L’UPAC arrête trois personnes dont le maire de Saint-Rémi

Le maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, en 2003.<br />
Photo: Archives Le Devoir Le maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, en 2003.

Le monde municipal continue d’être secoué. Ce vendredi matin, l’escouade Marteau de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé à trois arrestations dont le maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, pour abus de confiance, fraude et complot.

L’UPAC a confirmé que M. Lavoie, son fils Sébastien Lavoie ainsi que l’entrepreneur Dominic Dorais ont été amenés au quartier général de la Sûreté du Québec (SQ) pour y être interrogés. Au total, les trois hommes font face à 17 chefs d’accusation. Leur comparution est prévue le 8 mars prochain.
 
Comme le révélait Le Devoir en octobre 2010, le maire de la petite ville de Saint-Rémi, en Montérégie, aurait profité de ses fonctions de maire pour favoriser son entourage dans le développement de certains projets. Deux dossiers soulevaient alors des doutes : la construction d’une résidence pour personnes âgées sur le territoire de la municipalité et la construction de la caserne de pompiers de Saint-Rémi.
 
Joint à l’époque, M. Lavoie avait affirmé ne pas avoir besoin de la fonction de maire « pour brasser des affaires ». L’enquête policière enclenchée en 2010 démontrait pourtant un réseau d’influence clair.
 
Marteau avait fait une série de perquisitions notamment à la résidence du maire Lavoie, à l’hôtel de ville de Saint-Rémi et dans les bureaux de Développement B & L.
 
Tentative de corruption

C’est cette entreprise appartenant à Yvon Boyer qui a réalisé le projet de résidence pour personnes âgées. M. Boyer a été accusé au printemps 2010 de tentative de corruption d’un fonctionnaire de la Ville de Québec pour un projet de condos. De plus, M. Boyer est un ancien partenaire d’affaire de l’entrepreneur Tony Accurso. En, 2007, il était vice-président de Construction Marton.
 
À Saint-Rémi, il aurait acheté un terrain appartenant à Dominic Dorais, qui a plusieurs entreprises dont l’une est partenaire d’affaires avec le maire Lavoie (compagnie à numéro). Le projet a nécessité des modifications de zonage obtenues sans problème.
 
M. Boyer a embauché une conseillère municipale comme représentante commerciale, le fils de celle-ci pour faire l’excavation du terrain, qui a par ailleurs confié le transport des débris à l’entreprise du maire Lavoie. De plus, la conjointe du maire a loué à M. Boyer les locaux nécessaires pour son bureau des ventes.
 
La construction en 2008 de la caserne de pompiers de Saint-Rémi est également visée dans ce dossier présumé de fraude. Le maire Lavoie a demandé que soit lancé l’appel d’offres pour cet important projet « la veille des vacances de la construction » pour une durée de seulement une semaine, ce qui est « nettement contraire » à la façon de faire habituelle, peut-on lire dans les documents officiels de perquisitions déposés au palais de justice. Deux soumissions ont été reçues. Construction Dorais a remporté le contrat bien qu’il ait été 300 000 $ plus élevé que l’estimation municipale.
 
En plus de ses fonctions de maire qu’il occupe depuis 2005 (en plus d’une première période entre 1992 et 2000), Michel Lavoie est préfet de la MRC les Jardins-de-Napierville. Les contrats de transport des déchets de la collecte sélective de dix des onze municipalités qui composent la MRC, bénéficient à M. Lavoie qui dirige l’entreprise Transport M. J. Lavoie. En 2010, M. Lavoie avait déclaré au Devoir que la situation ne soulevait aucun problème d’intégrité puisque son intérêt était connu et qu’il ne prenait jamais part aux discussions entourant l’octroi de ces contrats.
 
En 2003, Michel Lavoie a tenté de se faire élire sur la scène provinciale sous la bannière de l’Action démocratique du Québec. Il a dû se contenter d’une troisième place dans la circonscription de Huntingdon.
5 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 14 décembre 2012 10 h 23

    Wops

    Un autre maire en danger d'extinction. Nous sommes à court de maires intègres, au Québec.

    Si les autres provinces fouillaient dans leurs villes, ils trouveraient certainement la même sorte de...profiteurs aux dépens de leurs contribuables.

    L’occasion fait le...

    Difficile pour un édile de refuser les enveloppes de toutes les couleurs, plus ou moins pleines de grosses coupures.

  • France Marcotte - Inscrite 14 décembre 2012 16 h 53

    Maires et mairesses

    J'ai lu une fois que plusieurs femmes se faisaient mairesses au Québec.

    Curieux, elles doivent être efficaces, on n'entend jamais parler d'elles.

  • Anne-Marie Allaire - Abonnée 14 décembre 2012 18 h 27

    La ou Le

    A écouter le téléjournal de radio-canada ce soir, il est presque certain que La greffe a pris entre la direction générale de St-Rémi et son maire. Dommage que Le greffe n'ait rien vu. Ainsi va la corruption au Québec, tout est question de genre...

  • Guy Desjardins - Inscrit 14 décembre 2012 18 h 30

    OUAIS!!!

    Un autre Maire dans l'eau chaude. Une belle façon de passer de belles Fêtes et finir l'année en queue de poisson, vis à vis ses proches, concitoyens et amis(es). Toujours fini par se savoir. Il faudrait y penser. Si, les allégations se confirment, ils auront couru après et devront se soustraire à plus jamais à la politique et payer pour. Le peuple en a marre de ces opportunistes à portefeuille gonflé pour je ne sais quoi.

  • André Le Belge - Inscrit 14 décembre 2012 20 h 23

    un upac en ontario svp

    peuvent ils passer à ottawa svp ?