Fin de régime tendue à Sainte-Brigitte-de-Laval

Sainte-Brigitte-de-Laval — Le maire de Sainte-Brigitte-de-Laval, Gilbert Thomassin, a dû faire face à la colère de nombreux résidants lundi soir lors de la dernière séance du conseil municipal avant les élections.

 

« Monsieur, pourquoi vous ne respectez pas vos concitoyens ? », a lancé Didier Bonaventure à l’endroit du maire. M. Bonaventure et sa conjointe sont en conflit ouvert avec la Ville depuis qu’ils ont appris qu’elle projetait de laisser construire une station d’essence à côté de leur maison ancestrale. Ils réclament en vain qu’elle révise ses plans.

 

Même si aucun permis de construire n’a été octroyé, le maire a expliqué hier qu’il ne pouvait rien faire. « Je ne peux pas enlever des droits à ce citoyen. Le monsieur a des droits sur son terrain, a rétorqué M. Thomassin. Il nous a contactés avant que vous commenciez à vous objecter. »

 

Dans la salle de l’église paroissiale, une quarantaine de personnes exaspérées poussaient des soupirs de découragement tout le long de la période de questions.

 

Plus tôt, un autre résidant, Richard Émond, s’en est pris à l’indemnité de départ qui devait être approuvée pour le maire sortant. « Je trouve ça absolument aberrant, a-t-il dit. Je ne sais pas pourquoi vous adoptez ça juste avant les élections », a-t-il lancé sur un ton sarcastique.

 

Le maire, qui a fait trois mandats, ne se présentera pas aux prochaines élections. Or son départ annoncé ne semble pas calmer les ardeurs de ces citoyens, qui déplorent le manque de transparence de la Ville au complet. L’un d’eux est par ailleurs venu rappeler au micro que l’un des conseillers de l’équipe Thomassin, Francis Côté, devait se présenter aux élections du 3 novembre.

 

Boom résidentiel

 

Sainte-Brigitte a eu droit à son lot de tensions depuis quelques mois. Située aux premières loges de l’étalement urbain, la petite ville de quelque 6000 habitants fait face à un boom résidentiel sans précédent.

 

Alors que les travaux routiers se multiplient, le territoire est couvert de pancartes de promoteurs annonçant les nouveaux lotissements à venir.

 

Un parti politique a même été créé par des citoyens à la suite d’un problème de murs de soutien dans les nouveaux quartiers. Dirigé par Wanita Daniele, le parti se plaint en outre du manque de services municipaux donnés aux résidants.

 

En plus de ces tensions, la ville a fait l’objet d’une visite de l’Unité permanente anticorruption et son ancien directeur des travaux publics, Guillaume Côté, a été accusé d’abus de confiance. En février, il avait été congédié après avoir demandé à des cols bleus de la municipalité de faire des travaux chez lui durant leurs heures de travail.