Conseil municipal de Mascouche - Le maire Marcotte chassé sous les huées

À la demande générale, le maire de Mascouche, Richard Marcotte, a dû quitter la salle du conseil municipal, hier soir, escorté par un policier.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir À la demande générale, le maire de Mascouche, Richard Marcotte, a dû quitter la salle du conseil municipal, hier soir, escorté par un policier.

Pour une première fois depuis son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), à la mi-avril, le maire de Mascouche Richard Marcotte s’est présenté à la séance du conseil municipal, hier soir, mais il n’aura fait que passer. Devant la colère des citoyens présents, il a pu ouvrir la séance sous les huées et les insultes, mais il en a été chassé presque aussitôt.

Le maire Marcotte a fait son apparition dans la salle du conseil à 19 h 30, sous les cris des citoyens visiblement en colère. Il a traversé l’allée de la salle bondée escorté par plusieurs policiers, fuyant du regard chacun des citoyens qui l’interpellaient. «Dehors, Marcotte !» ont scandé pendant plusieurs minutes les résidants excédés.

Ceux qui n’ont pas pu se trouver une place à l’intérieur ont manifesté leur mécontentement en frappant dans les vitres. «Fermez les rideaux !», a alors crié un des agents posté aux côtés des élus municipaux.


Le maire a ouvert l’assemblée alors que les insultes fusaient toujours dans la salle. «Marcotte, t’es pas notre maire !», «Voleur!», a continué à crier l’assistance.


Plusieurs élus ont demandé aux citoyens présents dans la salle de revenir à l’ordre, mais sans succès. La conseillère Lise Gagnon s’est alors levée d’un trait : «Je demanderais à ce que monsieur Richard Marcotte quitte les lieux pour qu’on puisse continuer notre travail», a-t-elle lancé sous un tonnerre d’applaudissements.


Le maire Marcotte a aussitôt quitté son siège et s’est dirigé vers la sortie située au fond de la salle, une fois de plus accompagné par de nombreux policiers. «Toi, tu viens avec moi !», a-t-il glissé à l’un d’entre eux avant de se frayer un chemin jusqu’à l’extérieur. À sa sortie, la cinquantaine de personnes qui attendaient toujours sur place a applaudi le départ prématuré du maire. Ce dernier s’est refusé à tout commentaire.


Parmi la foule, Nathalie Jean n’a pas été tendre à l’endroit de M. Marcotte. «C’est un être condescendant, il fait toujours à sa tête, a confié cette citoyenne de Mascouche. Ça fait trop longtemps qu’il règne sur la ville comme un roi, mais les rois, ça peut perdre la tête!»


De retour à l’intérieur de la salle du conseil municipal, Lise Gagnon a pris la place du maire en tant que mairesse suppléante et a confirmé ce que tout le monde se demandait en répondant à une question lancée par un citoyen : puisque le maire Marcotte a bel et bien ouvert la séance – bien que sa voix se soit perdue parmi les cris et les huées –, le délai maximum de trois mois (90 jours) prévu par la loi pour qu’un élu municipal s’absente sans être destitué repart donc à zéro.

 

Québec doit intervenir


Richard Marcotte ne s’était pas présenté à une séance du conseil depuis son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le 19 avril dernier, dans le cadre de l’opération Gravier. M. Marcotte est notamment accusé de fraude, de complot pour fraude, d’acte de corruption dans les affaires municipales et d’abus de confiance.


La pression s’accentue de jour en jour sur le maire, alors que citoyens et élus le somment de démissionner. Dimanche, quelques centaines d’entre eux ont d’ailleurs manifesté pour exiger sa démission.


Le 5 juillet dernier, un deuxième rapport du ministère des Affaires municipales en sept mois a mis le doigt sur plusieurs irrégularités dans l’octroi des contrats municipaux à la Ville de Mascouche.


Malgré ces deux rapports accablants et son arrestation par l’UPAC, M. Marcotte est toujours en poste, ce qui fait dire au critique péquiste en matière d’affaires municipales, Stéphane Bergeron, que le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, doit intervenir. Selon M. Bergeron, le ministre a le pouvoir de mandater la Commission municipale du Québec pour faire enquête. «Quelqu'un doit mettre ses culottes quelque part», insiste-t-il.


Pour l’instant, le ministre Lessard a refusé d’intervenir dans le dossier, mais assure qu’il suit la situation de très près.

40 commentaires
  • Pierre Valois - Abonné 10 juillet 2012 02 h 52

    Marcottage, Placottage et Tomasseries.

    Monsieur le Ministre,

    Pour parodier quelqu'un que vous connaissez sans doute, je ne vous demanderai pas jusqu'où le maire de Mascouche devra-t-il encore abuser de la patience de ses concitoyens.


