Indemnités de 1,5 million pour les anciens élus de Laval

Basile Angelopoulos, lors de son témoignage devant la commission Charbonneau en juin
Photo: - Le Devoir Basile Angelopoulos, lors de son témoignage devant la commission Charbonneau en juin

Les 17 conseillers municipaux de Laval issus de l’administration Vaillancourt qui ont quitté la vie politique, le mois dernier, se partagent plus de 1,5 million de dollars en allocations de départ et de transition.

 

Ces indemnités ont été versées même si la majorité des élus lavallois ont servi de prête-noms pour financer illégalement le parti de l’ancien maire Gilles Vaillancourt, d’après des témoignages entendus à la commission Charbonneau. Les allocations de transition et de départ ont été autorisées par Florent Gagné, responsable de la tutelle à la Commission municipale du Québec.

 

Le nouveau conseil municipal, élu le 3 novembre, « a été mis devant les faits accomplis », a indiqué au Devoir François Brochu, porte-parole du maire Marc Demers.

 

Basile Angelopoulos, qui était vice-président du comité exécutif dans l’administration Vaillancourt, a droit aux plus importantes indemnités : il a quitté ses fonctions avec plus de 179 000 $ en poche, indique une compilation de la Ville de Laval rendue publique jeudi soir. Benoit Fradet, autre membre important de l’exécutif de Gilles Vaillancourt, a touché quant à lui près de 143 000 $.

 

Les deux hommes ont reconnu devant la commission Charbonneau qu’ils avaient servi de prête-noms pour remplir les coffres du défunt parti PRO des Lavallois. L’ex-agent officiel du parti, Jean Bertrand, leur remettait des enveloppes remplies d’argent versé par des firmes de génie-conseil. Les élus faisaient ensuite un chèque au nom du parti. Selon des témoignages faits à la commission Charbonneau, tous les élus dans l’administration Vaillancourt, sauf trois (Robert Plante, France Dubreuil et Martine Beaugrand), ont pris part à ce stratagème. Ces manigances ont commencé en 1997.

 

Les deux anciens maires de Laval emportés par les scandales au cours des derniers mois, Gilles Vaillancourt et Alexandre Duplessis, n’étaient pas partis non plus les mains vides : ils avaient eu droit à 247 000 $ et à 170 000 $ au moment de quitter leur poste en pleine tourmente.

 

Nouvelles règles plus sévères

 

Les primes de départ totalisant 487 488,89 $, remises aux 17 élus qui sont partis en novembre, ont été versées en vertu de la Loi sur le traitement des élus municipaux. Quant aux allocations de transition de 1,057 million, elles ont été payées en vertu des règles établies par l’ancienne administration Vaillancourt, explique François Brochu, porte-parole du maire.

 

L’administration du maire Marc Demers prépare de nouvelles règles pour interdire le versement d’allocations de transition aux élus qui quittent leurs fonctions en cours de mandat — sauf en cas de maladie. Les élus qui font l’objet d’accusations criminelles seraient aussi privés d’indemnités de départ.

 

M. Brochu reconnaît que les 17 anciens élus de l’administration Vaillancourt toucheraient quand même leurs allocations, même avec les nouvelles règles à venir, parce qu’ils ne sont accusés de rien. La vaste majorité des membres de l’ancien conseil municipal de Laval ne se sont pas présentés aux élections municipales du 3 novembre.

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