Longueuil veut devenir propriétaire de l'aéroport de Saint-Hubert

L'agglomération de Longueuil veut «municipaliser» l'aéroport de Saint-Hubert pour en finir avec les conflits liés à sa gestion.

Depuis quelques années, l'aéroport est un sujet controversé dans la région. Les entreprises d'aviation qui sont locataires veulent accroître leurs activités, ce que veulent encadrer des citoyens et des élus qui s'opposent notamment au bruit des appareils. L'aéroport de Saint-Hubert est l'un des plus achalandés au Canada.

Lors du conseil municipal de ce soir, la mairesse de Longueuil et présidente de l'agglomération, Caroline St-Hilaire, déposera une résolution pour demander au gouvernement du Québec de lui confier la propriété de l'aéroport. Pour l'instant, c'est un organisme sans but non lucratif, Développement Aéroport de Saint-Hubert-Longueuil (DASH-L), qui possède l'aéroport et gère ses activités.

Mais le conseil d'administration de DASH-L, composé de bénévoles provenant des entreprises d'aviation locataires, de la chambre de commerce régionale et d'élus municipaux, peine à s'entendre sur plusieurs points. Certains membres poursuivent d'autres membres du conseil d'administration. Par exemple, l'idée d'un couvre-feu pour les appareils des écoles de vols s'est retrouvée devant les tribunaux.

Une dizaine de recours en justice ont été déclenchés ces dernières années, dont le dernier est une poursuite de 20 millions de dollars contre DASH-L, la mairesse de Longueuil et la Ville. Pascan Aviation, Max Aviation et Cargair accusent la Ville de faire «obstruction au développement de leurs affaires» et de vouloir prendre le contrôle pour obtenir les terrains du site et ils accusent aussi la mairesse d'agir en fonction de ses propres intérêts politiques.

Le conseil d'agglomération de Longueuil a appuyé l'idée de municipaliser l'aéroport le mois dernier. Démanteler DASH-L est la seule façon de sortir de l'impasse, selon Caroline St-Hilaire, qui assure que la Ville ne veut en aucun cas limiter le développement de l'aéroport. «Il faut le développer, mais il faut voir comment, a-t-elle expliqué. Ce n'est pas dit que c'est juste par les vols qu'on peut faire ça. Il y a des terrains à exploiter, il peut y avoir des entreprises diversifiées [parmi les locataires]. Mais là, on ne peut rien faire parce qu'autant quand on veut bouger à gauche ou à droite, il y a des gens qui lancent des poursuites judiciaires.»

Pascan Aviation a préféré ne pas faire de commentaires. DASH-L n'a pas rappelé Le Devoir hier. La communauté d'affaires de la région appuie les élus de l'agglomération. Les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud se disent «convaincus qu'il faut offrir à l'aéroport de Saint-Hubert un nouveau modèle de gestion pour le sortir de cette impasse judiciaire qui le paralyse».

Plusieurs municipalités québécoises sont propriétaires d'installations aéroportuaires, comme Mascouche, Saint-Donat, Amos et Gaspé.

Les activités de l'aéroport de Saint-Hubert représentent 1064 emplois directs et indirects dans la région.