Lourd défi pour Demers à Laval

Marc Demers, le chef du Mouvement lavallois, a été élu maire de Laval avec 41 % des voix.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Marc Demers, le chef du Mouvement lavallois, a été élu maire de Laval avec 41 % des voix.

Marc Demers a hérité du défi colossal de rétablir « l’intégrité, la transparence et la bonne gestion » à Laval. Sa principale tâche sera d’effacer les 25 ans de règne empoisonné de l’ex-maire Gilles Vaillancourt, tout en composant avec la présence d’un tuteur nommé par Québec.

 

M. Demers a été élu avec 44 % des voix (après le dépouillement de 719 des 729 bureaux de scrutin). Il a facilement devancé son plus proche rival, l’ex-député libéral Jean-Claude Gobé, qui est arrivé bon deuxième avec 24 % des suffrages.

 

« C’est la victoire de l’intégrité. Nous allons avoir un conseil intègre, transparent et efficace », a lancé le chef du Mouvement lavallois à plus de 200 partisans en liesse.

 

Tout indique que l’ère du règne sans partage est terminée à Laval. Le maire Demers devra affronter une opposition, de taille très modeste, au conseil municipal. Au moment de mettre sous presse, le Mouvement lavallois avait réussi à remporter 18 des 21 sièges au conseil, contre deux pour la formation de M. Gobé (Action Laval) et un indépendant. Les luttes étaient très chaudes dans deux districts qui échappaient au Mouvement lavallois (Saint-Vincent-de-Paul et Fabreville).

 

Robert Bordeleau, chef du Parti au service du citoyen (PSC), et Claire LeBel, chef d’Option Laval, n’avaient aucun espoir de voir un de leurs candidats se faufiler entre ces deux partis. Ils bataillaient loin derrière pour la troisième place. Mme LeBel récoltait 13 % des voix contre 11 % pour M. Bordeleau. Les résultats sont particulièrement décevants pour Robert Bordeleau, qui tentait de se faire élire pour la deuxième fois à la tête du PSC.

 

 

Merci à Lydia Aboulian

 

Dans son discours, M. Demers a salué l’élection du fondateur du Mouvement lavallois, David De Cotis, dans le district de Saint-Bruno. Il a également souligné la contribution de Lydia Aboulian, chef du Mouvement lavallois jusqu’à ce qu’elle lui cède la place, en juin dernier.

 

Mme Aboulian s’était présentée contre Gilles Vaillancourt en 2009 et avait récolté une deuxième place inespérée avec 23 % des voix. « Elle n’avait que 26 ans lorsqu’elle a décidé d’affronter la machine du PRO des Lavallois avec ses millions, a dit M. Demers. Thank you, Lydia. »

 

La vie politique lavalloise ne manque jamais de piquant. C’est dans un ancien garage de vente d’automobiles que le Mouvement lavallois a organisé sa soirée électorale, dans le quartier de Chomedey. L’atelier des « pièces » avait été reconverti en cantine pour l’occasion.

 

Marc Demers, un ancien candidat péquiste, et Jean-Claude Gobé, un ancien député libéral, disposaient des deux machines électorales les mieux rodées. Leurs armées de bénévoles respectives ont été les plus efficaces à « faire sortir » le vote dans une ville qui s’est désintéressée de la chose politique.

 

Les Lavallois ont répondu par l’indifférence aux multiples problèmes de corruption et de collusion laissés en héritage par l’ex-maire Gilles Vaillancourt.

 

Sur le terrain, les bénévoles ont pu constater le faible achalandage dans les bureaux de scrutin. Le taux de participation était de 29 % au moment de mettre cette édition sous presse, malgré la campagne menée par les quatre principaux candidats autour du thème très porteur de l’intégrité.

 

Le maire Demers est à court d’explications sur ce désarroi qui ne date pas d’hier. En 2009, à peine plus du tiers (36 %) des électeurs avaient reporté Gilles Vaillancourt au pouvoir. « Il y a des gens qui se sont sentis trahis par l’ancienne administration parce qu’ils avaient confiance. Il y a des gens désabusés. Il faut l’admettre et faire face à cette réalité. Ça va prendre un certain temps pour reconstruire cette confiance », a-t-il dit.

 

 

Cap sur l’intégrité

 

Le premier défi de M. Demers sera de ramener « l’intégrité, la transparence et la bonne gestion » à Laval. « Il faut redonner confiance à la machine municipale. Il faut qu’elle se remette à prendre des décisions. Il faut reconstruire l’ingénierie, le contentieux, la direction générale, les communications et l’urbanisme. Ça vous donne un petit résumé », a expliqué Marc Demers.

