Saint-Bruno-de-Montarville - Un conseil municipal sous tension

Le maire Claude Benjamin a été questionné lundi soir par des citoyens. L’un d’eux a été expulsé.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le maire Claude Benjamin a été questionné lundi soir par des citoyens. L’un d’eux a été expulsé.

Saint-Bruno-de-Montarville — Plusieurs dizaines de citoyens, plusieurs journalistes, ainsi que le chef, non élu, du parti d’opposition n’ont pu assister au conseil municipal de Saint-Bruno-de-Montarville lundi soir.

Les deux policiers de la Ville de Longueuil chargés de surveiller les entrées ont expliqué avoir reçu l’ordre de s’assurer que l’assistance ne dépasserait pas le nombre de personnes maximal autorisé par les pompiers, soit 94 personnes.


Pour Martin Murray, chef du Parti montarvillois, qui constitue l’opposition municipale et dont une élue siège au conseil municipal, c’est une surprise. Ce dernier se souvient de séances ayant largement dépassé la capacité maximale de la salle, qui semblait avoir été ignorée jusque-là.


«Ils ont paqueté la salle, estimait pour sa part Michel Desgagné, qui s’est présenté comme un habitué des séances du conseil. Ils ont ouvert les portes à 18 h 20 plutôt qu’à 18 h 45 d’habitude, et une vingtaine de personnes inconnues attendaient déjà», a ajouté André Émard.


M. Émard s’est présenté comme « le héros involontaire » de la vidéo YouTube qui a rendu la commune, et son maire, M. Claude Benjamin, célèbre. Postée le 2 janvier 2013 par le média communautaire 99 % Média, la vidéo a depuis été vue plus de 115 000 fois. Durant les quinze minutes que dure le court documentaire, on peut y voir plusieurs citoyens, qui posent des questions ou invectivent le maire, être évacués par la police, présente à chaque séance du conseil depuis un an.

 

Présence policière


Lundi soir, une personne qui refusait de quitter le micro lors de la période de questions a été raccompagnée à sa place par la police. Pour Martin Murray, la présence de la police est « symptomatique de la façon de gouverner de personnes qui pratiquent une démocratie d’un autre siècle ».


Pour Marilou Alarie, porte-parole du Regroupement de citoyens pour la sauvegarde de la forêt aux Hirondelles, les trois minutes de question par citoyen sont les seuls espaces de dialogue disponibles pour s’adresser au conseil municipal. Certains en profitent pour dépasser leur temps de parole et présenter leurs arguments, ce qui aurait pour don d’irriter les élus.


La forêt aux Hirondelles est une zone boisée, adjacente au parc du Mont-Saint-Bruno où la municipalité espère développer un projet immobilier haut de gamme en partenariat avec la société immobilière du sénateur libéral Paul J Massicotte. « Le maire avait promis une consultation publique qui n’a jamais eu lieu. Alors, depuis deux ans, nous occupons la période de questions, car c’est notre seul espace de parole », poursuit Mme Alarie, actuellement poursuivi par la Ville pour diffamation pour une somme de 50 000 $.


Le ministère de l’Environnement n’a pas encore donné suite à la demande de permis de construire de la mairie, car plusieurs espèces vulnérables ainsi qu’une espèce menacée ont effectivement été découvertes sur le site.

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Ce texte a été modifié après publication.

 

2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 22 janvier 2013 09 h 42

    Là, ça devient hénaurme.

    Le MAMROT devrait enquêter.

  • Emmanuel Denis - Inscrit 22 janvier 2013 16 h 31

    En 2013, la transparence doit se faire via Internet

    En 2013, la transparence ne se limite plus à la disponibilité de l'information, mais doit servir à l'accessibilité de l'information chez l'ensemble des citoyens québécois... La transparence ne peut plus se limiter à une chasse-gardée réservée au vérificateur général et aux politiciens du parti politique au pouvoir !

    Lorsqu'une journaliste de Radio-Canada avait demandé au ministre de l'enseignement supérieur pourquoi la gestion des universités ne se pratiquait pas à «livre ouvert», le ministre lui avait répondu que le vérificateur avait accès aux dépenses et aux octrois de contrat consentis par les recteurs. Le problème est là: l'accès à l'information est réservée à une poignée de professionnels, soit le vérificateur général et les politiciens au pouvoir...

    Aujourd'hui, puisque la majorité des Québécois sont abonnés à Internet et que Internet est devenu la norme en terme de recherche d'information, pourquoi n'existe-t-il pas de site Internet public où les salaires, les dépenses, les détails des octrois de contrat et les investissements du gouvernement québécois et des municipalités québécoises seraient dévoilés au «Grand public» ?