO, ainsi que la quasi-totalité des élus, qui ont apparemment en toute connaissance de cause bafoué la Loi électorale, ainsi que le voulait cette tradition incrustée de collusion et de corruption. Cette fois, les marques sont indélébiles. Tous les espoirs sont permis, y compris celui qu’on ne puisse remonter un tel échafaudage de mensonges dans l’indifférence.


Voyez le photojournaliste du Devoir Jacques Nadeau expliquer la présence nécessaire des photographes sur le terrain.