Rimouski - Pas de visa pour les pros du scrabble venant de l’Afrique

Les Championnats du monde de scrabble francophone se déroulent cette année à Rimouski
Photo: Agence France-Presse (photo) Alain Jocard Les Championnats du monde de scrabble francophone se déroulent cette année à Rimouski

Québec — Les organisateurs des Championnats du monde de scrabble de Rimouski sont inquiets pour leurs concurrents africains. À moins de deux jours de l’événement, au moins une quinzaine de joueurs attendent toujours leur visa.


L’événement qui débute samedi réunit les meilleurs joueurs de Scrabble du monde francophone, dont le champion en titre, le Suisse David Bovet.


La présidente du comité organisateur, Michèle Gingras, est d’autant plus étonnée des résistances d’Immigration Canada que celles-ci concernent notamment le Sénégal.


Lors des derniers Championnats à Québec en 2007, la vingtaine de joueurs sénégalais n’avaient pourtant eu « aucun problème », dit-elle. « Les Sénégalais viennent depuis 1984 et ils n’ont jamais eu de problèmes de visa », rappelle-t-elle.


Sur les dix demandes en provenance de ce pays, seulement trois ont été acceptées, et celles des jeunes ont été systématiquement refusées, note-t-elle. Outre les Sénégalais, huit Togolais se sont aussi fait dire non.


Pour justifier son refus, Immigration Canada plaide que ces personnes n’ont pas donné l’assurance qu’elles avaient les moyens financiers nécessaires pour venir. On craint aussi qu’elles cherchent à rester au Canada après la compétition.


Les organisateurs des Championnats cherchent toujours une solution avec l’aide du bureau du député néodémocrate Guy Caron, a précisé Mme Gingras. On espère aussi faire débloquer les dossiers de neuf Gabonais dont les demandes ne se seraient pas rendues à temps.


Grève des diplomates


Chez Immigration Canada, on dit ne pas pouvoir commenter de cas particuliers. « Chaque demande de visa est examinée individuellement », a souligné la porte-parole Nancy Caron.


« C’est sûr que, quand on veut venir au Canada, il faut respecter les critères d’admissibilité. On va voir si la personne a déjà voyagé ou non, quelle est sa situation financière… », poursuit-elle.


Quant à savoir si la grève des diplomates canadiens a pu empirer les choses, Mme Gingras pense que « ça n’a peut-être pas aidé ». Ottawa souligne de son côté que le ministère « a recruté du personnel temporaire supplémentaire pour aider au traitement des visas à l’étranger ».


Le scrabble fait l’objet d’un engouement particulier en Afrique, et tout particulièrement au Sénégal. Lors de la tenue des Championnats à Dakar en 2008, le président de la Fédération internationale avait même déclaré que l’avenir du jeu se trouvait sur le continent africain. « Il y a une vraie pépinière de joueurs qualitativement et quantitativement », avait-il alors déclaré au Devoir.

3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 12 juillet 2013 08 h 02

    Le test

    Voilà ce que ça donne de trop bien réussir son test de français.

  • Marc Provencher - Inscrit 12 juillet 2013 09 h 07

    Vissons versa

    Ça serait amusant, lors de la prochaine épreuve de scrabble qui se tiendra à Dakar, d'empêcher les joueurs canadiens d'entrer au Sénégal : car sait-on jamais, ils POURRAIENT commettre une infraction dans le futur.

  • Bernard Terreault - Abonné 13 juillet 2013 08 h 14

    Une seule planète

    Dans ce monde mondialisé où les nationalismes sont devenus supposément désuets, où les frontières sont prétendûment abolies, où le blanchiment de milliards de dollars s'effectue d'un clic de souris, où les nouveaux riches peuvent se payer une fin de semaine de golf à Dunbaï ou un party à Rome chez Berlusconi sans problème de visa et sans embêtement bureaucratique, les joueurs de scrabble francophones et africains sont suspects. C'est vrai que c'est un luxe inutile pour un pays pauvre, ils feraient mieux de nourrir les enfants des bidonvilles de Douala et de Conakry.