Le maire de L’Ancienne-Lorette sollicite un huitième mandat

Le doyen des élus de la grande région de Québec a confirmé jeudi qu’il sera candidat aux élections municipales de cet automne. La première victoire d’Émile Loranger à la mairie de L’Ancienne-Lorette remonte à 1983. Il en sera donc à son huitième mandat.

 

« J’ai toujours considéré que la ville de L’Ancienne-Lorette était une ville qui m’était prêtée. Les véritables propriétaires sont la population qui la compose », a dit le maire sur un ton solennel lors de l’annonce.

 

Pour justifier sa décision, il a dit qu’il y avait « dans la vie des événements marquants » et qu’un grave accident survenu en mars l’avait transformé.

 

« J’ai envie de faire le maximum du temps qui me reste, a dit le politicien de 67 ans. J’ai retrouvé la même énergie, le même goût de faire que quand je me suis présenté à la mairie en 1983. »

 

Combat juridique

 

Son principal objectif est de poursuivre son combat juridique contre la Ville de Québec pour le partage de la quote-part. M. Loranger plaide que, depuis la défusion, L’Ancienne-Lorette aurait payé 10 millions de dollars en trop à l’agglomération. Au dire de M. Loranger, la cause ne sera pas entendue devant les tribunaux avant «le milieu de 2014».

 

S’il convainc le juge, le maire de la ville défusionnée a l’intention de rembourser les citoyens qui ont subi cette année une hausse de taxes moyenne de 600 $. Lors de l’annonce, il était entouré des six conseillers municipaux de la ville de 18 000 habitants. Tous appartiennent à son équipe.

 

La population partagée

 

Dans la rue, la nouvelle semblait faire autant d’heureux que de mécontents. « À un moment donné, il faut que ça change », croit Marie-Claude Nadeau, qui réside dans la ville depuis 20 ans. Or, dit-elle, « les gens ne s’occupent pas de la municipalité. C’est une minorité qui vont voter ».

 

Guy Lavoie ne réside pas dans la ville même, mais tout près. « Moi, je l’aime bien [M. Loranger]. Je travaille à la quincaillerie. C’est un client très gentil, une bonne personne. Je pense qu’il fait un bon travail. »

 

Marcel Gagnon, lui, pense que « c’est assez ». « Il a été aimé comme maire, c’est sûr, mais du sang neuf, ça ferait du bien. » Or, pour Andréanne, une jeune mère qui réside dans le centre-ville, « Émile a l’expertise puis les connaissances », puis il fait « partie de l’histoire de L’Ancienne-Lorette ». Quand même, elle se réjouit de voir plus d’opposition cette année.

 

Une opposition divisée

 

Émile Loranger fait face à trois adversaires. Le plus connu est le comptable Alain Fortin, qui a dénoncé haut et fort la gestion déficiente de la Ville et son manque de transparence ces dernières années. La cause qu’il a portée jusque devant les tribunaux doit bientôt être entendue. Or, le Regroupement des payeurs de taxes qu’il avait créé s’est scindé ces derniers mois.

 

Les anciens alliés de Fortin ont créé le parti Le Renouveau lorettain, dirigé par Yvan Dussault, un haut fonctionnaire à la retraite. Ce parti a déjà dévoilé ses candidats dans les six districts. Le dernier candidat, et le plus jeune, est Steve Martineau, un gestionnaire adepte de la méthode Toyota qui se présente comme indépendant.

 

Aucun d’entre eux n’était surpris de la décision de M. Loranger. M. Martineau lui reproche d’avoir tardé à l’annoncer et estime que c’est peu respectueux envers la démocratie. Lui-même a fait connaître ses intentions avant Noël.

 

Alain Fortin, lui, croit qu’on ne mesure pas encore à quel point la Ville a été mal gérée pendant les années Loranger. « Black-out financier, 33 % d’augmentation de taxes, 75 millions de dollars de dettes, 500 000 $ de frais d’avocats […] puis des inondations. »

 

Quant à Yvan Dussault, il estime que le maire sortant a fait son temps. « On a de multiples exemples en politique municipale que la durée n’est pas garante ni de la qualité ni du respect de la démocratie. »

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