    Êtes-vous aboulique, affaibli, ankylosé, désarmé, engourdi, faible, impotent, inapte, incapable, incompétent, inefficace, inopérant, invalide ou paralysé pour agir?


    On le sait.

    Vos jurisconsultes s'amusent à peser les inconvénients d'une intervention de vos fonctionnaires.

    Ce qu'ils font, dans la totale insignifiance de ce qui se passe, là.


    Pendant que...

    Pendant que la rue crie. La rue hurle. La rue braille.

    Elle gueule et vocifère.

    Elle paie, taxée.

    Elle ne casserole pas encore.


    Cela viendra.

    PIerre Valois, citoyen municipal.

    • Lorraine Dubé - Inscrite 10 juillet 2012 08 h 20

      Monsieur Valois. J'ai eu le même sentiment en voyant l'acharnement avec lequel on
      méprise les citoyens.

      À l'image du cynisme du chef du gouvernement. Vous l'énoncez bien.

      Richard Marcotte de la grande famille libérale dépourvue d’éthique, est un ancien candidat du PLQ. À quoi peut-on s'attendre des libéraux, sinon leur tendance à protéger leurs arrières!

      L’impunité nous dicte qu’ils sont au dessus des lois. À quand les sanctions pour la Courchesne et autres? Autre scandale, trois ministres dont elle-même trouvaient normal de recevoir du financement des entreprises. À l'encontre de la loi du gouvernement de René Lévesque.

      Leur laxisme à faire une Commission d'enquête publique démontre que c'est très nauséabond.
      http://pq.org/actualite/communiques/controverse_a_

    • Solange Bolduc - Inscrite 10 juillet 2012 21 h 15

      M.Valois, il y a tellement d'humour dans votre texte que je ne saurais ajouter quoi que ce soit!

      Bravo! ÇA éloigne de la pesanteur du SUJET!

    • Solange Bolduc - Inscrite 10 juillet 2012 21 h 20

      M. Dubé, en ce qui concerne François Legault, on repassera ! Pénible, très pénible, le pauvre diable comem dirait ma mère ! Et le PLQ, n'en parlons plus !!

  • Gilles Delisle - Abonné 10 juillet 2012 06 h 01

    Mais dans quelle république de bananes vivons-nous?

    Un maire arrêté, puis accusé depuis des lunes, continue de se pavaner 5 minutes à chaque 90 jours pour toucher sa paie, et grossir ses primes de départ pour services rendus! Mais où on est là? Y-a-t-il un ministre des affaires municipales dans ce pays? A quoi sert-il exactement? Est-ce que les citoyens doivent se faire justice eux-mêmes dans cette municipalité? Eclairez-moi, S.V.P.

    • Lorraine Dubé - Inscrite 10 juillet 2012 08 h 22

      Marcotte est un fier libéral monsieur Delisle. Ils se protègent entre eux.

      De plus, le gouvernement du très déshonorable Charest a des squelettes dans le placard...

  • Guy Desjardins - Inscrit 10 juillet 2012 06 h 38

    Bonne vision pour le Maire

    Encore un autre 90 jours de sursis. Bon calcul pour le Maire, prime de départ plus haute et pension, il en a tellement besoin. Ont peu dire qu'il sait très bien calculer...pour lui. L'éthique et respect envers ses citoyens? Ne connais pas.

  • Yann Tissier - Inscrit 10 juillet 2012 06 h 41

    ha ha ha !!!

    bon débarras!

    il est temps maintenant que la population du Québec fasse la même chose avec Charest et ses acolytes !!!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 juillet 2012 06 h 44

    Yahou-Youppie Mascouche !

    R Marcotte ? « C’est un être condescendant, il fait toujours à sa tête (...). Ça fait trop longtemps qu’il règne sur la ville comme un roi, mais les rois, ça peut perdre la tête ! » (NJ, citoyenne)

    Oui, en effet, un roi peut perdre la tête, surtout s'il n'est habilité d'aucune couronne reconnue !

    Oui, en effet aussi, lorsqu'un roi fait perdre la tête à son royaume, il ressemble à cet empereur qui, du conte, avait sollicité des tisserands pour l'habiller, en bout de ligne tout NU !

    Oui, et d'effets, quand le royaume perd la tête, aucun roi ne subsiste ni ne résiste au monde des rumeurs, des clameurs, des huées, ce monde qui l'invite à partir ailleurs ou à se retirer de sa royauté !

    Oui ! Mascouche est ou devient ce royaume qui, se tenant debout devant un roi soudainement sans couronne, décide de rayonner, de transparence et de fierté, une royauté digne de ce nom !

    Yahou-Youppie Mascouche ! - 10 juillet 2012 -