L’UPAC frappe à Châteauguay après une plainte de la mairesse

Robert Lafrenière
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Robert Lafrenière

Malgré la pression de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et de la commission Charbonneau, la corruption fleurit toujours dans les municipalités du Québec.

 

À Châteauguay, quatre entrepreneurs et courtiers immobiliers auraient tenté de corrompre la mairesse Nathalie Simon, en septembre dernier. Déjà vu ? L’histoire a pris une tournure « rarissime », de l’aveu même du commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière.

 

Mme Simon s’est tournée vers les policiers pour dénoncer cette tentative de corruption. Grâce à sa collaboration, l’UPAC a procédé jeudi matin à l’arrestation de quatre individus : René Lafrance, Éric Lafrance, Michel Bergevin et Jacques Roy. Ils seront accusés de complot, de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance, d’actes de corruption dans les affaires municipales.

 

Lors d’un point de presse, la mairesse Simon a rappelé qu’elle était guidée « par des principes d’éthique et d’intégrité ». Elle s’est refusée à tout commentaire pour ne pas nuire à l’enquête, qui se poursuit toujours. D’autres personnes pourraient être arrêtées, a confirmé l’UPAC.

 

Mme Simon a annoncé sept mesures administratives, dont des modifications à la politique de gestion contractuelle, la révision du code d’éthique et le renouvellement du contrat de René Beauchemin (un ex-enquêteur de la commission Charbonneau) à titre d’inspecteur responsable de la division des enquêtes criminelles.


Une mairesse courageuse

 

Le commissaire Lafrenière a salué « le courage et la vigilance » de la mairesse Simon. « Il faut lever notre chapeau à Mme Simon. Le geste qu’elle a posé est courageux », a-t-il dit.

 

« La mairesse n’a rien à se reprocher, bien au contraire. Sa collaboration a permis de faire avorter un stratagème de corruption qui visait non seulement son administration municipale, mais aussi son intégrité », a-t-il ajouté.

 

Les quatre présumés complices auraient proposé « plusieurs dizaines de milliers de dollars » à la mairesse dans l’espoir de placer un homme de confiance dans un poste clef de l’administration municipale et pour obtenir des changements de zonage sur des terrains convoités.

 

René Lafrance est un ex-conseiller municipal battu deux fois, en 1991 et en 2003, lorsqu’il a brigué la mairie de Châteauguay. Il est aujourd’hui courtier immobilier. Son fils Éric possède des entreprises de construction.

 

Jacques Roy a occupé les postes de directeur de l’aménagement du territoire et des infrastructures, puis de directeur du développement économique à Saint-Constant. Il était un protégé du maire Gilles Pépin, qui a été accusé de fraude récemment à la suite d’une opération de l’UPAC.

 

En 1999, M. Roy a travaillé brièvement pour le secrétaire d’État au Sport amateur, Denis Coderre. « Ça n’a pas duré longtemps, et ce n’était pas quelqu’un de majeur dans l’entourage », précise le directeur des communications au cabinet du maire Coderre, Louis-Pascal Cyr.

 

En dépit des travaux de la commission Charbonneau et des opérations de l’UPAC, la culture de la corruption est toujours bien vivante dans les affaires municipales, se désole M. Lafrenière. « Il y en a encore qui pensent que la culture n’a pas changé,a-t-il déploré. Il est clair qu’il y a des gens qui n’ont pas compris quand on voit un dossier contemporain comme celui-là. Ça nous dit qu’il faut rester alerte. »

4 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 décembre 2013 06 h 06

    2 mairesses

    Nous avons maintenant 2 mairesses au Québec qui prennent leur rôle au sérieux. Celle de Mégantic et maintenant celle de Châteauguay. 3 si je compte aussi celle de RdP, s'cusez.

    Prenez-en de la graine messieurs dames nos représentants ! Le défi est lancé !

    PL

  • Josette Allard - Inscrite 13 décembre 2013 07 h 20

    Gros ménage

    Reste à faire. Espérons que la Commission Charbonneau s'attaquera sous peu à cette question de la corruption au sein de ce parti politique , ce qui a coûté si cher aux contribuables Québécois.

  • Victoria - Inscrite 13 décembre 2013 07 h 35

    PARADIS TERRESTRE

    La religion nous a toujours enseigné que « Eve » avait fait des propositions à « Adam ».

    Jusqu’à présent, le sexe masculin est en nombre supérieur.

    En français, on apprend qu’il y a des exceptions et, cette mairesse est loin d’en faire partie. Chapeau! Mme Simon.

  • Normand Murray - Inscrit 13 décembre 2013 11 h 18

    Bravo madame Simon.

    Quel courage j'admire cette dame pour sa rapidité a agir ça change d'un certain maire qui clamait tout haut j'ai agis seulement lorsque la pression médiatique c'est fait sentir et que la tension devenait insoutenable.J'espère que d'autres suivront cet exemple car d'autres cas similaires doivent certainement existés j'en suis convaincu.À quand les vrais instigateurs seront ils vraiment révélé car la majorité de la population sait qui ils sont de part leurs affiliations politiques on veux la vérité c'est tout non un sentiment de bonnes intentions.Encore bravo Mme Simon malheureusement vous n'ètes pas légion.