L’équipe panquébécoise de la mairesse

La moitié des 72 wagons calcinés a été retirée du périmètre à ce jour afin qu’on puisse les décontaminer et les détruire. 
Photo: La Presse canadienne (photo) ?Ryan Remiorz La moitié des 72 wagons calcinés a été retirée du périmètre à ce jour afin qu’on puisse les décontaminer et les détruire. 

La moitié des 72 wagons calcinés a été retirée du périmètre à ce jour afin qu’on puisse les décontaminer et les détruire.

Des municipalités des quatre coins du Québec ont prêté du personnel à la Ville de Lac-Mégantic ces derniers jours. C’est le cas du porte-parole de la mairesse Colette Roy-Laroche, François Moisan, qui l’a trimballée toute la semaine dans un véhicule… de la Ville de Québec.

 

Après quatre jours aux côtés de la mairesse, il dit avoir vécu l’une des expériences les plus fébriles de son parcours professionnel. « On ne vit pas ça cinq fois dans une carrière. C’est une expérience humaine et professionnelle hors du commun », a-t-il raconté.

 

En plus d’accompagner une mairesse adulée, lui-même se faisait remercier partout où il se rendait en ville pendant son séjour. « Je suis avec elle 18 heures sur 24. Je suis son chauffeur, son conseiller, son attaché de presse. »

 

Le communicateur, qui cumule plus de 15 ans d’expérience, a travaillé sous les administrations de Jean-Paul L’Allier, Andrée Boucher, puis Régis Labeaume. Il en a vu d’autres avec les ratés du vote électronique aux élections de 2005 et le dossier de l’amphithéâtre. Mais cette fois-ci, c’est particulier.

 

« Ça a été un feu roulant comme j’en ai rarement connus », dit-il en parlant de la journée de mercredi. C’est que le protocole prend beaucoup de place à Mégantic ces jours-ci. En plus de la ministre Lisa Raitt, la mairesse a reçu un sénateur et des gens d’affaires du Maine, une délégation de l’Union des municipalités du Québec et l’équipe de la ministre de la Famille Nicole Léger.

 

M. Moisan souligne la complexité de la tâche, mais surtout le plaisir d’avoir pu travailler avec Mme Roy-Laroche. « C’est épouvantable comment elle est forte. Ce matin, je lui disais qu’au bout de quatre jours, ma voix commençait à être fatiguée, mais je ne commencerai pas à me plaindre, parce qu’elle est à côté de moi, puis elle est droite comme une barre. »

 

De 60 à 160 employés

 

Le porte-parole devait partir jeudi soir et être remplacé par un autre employé du service des communications de Québec. La première semaine, on avait dépêché sur place un de ses collègues, Jacques Perron.

 

« Je dois avouer que quand j’ai su que Jacques Perron était [à Lac-Mégantic], j’étais un peu jaloux. C’est des situations extra exceptionnelles dans notre métier. Quand ils m’ont appelé pour prendre la relève, j’ai fait semblant de vérifier auprès de ma blonde, mais ma réponse était déjà prête. »

 

Si la contribution de la Ville de Québec est plus visible, plusieurs autres villes jouent des rôles clés aux incendies, à la sécurité publique et même au développement économique. Cela a fait passer l’équipe de la Ville d’une soixantaine d’employés à 100 de plus.

 

Sherbrooke, qui est la plus grosse ville de la région voisine, a été présente dès le début. Puis Saint-Georges de Beauce, Trois-Rivières, Sherbrooke et beaucoup d’autres ont emboîté le pas. « Lac-Mégantic, c’est comme un petit Québec présentement, explique M. Moisan. Il y a du monde de partout pour aider », dit-il.

 

La mairesse Roy-Laroche se rappelle que « les gens de Sherbrooke sont arrivés immédiatement avec le service des pompiers et la sécurité civile ». Or, aujourd’hui, il y en a tellement qu’elle n’ose pas les nommer de peur d’en oublier. Et quand ils partiront ? « Oui, [on va s’ennuyer]. On s’attache à ces gens-là. »

 

Nouveau bilan

 

Quel que soit l’endroit, les volontaires ne semblent pas difficiles à trouver à Lac-Mégantic. Jeudi, l’inspecteur de la SQ, Michel Forget, expliquait que tous ses hommes souhaitaient continuer à nettoyer le site du désastre. Et ce, malgré les conditions très rudes auxquelles ils font face. « Tout ce qu’on a, c’est des gars passionnés qui veulent continuer. »

 

Une équipe psychosociale a quand même rencontré tout le monde pour diagnostiquer d’éventuels syndromes post-traumatiques. Or, d’après M. Forget, ils n’en ont pas trouvé.

 

La moitié des 72 wagons calcinés a été retirée du périmètre jeudi afin qu’on puisse les décontaminer et les détruire. Les équipes sur place ont également extirpé quatre nouvelles victimes des décombres, ce qui porte leur nombre à 42 sur la cinquantaine de disparus. De son côté, le bureau du coroner a identifié deux autres personnes parmi les corps. Pour l’instant, l’identité de 19 défunts a été confirmée.

1 commentaire
  • André Lefebvre - Inscrit 19 juillet 2013 09 h 16

    La ferraille

    Est-ce MMA qui reçoit le chèque de ceux qui ramassent la ferraille?

    André Lefebvre