Régimes de retraite: les maires réclament une loi

Le maire de Québec, Régis Labeaume, et son homologue de Montréal, Denis Coderre, lors de leur rencontre à l’hôtel de ville de Montréal
Photo: - Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume, et son homologue de Montréal, Denis Coderre, lors de leur rencontre à l’hôtel de ville de Montréal

Les maires des principales municipalités du Québec veulent s’attaquer au problème du déficit des régimes de retraite des employés municipaux dans un délai de deux ans. Pour ce faire, ils demandent à Québec de leur donner les « outils nécessaires » pour en arriver à un règlement en cas d’impasse.

 

« On ne pense pas tous pareil, mais on pense tous qu’il faut que ça se termine à un moment donné », a résumé jeudi le maire de Québec, Régis Labeaume, en compagnie des maires des plus grandes villes québécoises.

 

Ceux-ci se sont réunis à l’invitation de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) pour discuter de la question des régimes de retraite et décider de la stratégie à adopter. Ils se sont entendus « unanimement » sur la nécessité d’une législation pour résoudre le problème, mais sont demeurés vagues au sujet de son contenu.

 

Règlements imposés ?

 

En bref, les maires souhaitent qu’une future loi donne la priorité à la négociation avec les syndicats pendant une période d’un an. À l’issue de ce délai, ils veulent qu’on leur fournisse les « outils nécessaires » pour en arriver à un règlement au terme d’une autre année.

 

Parle-t-on de règlement forcé ? De droit de lockout ? « On n’en est pas là, a rétorqué le maire de Montréal, Denis Coderre. On se reverra en commission parlementaire. »

 

Derrière l’unanimité de façade, certains élus ne mâchent toutefois pas leurs mots. « Si on est rendus là, c’est qu’il y a des gens qui ont signé ces conventions collectives-là. C’est pas le syndicat qui les a imposées », a confié au Devoir le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, en précisant que contrairement à d’autres, sa municipalité n’a pas « pelleté le problème vers l’avant ».

 

Selon les dernières estimations, le déficit des régimes de retraite s’élève à près de 2,5 milliards à Montréal, et frôle les 5 milliards pour l’ensemble des municipalités de la province.

 

Le directeur adjoint de la section québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique, Marc Ranger, craint que des élus attendent l’expiration du délai de négociation pour imposer un règlement. « [Les villes] demandent au gouvernement de venir faire la job à leur place aux tables de négociation », s’indigne-t-il.

 

Un plan d’action pour bientôt

 

Interpellée par l’UMQ, la ministre du Travail Agnès Maltais ne ferme pas la porte à une législation, mais refuse de se prononcer pour l’instant. « Un plan d’action sur les régimes de retraite sera déposé avant Noël », s’est contentée de répondre son attachée de presse, Mélanie Harvey.

 

En début d’après-midi, Régis Labeaume a par ailleurs rendu la politesse à son homologue montréalais en lui rendant visite à l’hôtel de ville. Denis Coderre avait rencontré M. Labeaume à Québec lundi. Les deux hommes ont annoncé leur intention de faire front commun devant le gouvernement du Québec dans plusieurs dossiers, y compris celui des régimes de retraite.

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