 

Le maire compte s’entretenir rapidement avec le tuteur, Florent Gagné. Selon sa compréhension, son élection transformera le rôle de M. Gagné de « tuteur » à « accompagnateur ». Il espère reprendre le plein contrôle de l’administration municipale en l’espace de « quelques semaines ».

 

La Ville de Laval a été mise en tutelle à la suite de la démission du maire par intérim Alexandre Duplessis sur un fond de scandale sexuel, en juin dernier. Il est resté en poste à peine huit mois à la suite de la démission de Gilles Vaillancourt, en novembre 2012. M. Gagné et son équipe doivent rester aux commandes pour une période de transition indéterminée après les élections.

 

 

5 commentaires
  • Pierre Villeneuve - Abonné 4 novembre 2013 09 h 12

    Élections municipales ou présidentielles?

    Le gouvernement municipal devrait être le niveau de gouvernement le plus près des citoyens. Dans les faits, ce niveau de gouvernement se comporte comme tous les autres niveaux de gouvernement lors d'élections. À Laval, ce fut un concours de popularité des chefs de partis avec des candidats poteau et programmes inexistants. La présence des candidats aux postes de conseillers devrait permettre un rapprochement avec les citoyens. Malheureusement, lors de cette dernière élection, ces candidats ont été totalement absents. Pas de rencontre de porte-à-porte, pas de priorité locale et surtout pas de discussion au niveau des quartiers. Puis, on se surprend du faible taux de participation. Si on ne donne pas d'importance aux citoyens, pourquoi ces derniers se déplaceraient-ils pour voter pour un poteau?

    • Luc Falardeau - Abonné 6 novembre 2013 12 h 40

      Programmes inexistants?... candidats totalement absents?...pas de porte-à-porte?... Les programmes étaient pourtant disponibles sur le web, mais la majorité des électeurs ne s'est pas donné la peine de les regarder... Plusieurs débats des chefs ont eu lieu, mais les médias importants n'ont rien rapporté au niveau des idées... Plusieurs candidats ont fait du porte-à-porte, mais les citoyens étaient absents...

      Malheureusement, les élections municipales ont lieues à la même date et les médias importants ne rapportent que ce qui concerne la métropole... et ne consacrent pas le temps suffisant à Laval qui a pourtant une population de 410000, soit le quart de la population de la ville de Montréal.

      Pour régler ce problème, pourquoi ne pas décaler les élections de la ville de Montreal, des élections des autres villes ?

  • Guy Lorrain - Inscrit 4 novembre 2013 09 h 44

    Lourd défi pour le maire Marc Demers

    C'est tout un défi qui attend le maire Marc Demers de Laval. Comme ancien policier, M. Demers en a vu d'autres. Je crois qu'il en est pleinement conscient, sauf que les grenouilleux sont,déjà, en pleines activités, par contre avec son flair de plolicier, tout ce beau monde devra se méfier. Marc Demers est brillant et déterminé, s'il a su mettre de petites pierres dans les souliers de Vaillancourt, il saura éviter les grosses roches des grenouilleux. Laval est en pleine expansion, sans en vouloir ralentir son progrès, le Maire Demers doit et devra agir avec prudence, éviter l'infiltration de certains, afin de ne pas se faire surprendre.

    Ayant vécu à Laval, dans les années 1970, au plus fort des années, du conseiller Lucien Paiement, devenu, maire par la suite, j'ai très bien connu les eus et coutumes des dirigeants lavallois. Laval est une ville ou il se brasse bien des affaires, bonnes et mauvaises, le Maire Marc Demers devra redoubler, tripler, voir même, quatrupler d'adresse pour éviter tout ces ecueuils. Sa tâche ne sera pas facile. Les lavallois et les lavalloises devront lui témoigner de la confiance qu'Ils ont mis sur ses épaules, lui rappeler que son flair de billant policier lui servira, pour quelques années encore, tout en étant maire de Laval.

    La meilleur des chances M. le maire, Marcn Demers.

    Guy Lorrain

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 novembre 2013 14 h 37

      Flair de policier?

      On l'a vu à Montréal: pour un policier, n'importe quel gars à cravate semble sentir meilleur qu'un jeune artiste...

    • Solange Bolduc - Inscrite 4 novembre 2013 20 h 14

      Je ne crois pas qu'il faille donner le bonDieu sans confession à Demers parce qu'il est ancien policier ! C'est trop facile, et même risqué!