«C’est à ton tour, Vaillancourt!»

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, brillait par son absence à la séance du conseil municipal de lundi soir.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, brillait par son absence à la séance du conseil municipal de lundi soir.

Laval — « C’est à ton tour, Vaillancourt ! » scandaient une poignée de protestataires casseroles à la main, lundi soir, sur le parvis de l’hôtel de ville de Laval à l’annonce du retrait de la vie publique du maire de Montréal, Gérald Tremblay.

« En voilà un qui a compris », a pour sa part lancé le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, dans un hall d’entrée bondé de dizaines d’opposants, mais également de partisans de l’administration Vaillancourt.


Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, brillait par son absence à la séance du conseil municipal, son attachée de presse, Johanne Bournival, répétant qu’il poursuivait sa réflexion sur son avenir professionnel.


En son absence, le comité exécutif a suspendu l’octroi des contrats de réfection de chaussée, d’égout et d’aqueduc sur le territoire de la municipalité d’ici à l’adoption du projet de loi 1 sur l’intégrité par l’Assemblée nationale, à moins que la « santé », la « sécurité publique » et les « services aux citoyens » ne soient menacés, a annoncé le maire suppléant, Basile Angelopoulos.


« Je ne crois pas que le maire ait été consulté », a précisé Mme Bournival.


Dans la mire de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, Gilles Vaillancourt a fait l’objet de perquisitions par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et la Sûreté du Québec, dont celle du 24 octobre durant laquelle le contenu de ses coffrets de sûreté a été passé au peigne fin. Ce qui l’aurait mis K.-O.


« La Ville et ses opérations ne sont pas en crise », a affirmé une nouvelle fois le vice-président du comité exécutif, Basile Angelopoulos, lundi soir. « L’exercice [financier] 2011 s’est soldé par un surplus de 39,6 millions, ce qui représente 5,5 % des revenus provenant des activités financières de fonctionnement de 726,6 millions », avait-il fait savoir quelques minutes plus tôt sur un fond de tintement de casseroles.

 

Administration corrompue


Aux yeux de Robert Bordeleau, M. Vaillancourt « aurait dû moralement donner sa démission à la dernière perquisition, surtout qu’elle visait ses coffrets de sûreté personnels ». Le chef du Parti au service du citoyen presse M. Vaillancourt de sortir de l’ombre et de quitter ses fonctions, croisant les doigts afin que la troisième ville du Québec soit plongée dans une élection anticipée. « On n’a pas voté pour un [maire] intérimaire. Il n’y a aucune démocratie là-dedans, même si la loi le permet », a affirmé le prétendant à la mairie confronté à l’hypothèse qu’un élu soit coopté maire.


« Il n’est pas tout seul dans le bain. Il y a de la complicité avant le fait, après le fait [d’autres élus du Parti du ralliement officiel des Lavallois] », a-t-il poursuivi, se gardant de préciser la proportion d’élus du parti du maire Vaillancourt corrompus selon lui.


À l’extérieur de l’hôtel de ville, une quinzaine de Lavallois manifestaient durant la soirée leur mécontentement à l’égard d’une « administration corrompue ». « Ce n’est pas juste M. le maire qui doit partir. Je pense qu’il faut faire tout un ménage », a déclaré Graciela Mateo en marge du conseil municipal, décrivant Gilles Vaillancourt, aux commandes de la Ville de Laval depuis 23 ans, à la tête de « voleurs cravatés ».


Katheuryne Grefford, membre du conseil d’administration du Centre des femmes de Laval, s’expliquait mal pourquoi moins de 20 personnes avaient répondu à l’appel notamment lancé par le groupe Casseroles à Laval. Elle a appelé les « citoyens et citoyennes » de Laval à « prendre part à la vie démocratique en manifestant en grand nombre leur mécontentement face aux dirigeants ».


La population lavalloise est en proie à un « désintéressement » et à un « cynisme » à l’égard de la classe politique. « Ici, c’est le royaume de M. Vaillancourt. Il tire sur toutes les ficelles », a ajouté Mme Mateo, brandissant une affiche sur laquelle on pouvait lire : « Vaillancourt, sors de notre cour, c’est assez de nous voler. »

7 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 6 novembre 2012 01 h 55

    Effectivement

    Après plus de vingt ans, tu pourrais prendre une retraite dorée. 3% ou 2%, je m'en rappelle pu

  • Daniel Lambert - Inscrit 6 novembre 2012 06 h 45

    Tirer sa révérence

    Cher Vaillancourt,
    C'est à ton tour
    De nous laisser
    Parler d'amour!

  • France Mongeon - Inscrite 6 novembre 2012 07 h 31

    le conte du compte du comte de Vaillancourt

    aweye! aweye! le vaillant, COURS!!!! C'est la chasse à courre qui commence et c'est maintenant au tour du renard d'être chassé! Après toutes ces années pendant lesquelles il s'est nourri dans notre poulailler, nos chiens vont maintenant se régaler d'une bonne cuisse rendue dodue par le vol du bien d'autrui. La vie n'est plus un conte de fées!

    • Luc Falardeau - Abonné 6 novembre 2012 15 h 20

      Le vieux renard a plus d'un tour dans son sac... Il gagne présentement du temps... La moindre erreur de nos blaireaux (UPAC) sera exploitée pour le blanchir, risquant ainsi de rendre inadmissibles les preuves accumulées...

  • Guy Desjardins - Inscrit 6 novembre 2012 08 h 03

    OUPS!!!

    Maintenant M. Vaillancourt, c'est à votre tour. Ne rater pas l'occasion. Un,deux, trois, quatre et peut être d'autres viendront s'ajouter, ça passe mieux.

  • Marc Collin - Inscrit 6 novembre 2012 10 h 43

    allez dehors

    allez mise à la porte et poursuite svp

    remettre le québec sur la carte commence avant tout par nettoyer le gras dure...