Mascouche - Persona non grata dans sa propre ville

Quelque 300 citoyens ont une nouvelle fois réclamé à grands cris le départ de la scène politique municipale du maire de Mascouche, Richard Marcotte, hier soir, à l’occasion de la première séance du conseil municipal depuis son arrestation par l’escouade Marteau.

M. Marcotte, grand absent de la soirée, fait face à plusieurs chefs d’accusation de fraude, de corruption et d’abus de confiance. Il aurait favorisé des entrepreneurs faisant affaire avec la Ville de Mascouche en échange de pots-de-vin de toutes sortes, dont dix voyages et un séjour sur le yacht de Tony Accurso, selon l’Unité permanente anticorruption (UPAC).


« Ce qui concerne M. Marcotte concerne M. Marcotte », a martelé le maire suppléant, Sylvain Picard, tout au long de la séance en réponse aux accusations à peine voilées de complicité faites par des citoyens mécontents aux six conseillers municipaux qui ont défendu les couleurs de la formation politique du maire en novembre 2009.


Les élus auraient notamment profité de l’« argent sale » recueilli par M. Marcotte afin de faire campagne il y a deux ans et demi, a soupçonné un citoyen requérant la tenue d’élections générales anticipées. « Il y a une personne qui est accusée. C’est cette personne qui va faire face à la justice », a répété M. Picard avant qu’un citoyen ait invité ses voisins à se garder de « tomber dans la psychose collective ».


L’avocat spécialisé en droit municipal André Comeau a expliqué que seul un juge de la Cour supérieure peut « décider ultimement de destituer un élu municipal » rappelant au passage que Richard Marcotte « comme tous les citoyens » bénéficie de la présomption d’innocence.


« Après une absence de 90 jours [aux assemblées ordinaires et extraordinaires du conseil municipal], on peut perdre son mandat », a-t-il toutefois fait remarquer. « Le maire [Marcotte] était absent le 7 mai. Si on calcule 90 jours à compter de l’absence… ça nous amène au 4 août. Si le maire ne se présentait pas à la séance qui suit, qu’elle soit ordinaire ou spéciale, à la fin de celle-ci, son mandat sera terminé automatiquement. »


Après un cours d’autodéfense juridique animé par Me André Comeau à la demande du conseil municipal, les huit conseillers municipaux ont adopté à l’unanimité une lettre exhortant M. Marcotte à quitter ses fonctions.