Drummondville - La Ville accorde un sursis pour le potager de façade

Michel Beauchamp et Josée Landry pourront continuer à s’occuper de leur potager controversé pour le reste de l’été.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Michel Beauchamp et Josée Landry pourront continuer à s’occuper de leur potager controversé pour le reste de l’été.

À Drummondville, Michel Beauchamp et Josée Landry pourront poursuivre leur jardinage tout l’été sans être inquiétés. La municipalité a décrété hier un moratoire sur leur cas jusqu’au 1er septembre.

Mais ce n’est pas ce qui va faire dérougir de colère les désormais célèbres jardiniers de Drummondville. « Ce n’est même pas une petite victoire, car on reporte à plus tard le problème, affirme Michel Beauchamp qui a appris la nouvelle par les médias hier matin. Oui, ça va nous laisser du temps pour respirer un peu, mais ça me désole. J’aurais aimé que, dès le départ, ils soient plus rigoureux et plus professionnels dans l’analyse du dossier. Je ne peux donc pas me réjouir d’aucune autre situation que la correction de l’erreur dans laquelle ils nous ont mis et qui perdure. »

La semaine dernière, la ville avait sommé le couple d’engazonner 30 % de leur terrain avant, qui est actuellement entièrement occupé par un potager. À partir d’hier, les jardiniers couraient le risque d’écoper d’amendes de 100 à 300 $ par jour.

« La ville a décidé d’étudier le dossier. En attendant, nous avons décidé de ne pas réagir de façon intempestive et de leur laisser jusqu’au 1er septembre », indique le porte-parole de la Ville de Drummondville, Raynald Fortin.


Fortement médiatisée et propulsée par les médias sociaux, l’histoire de Michel et Josée a rapidement attiré de nombreux témoignages de sympathie. La Ville de Drummondville confirme avoir reçu un nombre d’appels et de courriels inhabituel.


Les élus municipaux étudieront la question des potagers en façade le 13 août, atelier de travail qui sera suivi par une séance du conseil municipal. La réflexion des élus sur le sujet pourrait toutefois s’étendre au-delà de cette date.


D’ici là, le couple compte bien se refaire des forces et consolider ses appuis de par le monde, appuis qui grossissent à vue d’oeil. En effet, la pétition que Michel Beauchamp et Josée Landry ont mise en ligne pour faire reculer Drummondville, qui souhaite interdire le jardinage en cour avant sur l’ensemble de son territoire, avait recueilli plus de 12 000 signatures en date d’hier.


« Nous allons organiser la riposte, lance Michel Beauchamp, qui refuse de baisser les bras. Je veux mettre en lumière les règlements. C’est simple, notre potager est complètement légal. On va dénoncer tout cela de façon un peu plus virulente, parce que pour l’instant, on a été gentils […] On veut juste que quelqu’un de responsable prenne les règlements, qu’il les lise et qu’il tranche. »


Il affirme ne pas avoir voulu « salir » la réputation de la ville, mais y avoir été contraint par l’incompétence de l’administration municipale. « Ce n’est pas compliqué, j’aurais remis le dossier à un enfant de maternelle qu’il aurait fait mieux ! »


À l’autre bout de la ligne, sa femme tempère un peu. « Tant mieux si nos démarches ont au moins amené une réflexion de la part de la ville… »


Le potager de Michel Beauchamp et Josée Landry
 

26 commentaires
  • Daniel Houx - Inscrit 24 juillet 2012 03 h 59

    L'exemple d'en haut

    J'espère que la ville va sérieusement étudier un nouveau règlement et que çe ne ressemblera pas aux tactiques du gouvernement provincial à propos des frais de scolarité: reporter à plus tard en espérant un essouflement du mouvement.

  • Francois Parent - Inscrit 24 juillet 2012 06 h 58

    Où est la pétition ?

    Où est la pétiton que je la signe ?

  • Paul Toutant - Abonné 24 juillet 2012 07 h 01

    Sauver la face

    L'administration municipale de Drummondville est composée de gens sensés. Espérons que ce recul temporaire va lui permettre de sauver la face et d'arriver en septembre avec une abolition de son règlement anti-potagers. Les temps changent, l'écologie est au ceur des préoccupations citoyennes; il faut en tenir compte. Pourquoi pas un concours du plus beau potager? Drummondville est déjà la capitale québécoise des roses, après tout...

  • Claude Desjardins - Inscrit 24 juillet 2012 07 h 38

    Poulailler urbain. Potager urbain....

    Poulailler urbain. Potager urbain. C'est un retour vers la terre qui est salutaire mais qui dois être encadré. L'affrontement avec la ville de M. Beauchamp me semble surréaliste puisque la ville demande de retranché 30% du potager qui se trouve sur la bande de terrain en servitude. C'est une demande qui est raisonnable et qui ne remets pas en cause la possibilité d'avoir un potager à l'avant de sa résidence.

    La logique de confrontation avec la ville est puérile.

    • henri -s garneau - Inscrit 24 juillet 2012 09 h 22

      tout a fait d'accord avec vous, ce monsieur ne veut pas plier sur la servitude alors que TOUS les citoyens doivent le faire, peut-être va-t-il sortir des casseroles, pour ce qui est de l'encadrement, c'est à voir quand on laisse un pied ils en prennent 3 des fois, pas facile. Moi la question que je me pose c'est l,évaluation des autres maisons dans tout ça si ça va à l'encontre est-ce que ça dévalue les maisons voisines?

    • Mireille Langevin - Inscrite 24 juillet 2012 09 h 29

      Puéril dites-vous ? Vous vous trompez de cible.

    • Marc-André Proulx - Inscrit 24 juillet 2012 14 h 26

      Il me semble plus légitime que puéril leur confrontation. Imaginé qu'un travailleur de la ville entre chez vous pour vous lire le règlement 905.49 qui veut que 30% de vos murs soient peinturé en blanc. Vous seriez très probablement outré. On peut très facilement imaginer comment ces personnes se sentent. On vient sur leur domicile leur dire comment les choses doivent être.

      Un jardin bien entretenu comme le leur ne représente en rien une menace pour la valeur des autres résidences, croyez-moi. La seule et unique menace que cela peut représenter c'est pour les gens jaloux qui envie tout le bonheur que leurs voisins retirent du jardin.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 24 juillet 2012 16 h 43

      Habituellement dans la bande de servitude municipale, la municipalité permet qu'on plante des végétaux à condition qu'ils ne dépassent pas telle ou telle hauteur. Et elle ajoute que c'est aux risques et périls des propriétaires si la municipalité décidait d'y entreprendre des travaux xyz.

      Jean-Pierre Marcoux

  • François Dugal - Inscrit 24 juillet 2012 07 h 44

    Le gazon

    Utiliser son terrain de façon utile, n'est-ce pas écologique?
    Qu'avons-nous à faire de cet inutile gazon uniformement vert bourré de pesticides?

    • Pierre Denis - Inscrit 24 juillet 2012 13 h 31

      Ou pire encore : couvert d'horreurs en plastique ou de petits nèges en plâtre qui pêchent !