Toronto - Le maire Rob Ford s’excuse et voit sa popularité grimper

Dimanche, lors de son émission de radio dominicale, le maire de Toronto a reconnu avoir commis des erreurs dans sa vie.
Photo: La Presse canadienne (photo) Mark Blinch Dimanche, lors de son émission de radio dominicale, le maire de Toronto a reconnu avoir commis des erreurs dans sa vie.

La figure du «mauvais gars» a visiblement toujours la cote à Toronto, où la popularité du maire Rob Ford est à la hausse, et ce, dans la foulée de l’annonce d’une saisie cette semaine d’une vidéo dans laquelle le premier magistrat de la ville serait vu en train de consommer du crack.

 

Au lendemain d’une conférence de presse au cours de laquelle le chef de police de la Ville Reine, Bill Blair, a clairement lié le controversé maire à la vidéo saisie sur un disque dur appartenant à un trafiquant de drogue, Rob Ford jouit d’un taux d’appui en hausse de 5 points de pourcentage, pour atteindre 44 %. C’est du moins ce qu’indiquent les données d’un sondage réalisé par l’agence Forum Research, spécialisée dans la mesure de l’opinion publique.

 

Le coup de sonde a été donné jeudi soir dernier dans un bassin de 1032 résidents de la grande région de Toronto, et ce, dans les heures qui ont suivi la tenue de cette conférence de presse : 98 % des répondants étaient au courant du lien que venait d’établir la police de Toronto avec la vidéo dont l’existence avait été évoquée la première fois en mai dernier.

 

« Ces données ont l’air d’être contre-intuitives, a résumé dans les pages du Toronto StarLorne Bozinoff, président de la firme de recherche. Or, au-delà de toute cette saga, la Ford Nation [nom donné aux fidèles du maire] est encore très soudée et très sympathique à Rob Ford. »

 

Des excuses

 

Dimanche, lors de son émission de radio dominicale sur les ondes de NewsTalk 1010,le maire de Toronto a une fois de plus maintenu qu’il n’avait pas l’intention de démissionner, tout en reconnaissant avoir commis des erreurs dans sa vie. « Je suis le seul à blâmer pour tout ça et j’en assume l’entière responsabilité, a-t-il lancé. J’ai fait des erreurs. Je m’excuse auprès de ma famille, des contribuables de cette ville et des conseillers municipaux. Je ne peux pas changer le passé, je ne peux qu’avancer vers l’avenir ». Et il a ajouté : « S’il y avait un bouton sur lequel je pourrais appuyer pour tout changer, je le ferais. »

 

Sans parler du contenu de la vidéo litigieuse, M. Ford a toutefois demandé au chef de police de divulguer le contenu de cet enregistrement afin de permettre aux Torontois de juger par eux-mêmes de sa teneur. « Peu importe ce que montre cette vidéo, les Torontois ont le droit de la voir, a-t-il indiqué. Voilà la bonne chose à faire. »

 

Jeudi dernier, Bill Blair, avait indiqué que la vidéo découverte allait être déposée en preuve dans une affaire d’extorsion impliquant Alessandro Lisi, un ami et chauffeur occasionnel du maire de Toronto. Selon M. Blair, c’est désormais à la justice de décider si le document doit être rendu public ou non.

 

En mai dernier, lorsque le Toronto Star ainsi que le site Web Gawker avaient, les premiers, évoqué l’existence de cet enregistrement, M. Ford avait clamé haut et fort ne jamais avoir consommé de crack tout en affirmant que la vidéo n’existait tout simplement pas. Le point de presse du chef de police cette semaine a relancé avec force la controverse tout en plaçant une énième fois le maire de Toronto sur le gril. D’ailleurs, samedi, l’élu a rencontré en privé le maire adjoint de la Ville Reine, Norm Kelly, qui lui a fait part des inquiétudes de plusieurs conseillers municipaux après les révélations de la police.

 

 

Avec La Presse canadienne