Québec favorable à ce que les élus siègent deux ans de plus

Sylvain Gaudreault
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Sylvain Gaudreault

Le gouvernement a l’intention de déposer un projet de loi pour prolonger de deux ans le mandat des élus municipaux de Lac-Mégantic.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a expliqué que le Conseil des ministres a accepté cette demande, formulée plus tôt cette semaine. M. Gaudreault a affirmé que la situation de la municipalité éprouvée par une tragédie ferroviaire ne se prête pas à la tenue d’élections, qui sont prévues cet automne dans toutes les villes du Québec.

 

En fin de semaine dernière, la mairesse Colette Roy-Laroche avait déclaré que le conseil municipal réclamait à l’unanimité un report des élections du 3 novembre, en raison de l’explosion d’un convoi de wagons-citernes remplis de pétrole qui a détruit le centre-ville de la municipalité.

 

En sortant du Conseil des ministres mercredi, M. Gaudreault a affirmé qu’un changement à la loi sera nécessaire pour répondre à cette demande.

 

Sans présumer d’une décision de l’Assemblée nationale, le ministre a dit avoir bon espoir de pouvoir procéder rapidement après la rentrée parlementaire, le 17 septembre, grâce à l’appui des partis de l’opposition. « Je ne peux pas présumer de la décision de l’Assemblée nationale, mais nous souhaitons évidemment dès la rentrée parlementaire déposer un projet de loi et, si l’Assemblée nationale veut s’en saisir, évidemment, et l’adopter, on pourra répondre favorablement à la demande de la municipalité de Lac-Mégantic et de la MRC », a-t-il dit.

 

Inondations de 1996

 

Selon M. Gaudreault, ce report donnera à la municipalité le temps de se ressaisir avant un déclenchement d’élections. « La campagne électorale serait déclenchée le 18 septembre, a dit le ministre. C’est demain matin, le 18 septembre. Ce ne sera pas le temps de mettre des pancartes sur les poteaux et de serrer des mains alors que le centre-ville est complètement à terre. On va donner une chance à la municipalité. »

 

En 2015, des élections pourraient se tenir à Lac-Mégantic, mais les élus n’obtiendraient qu’un mandat de deux ans de manière à garder le synchronisme avec l’ensemble des autres municipalités québécoises.

 

Cette exception n’est pas sans précédent, a expliqué le ministre Gaudreault, rappelant que la municipalité de La Baie, au Saguenay, avait obtenu la même chose après les importantes inondations de 1996.

 

En ce qui concerne la possibilité de lancer une enquête publique sur la tragédie ferroviaire, M. Gaudreault a répété que le gouvernement a d’autres priorités. « Pour l’instant, il y a deux enquêtes en cours, à la Sûreté du Québec et au Bureau de la sécurité dans les transports ; on va prendre une étape à la fois, a-t-il dit. Pour l’instant, il y a encore des mesures d’urgence qui doivent être prises immédiatement pour la municipalité de Lac-Mégantic. »

 

Des inquiétudes légitimes

 

Plus tôt, le ministre des Relations internationales et responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, a affirmé que les municipalités du Québec ont des inquiétudes légitimes en ce qui concerne le transport ferroviaire à la suite du déraillement et de l’explosion du convoi de wagons-citernes à Lac-Mégantic. M. Lisée a notamment évoqué le problème de l’inspection des voies ferrées, dans le contexte où le transport par rail s’est intensifié ces dernières années. « Les municipalités ont raison de se trouver inquiètes de la qualité des infrastructures », a-t-il dit.

 

Selon le ministre, la tragédie québécoise a soulevé des craintes partout en Amérique du Nord, où les convois circulent comme au Québec à travers des zones résidentielles en transportant parfois des matières dangereuses. « Cette tragédie de Lac-Mégantic a peut-être derrière elle cette possibilité de faire en sorte d’éviter de nouvelles tragédies semblables ailleurs en Amérique du Nord, en particulier, et peut-être ailleurs, a-t-il dit. Je pense que les enseignements qu’on va tirer ici vont être très importants pour sauver des vies ailleurs. »

4 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 18 juillet 2013 08 h 21

    Si la loi n'est pas adoptée...

    il suffirait que personne ne se présente contre les élus actuels, qui seraient réélus par acclamation. Et ils pourraient tous démissionner dans deux ans.

  • Carole Dionne - Inscrite 18 juillet 2013 09 h 45

    Le misnistre Gaudreault

    Est un des meilleurs, sinon le meilleur, des minsitres péquistes. Et il est très jeûne mais toujours de bon ton, bon jugement, ne parle pas pour rien dire. On ne le prend pas en défault. Travaille très bien ses dossiers. Il faut rendre à César ce qui appartient à César.

    Et ce de la part d'une libérale.

    • Pierre Labelle - Inscrit 18 juillet 2013 11 h 21

      Ce commentaire de par son impartialité vous honore madame. Dommage que des gens comme vous n'existent pas en plus grand nombre. Dans un autre quotidien du matin, quotidien qui recherche sans cesse le sensationnalisme, il y a un certain nombre de personnes qui pour eux, tout ce qui arrive est la faute du gouvernement Marois. Bien sûr ces personnes émettent leur commentaires sous des pseudonymes tel que: mécanicien, crochetDroit, JB49 etc.... Ils insultent ceux qui se permettent de différer d'opinion avec eux. Ici, au Devoir, les gens de toutes tendances politique, s'expriment dans le respect des autres. La démocratie c'est cela.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 18 juillet 2013 12 h 13

    À en juger

    À en juger par sa gestion de la crise actuelle, la mairesse actuelle est la personne la mieux placée pour occuper ce poste.