Saint-Bruno-de-Montarville - Le maire Benjamin encore pris à partie

Le maire Claude Benjamin fait l’objet de vives critiques de citoyens depuis plus d’un an.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le maire Claude Benjamin fait l’objet de vives critiques de citoyens depuis plus d’un an.

À Saint-Bruno-de-Montarville, il n’y a pas que les séances du conseil municipal qui se font sous la surveillance des policiers. Il y a aussi la réception annuelle du maire, qui a eu lieu dimanche.

La réception est surtout l’occasion pour le maire Claude Benjamin de souhaiter la bienvenue aux nouveaux résidants de cette municipalité de la Rive-Sud de Montréal. L’événement est public et a lieu tous les ans. Une vingtaine de membres du Regroupement de citoyens pour la sauvegarde de la forêt des Hirondelles (RCSFH) ont fait irruption dans la salle municipale, selon leur porte-parole, Marilou Alarie. Le but était de prendre à partie le maire et surtout d’expliquer leurs points de vue aux personnes qui viennent d’emménager à Saint-Bruno. « Je veux que les gens sachent comment ça se passe à Saint-Bruno », explique Mme Alarie. Le tout s’est déroulé calmement mais sous l’oeil de trois agents du Service de police de l’agglomération de Longueuil, selon Mme Alarie. L’année dernière, une quarantaine de manifestants avaient bruyamment fait leur entrée dans la salle de réception, avec des pancartes critiquant le maire. Ils avaient assisté à la réception, toujours sous l’oeil des policiers.


Ces citoyens mécontents font surtout partie du RCSFH, un collectif qui dénonce depuis plusieurs mois un projet immobilier voulu par la ville. Le RCSFH s’oppose à un projet de développement domiciliaire dans une section de forêt en bordure du parc national du Mont Saint-Bruno. Pour ses défenseurs, cette forêt devrait plutôt faire partie du parc. Ces derniers attendent une décision du ministère de l’Environnement du Québec.


En attendant celle-ci, les citoyens faisant partie du RCSFH sont à couteaux tirés avec le maire Claude Benjamin. Les membres du RCSFH prennent régulièrement à partie le maire lors de la période des questions de la séance du conseil municipal. Le ton monte parfois. « Il y a énormément de frustration, car on n’arrive pas à obtenir les réponses », explique Mme Alarie.


Il y a un an, M. Benjamin avait demandé que des policiers soient présents lors des séances du conseil municipal. Mais les membres du RCSFH dénoncent cette présence policière, affirmant qu’elle sert à étouffer l’opposition.


Vidéo en ligne


Une vidéo dénonçant cette présence a notamment été mise en ligne sur YouTube, la semaine dernière. Intitulée « Sécurité publique ou contrôle politique ? », la vidéo montre des séances du conseil où le ton monte entre les citoyens et le maire lors de la période des questions. Les citoyens parlant au micro sont mécontents des réponses du maire et refusent de céder la parole. À plusieurs reprises, le maire ordonne aux policiers présents d’escorter des participants à l’extérieur. La vidéo a été visionnée plus de 97 000 fois depuis mercredi dernier. « L’ambiance n’est pas du tout agréable lors des séances », explique Mme Alarie.


Le maire de Saint-Bruno, Claude Benjamin, avait indiqué que la vidéo n’était qu’un montage et que les séances du conseil se déroulaient généralement dans le calme. Selon lui, Saint-Bruno n’est pas la seule ville à demander une présence policière lors des séances du conseil. La ville de Saint-Bruno n’a pas rappelé Le Devoir, dimanche.

2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 7 janvier 2013 09 h 47

    Présence ou action des policiers

    Si on a peur que la séance dégénère, la présence de policiers peut s'expliquer? Mais en vertu de quelle loi un maire peut-il demander l'expulsion des participants d'une séance publique? À moins que la police s'intéresse plus à l'ordre qu'à la loi.

  • Eric Smith - Inscrit 7 janvier 2013 12 h 50

    Pas tout a fait

    Je ne crois pas que ce reportage soit vraiment correct. Il n'y a pas eu d'irruption. Les gens devraient savoir que c'est une oppoprtunité (une très rare) pour ceux ci de croiser leur conseillers qui sont rarement disponible. C'est aussi une chance de rencontrer et de remercier la seule conseillère qui le courage de dire au maire qu'il devrait écouter ses concitoyens, et ce, peu importe le dossier.

    Moi, je teins à signaler au maire que je commence a en avoir ras le pompom de ses lettres partisanes, envoyées avec mes taxes pour salir des gens que je crois honnête. J'ai toujours cru qu'un maire pouvait rallier les gens autour de lui. A voir le spectacle des voeux du maire, j'ai vu un homme plutot effacé, hautain et agacé par la vie politique. Il n'a pas choisi le bon job je crois. Certains de ses conseillers feraient beaucoup mieux que lui. Par ailleurs Bahador, je crois que vous connaissez bien les dossiers municipaux mais vous n'offrez qu'une image polarisée de la situation à St-Bruno.

    Je ne peux pas dire que je sois un champion des boisées et des plantes protégées, je crois que le débat va plus loin que ca, que notre maire tiens mordicus au développement sans frein. Pour moi, peu importe ou je suis au Québec, un développement à flanc de montagne est inacceptable, pas la peine de répéter le passé Sommes nous pas en 2013.

    Non, dans mon cas, je ne peux simplement plus suivre les démarches de ce maire, je ne le comprends pas, je ne m'identifie pas à lui, à sa méthode. A partir de maintenant, j'écoute tous ceux qui voudrons le remplacer en 2014, ma décision est prise. M Benjamin ne comprend pas l'ADN de la ville de St-Bruno... si seulement M Dulude etait encore ici...