Rob Ford se voit retirer privilièges et pouvoirs - Le maire de Toronto est mis au pied du mur

Pendant le débat sur la motion lui retirant ses pouvoirs et ses privilèges, lundi, le maire de Toronto, Rob Ford, s’est mis à imiter un homme ivre au volant de manière à ridiculiser un conseiller municipal qui a été arrêté pour conduite en état d’ébriété.
Photo: La Presse canadienne (photo) Chris Young Pendant le débat sur la motion lui retirant ses pouvoirs et ses privilèges, lundi, le maire de Toronto, Rob Ford, s’est mis à imiter un homme ivre au volant de manière à ridiculiser un conseiller municipal qui a été arrêté pour conduite en état d’ébriété.

Le conseil municipal de Toronto en a eu assez des déboires du maire Rob Ford. Lundi après-midi, les conseillers municipaux ont sévi contre celui qui continuait de multiplier les déclarations-chocs et les faux pas devant les yeux du monde entier. Les élus ont voté majoritairement en faveur d’une motion qui lui a retiré presque tous ses pouvoirs et ses privilèges en tant que maire de la métropole.

 

Ils ont notamment voté avec une majorité écrasante à 37 voix contre 5 pour lui retirer la moitié de son budget de maire de 2014 qui passera de 1,5 million de dollars à 712 000 dollars. Les conseillers ont aussi voté à 36 voix contre 6 pour que ce budget soit transféré au maire adjoint, Norm Kelly, et pour permettre aux employés de la Ville de travailler pour M. Kelly. Vendredi dernier, deux motions avaient aussi permis d’enlever au maire Ford ses pouvoirs de présider le comité exécutif, de nommer des membres du comité exécutif, de diriger la Ville en cas d’urgence et d’obtenir un budget extraordinaire.


Devant l’affront de ses conseillers, le maire Rob Ford a commis tout au long de la journée une série de bévues, dont les grands médias internationaux ont fait état. «   Vous allez renverser un gouvernement démocratiquement élu   », a-t-il lancé peu avant le vote sur la motion auquel il a refusé de prendre part en début d’après-midi. «   Ce n’est pas un processus démocratique, mais plutôt un procédé dictatorial   », a-t-il ajouté dans une ultime tentative de convaincre les élus municipaux de faire marche arrière. Voyant que le conseil municipal était résolu à le dépouiller de ses pouvoirs, il a déclaré que le processus n’était rien de moins qu’une «   déclaration de guerre   » et qu’elle était «   comparable à l’invasion de l’Irak au Koweït   » en 1990.Il est même allé jusqu’à dire que le vote du conseil était «   un coup d’État.   »

 

Pendant le débat sur la motion, le maire Rob a d’ailleurs vivement réagi alors que les tensions étaient palpables. À un certain moment, le maire a ridiculisé un conseiller municipal qui a été arrêté pour conduite en état d’ébriété en imitant un homme ivre au volant. Et puis sur un autre coup de tête, Rob Ford s’est mis à courir pour affronter quelques détracteurs qui étaient présents dans la salle du conseil. Dans sa lancée, le maire a bousculé la conseillère municipale Pam McConnell, qui a failli tomber. Une fois de plus, le maire Ford a dû présenter ses excuses en expliquant qu’il voulait défendre son frère qui se faisait invectiver par des visiteurs dans les gradins. Ces explications sont toutefois loin d’avoir convaincu la conseillère McConnell qui a indiqué que «   cet incident démontre que Rob Ford ne sait pas se contrôler   ».

 

Le soutien du gouvernement Harper

 

Pour la première fois, le bureau du premier ministre Stephen Harper a reconnu que les allégations entourant le maire Ford sont «   troublantes.   » Jusqu’à présent, le gouvernement conserveur était demeuré plutôt silencieux sur les révélations du maire Ford concernant sa consommation de crack et d’alcool de même que sur le cirque médiatique l’entourant. Néanmoins, le porte-parole du premier ministre Harper, Jason MacDonald, a affirmé que son gouvernement continuerait de travailler avec tous les ordres de gouvernement sur des priorités communes, notamment les emplois et la croissance économique. «   Cela inclut que nous travaillerons avec des maires et des conseils municipaux, y compris le maire de Toronto et le conseil municipal de Toronto   », a précisé M. MacDonald.

