Des infrastructures mal en point

Des villes comme Montréal et Québec, plus âgées, sont particulièrement touchées par le vieillissement des infrastructures routières.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des villes comme Montréal et Québec, plus âgées, sont particulièrement touchées par le vieillissement des infrastructures routières.

La moitié des routes municipales sont en mauvais état. Deux installations de traitement des eaux usées sur dix nécessitent de sérieux travaux. Le tiers des conduites d’eau aussi. La facture sera salée demain, avertit la Fédération canadienne des municipalités (FCM), qui dévoilait hier les résultats d’une enquête menée auprès de 123 villes, d’un océan à l’autre, en 2009-2010.


« Ça vient confirmer ce qu’on savait un peu tous », a dit le vice-président de la FCM, Claude Dauphin, en conférence de presse mardi.


Selon lui, des villes comme Montréal et Québec, plus âgées, sont particulièrement touchées par le vieillissement des infrastructures. « Ça vient confirmer, chiffres à l’appui, ce que nous pensions. Ce sera utile pour les décideurs qui auront à restaurer toutes ces infrastructures. »


Sans intervention rapide, les coûts pourraient exploser au cours de la prochaine décennie, estime la FCM.


Globalement, les routes récoltent la pire note. Les systèmes de gestion des eaux - potable, pluviale et usées - obtiennent généralement un meilleur résultat, malgré des lacunes évidentes pour certains. Ce sont les systèmes de gestion de l’eau de pluie qui inquiètent le moins.


C’est la première fois que la FCM publie un tel portrait des infrastructures. Elle avertit qu’elle sévira encore, et qu’elle pourrait ajouter des volets à l’enquête : ponts, bâtiments, transport en commun, ports et aéroports pourraient passer sous sa loupe.


Cette situation est le fruit du « déficit chronique » des finances municipales, disent les auteurs. Ce manque à gagner a obligé les municipalités à reporter les travaux de construction et de réparation des infrastructures essentielles, soutiennent-ils. Ils chiffrent à 123 milliards de dollars le trou à combler.


La FCM en profite pour souligner que le plan Chantiers Canada, un programme fédéral de 2 milliards de dollars, se termine en mars 2014. Ce qui était un pas dans la bonne direction est donc menacé. D’où viendra l’argent par la suite ? Les municipalités s’inquiètent et sonnent l’alarme. Elles croient que les progrès réalisés grâce à ce programme pourraient carrément disparaître et demandent son renouvellement.


Les infrastructures font non seulement mauvaise figure, mais les villes ignorent souvent la gravité de leur détérioration, faute de programmes d’inspection. Le sondage révèle qu’un programme d’inspection des autoroutes manque à plus de 40 % des municipalités. Elles sont de 20 à 25 % à ne pas avoir de tel programme pour les routes locales.


De nouvelles exigences pourraient également pressuriser les budgets municipaux. Par exemple, en vertu d’un nouveau règlement sur les eaux usées, un système de traitement des eaux sur quatre devra être remplacé. La FCM, qui chiffre l’opération à 20 milliards de dollars, demande à Ottawa d’assortir l’exigence d’une enveloppe, prise à même le Plan d’infrastructures à long terme.


La FCM formule également ses demandes pour le transport en commun. Elle demande à Ottawa de se doter d’une stratégie pour les rendre plus rapides et efficaces. Il manquerait environ 13,5 milliards pour atteindre les objectifs évoqués dans les plans de transport 2012-2016.


Pour la FCM, « les coûts cachés d’infrastructures dégradées, désuètes et déficientes sont beaucoup trop importants pour être négligés ». Elle rappelle au passage que même ignorée, la facture continuera à s’allonger.

3 commentaires
  • Claude Chicoine - Inscrit 12 septembre 2012 11 h 23

    À vos risques et périls!

    Tant les administrations municipales que provinciales ont fait preuve d' une négligence crasse dans ces dossiers. Maintenant, grâce à leur incompétence administrative et leur vision étriquée, on nous demandera d' acquitter, en coûts d'aujourd'hui, les inerties d'hier.

    À cela il faut ajouter que, à bien des endroits, nous jouons avec notre vie, tellement on étire l'élastique de la pseudo sécurité.

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 septembre 2012 11 h 59

    Patchage

    Ça serait sans doute mieux si les villes ne se contentaient pas de faire du patchage et mettaient fin aux économies de bout de chandelles.

    D'ailleurs, quand un contracteur privé fait un pavage, il devrait offrir une garantir de plusieurs années (cinq? dix?) sur la qualité de son travail.

  • René Pigeon - Abonné 12 septembre 2012 12 h 35

    Que toute déclaration de "ne pas augmenter les taxes" soit accompagnée d'un indice de renouvèlement des infrastructures de la municipalité.

    Toute déclaration de "ne pas augmenter les taxes" devrait être accompagnée d'un indice de renouvèlement des infrastructures de la municipalité, pour que les plus contribuables, âgés et jeunes, soient conscients de des couts que les plus âgés transfèrent aux générations suivantes.