Louisette Langlois - La dame de fer de Chandler

Louisette Langlois
Photo: Thierry Haroun Louisette Langlois

La mairesse de Chandler, Louisette Langlois, assume pleinement l’étiquette de « dame de fer de Chandler » que lui a déjà accolée un journal local. Elle concède qu’il n’est pas faux de dire d’elle, comme l’a laissé entendre son rival politique, « qu’elle suscite la controverse ». Sa première décision, une fois arrivée en poste, fut d’ailleurs d’implanter un code d’éthique pour « mettre fin à la corruption ».

 

Celle qui a passé 34 ans dans le secteur de la santé, surtout comme gestionnaire, est à l’Hôtel de Ville depuis 2009. Ses bureaux font face au chantier de démolition de l’ancienne usine de papier Gaspésia. En ce jour d’entretien avec Le Devoir, la brume couvre la municipalité de quelque 8000 habitants comme pour rappeler à la mairesse que ses dernières années à titre de première magistrate ont été difficiles, voire troubles.

 

Et le fait d’être une femme ajoute à la difficulté. « Avant d’être élue, j’ai été conseillère pendant quatre ans. Et déjà là, je sentais que le conseil municipal voulait me tasser parce que j’étais une femme ! Le maire d’alors refusait de me nommer mairesse suppléante. Mais je lui ai bien indiqué que je serais mairesse un jour ! C’est macho, le monde municipal », affirme Mme Langlois, native de Port-Daniel, qui avait décidé de se présenter à la mairie de Chandler « parce que je sentais que ma ville était en déclin ».

 

Sa première année au pouvoir n’a pas été de tout repos. « J’étais aux prises avec l’ancienne garde, les conseillers proches de l’ancien maire, qui ne voulait pas que je réussisse. Je les entendais dire : “On va la casser en dedans de quatre mois.” Mais j’ai résisté. J’avais un travail à faire pour redresser les finances de la ville. » La situation était si critique que le ministère des Affaires municipales avait laissé planer la menace d’une tutelle.

 

Des congédiements

 

À la fin de 2009, Chandler avait un manque à gagner de 1,2 million, entre autres en raison des contrecoups de la fermeture de l’usine Gaspésia une décennie plus tôt. En 2012, le budget de Chandler affichait un surplus de plus de 354 000 dollars. Des résultats qui s’expliquent notamment par un programme d’aide gouvernemental sur dix ans destiné aux municipalités monoindustrielles et un plan de compression de 700 000 dollars sur trois ans. « Après avoir passé à travers ça, l’ambiance s’est améliorée au conseil. »

 

Entre autres décisions difficiles, Louisette Langlois a procédé, avec l’appui du conseil municipal, au congédiement, à l’automne 2012, de la direction de la Société de développement économique et industriel de Chandler (SDEIC) et des membres du Fonds de diversification économique de Chandler (FDEC). Les mêmes personnes siégeaient aux deux organismes. « Nous l’avons fait à la recommandation de nos procureurs, qui nous demandaient d’ériger un mur de protection entre la SDEIC et la FDEC. »

 

Relance économique

 

La relance économique est érigée au rang des priorités de la mairesse. « On mise sur les technologies de l’information avec notre Technocentre, qu’on veut désormais étendre à l’ensemble de la Gaspésie. »

 

Elle note au passage le projet récréotouristique de 6,6 millions appelé Circuit des bâtisseurs : un musée à ciel ouvert sur l’histoire qui est traversé par un sentier pédestre et cyclable, dont le point d’accueil est un atelier d’art. C’est sans parler des croisières internationales et du secteur éolien. « C’est par la diversification économique que nous allons réussir », note la mairesse Langlois, qui se promet de marteler ce message tout au long de la campagne électorale.

 

Son principal rival, Luc Legresley, un ancien conseiller municipal, a déclaré au Devoir être « toujours en réflexion », admettant que Mme Langlois « est une femme qui n’a pas froid aux yeux». « Mais elle suscite la controverse. Elle est coriace et sera dure à battre.»

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