 

Étant donné qu’il n’a presque plus de pouvoirs, le maire Rob Ford compte maintenant recourir à la justice pour faire annuler la décision du conseil municipal. Son avocat a indiqué qu’il pourrait réclamer une injonction, mais il a mentionné qu’il attendait encore les instructions. Le maire Ford a mis les élus au défi de déclencher des élections anticipées pour régler la situation. Il a proposé de tenir un scrutin dans trois mois pour laisser les électeurs décider de son sort.

 

Le conseiller municipal Denzil Minnan-Wong a affirmé que ses collègues et lui ne se laisseraient pas intimider. Rob Ford a répété dans ce cas son intention de conserver ses pouvoirs de maire jusqu’aux prochaines élections prévues le 17 octobre 2014. Entre-temps, le maire de Toronto continue d’accorder des entrevues aux plus grands médias américains pour défendre sa cause. Dans une entrevue à CNN, il a d’ailleurs admis qu’il « fumait du crack de temps en temps   » alors qu’il avait dit jusqu’ici qu’il avait fumé du crack dans un état d’ébriété avancé.

5 commentaires
  • Claude Simard - Inscrit 19 novembre 2013 00 h 40

    Joyeuses fêtes ...

    Laissons-nous sagement, devant nos télés et journaux, savourer la fin de cette année en étant témoin en direct de l'autodestruction de cet homme véhiculant les valeurs conservatrices, avec un petit phantasme de voir les feux d'artifices se rendre a Ottawa et emporter ses amis dans sa chute. Si M Bernier pourrait aller à sa rescouse.

  • Denis Miron - Inscrit 19 novembre 2013 04 h 10

    Pour fumer du crack, mieux vaut être conservateur

    Le crack serait-il en voie de devenir légal sous le gouvernement Harper? Celui-ci a pourtant reproché au beau bonhomme Justin Trudeau d' avoir fumer du simple pot.
    Moral de l'histoire: pour aller contre les lois, mieux vaut être conservateur, et ainsi la loi et l'ordre seront mieux respectés.

  • Josette Allard - Inscrite 19 novembre 2013 05 h 55

    Loi et l'ordre

    Harper continue à donner son appuie à ce triste sire qui avoue avoir consommer des stupéfiants et avoir conduit sous l'influence de l'alcool. Il y a deux mille ans quelqu'un en avait traité d'autres de ce genre de sépulcres blanchis.

  • Christian Fleitz - Inscrit 19 novembre 2013 08 h 33

    Falstaff favori ?

    Admettons que M. Bob Ford ait le comportement que l'on nous explique : c'est une chose. Certes cette posture est étrange pour un homme ''en responsabilité'' qui devrait avoir une attitude exemplaire, compte-tenu de ses responsabilités. Il n'est pas paradoxal, non plus, de penser que de tels agissements personnels puissent légitimement faire douter de la cohérence de sa conduite à la tête de la ville la plus peuplée du Canada, voire de la validité de ses décisions en tant que premier magistrat urbain. Mais, le paradoxe le plus stupéfiant pourrait venir de l'appui que ce Falstaff semblerait conserver parmi une part importante des torontois. Il est vrai que la farce est le genre théâtral préféré du ''bon peuple'', les caricatures de comportements étant les plus faciles à comprendre et les plus hilarants, sans évoquer un mimétisme de comportement !

  • Benoît Gagnon - Inscrit 19 novembre 2013 12 h 13

    Mieux de l'autre bord

    À tous les Québécois qui ont un complexe d'infériorité par rapport au ROC, cette situation louphoque qui survient dans la capitale économique de la fausse-fédération canadienne parle d'elle-même.

    Il n'y a rien à ajouter.