Rivière des Mille-Îles - Trois îles à l'abri pour deux ans

L’île aux Vaches est l’une des trois îles mises en réserve pour une période de deux ans.
Photo: Source: Alarie Photos L’île aux Vaches est l’une des trois îles mises en réserve pour une période de deux ans.

Québec a décidé de décréter une mise en réserve de deux ans pour trois îles de la rivière des Mille-Îles, soit les îles Saint-Joseph, aux Vaches et Saint-Pierre, afin de les mettre à l'abri du développement immobilier. Les citoyens qui bataillent depuis des années pour la protection des trois îles ont accueilli la nouvelle avec soulagement, même si leurs inquiétudes demeurent.

Accompagné de la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a fait savoir hier que la mise en réserve à des fins publiques des trois îles visait à créer des aires protégées. Cette réserve, susceptible d'être renouvelée pour une période supplémentaire de deux ans, permettra à Québec de mener des études sur l'évaluation marchande des îles, qui totalisent 200 hectares, et d'examiner les possibilités de s'en porter acquéreur.

«Nous allons regarder l'évaluation qui sera faite, mais vous comprenez qu'on ne négociera pas sur la place publique avec les propriétaires des îles. Comme vous le savez, nous avons eu des négociations qui ont été extrêmement longues avec un promoteur de la Rive-Sud de Montréal», a expliqué le ministre Arcand en évoquant le cas de l'île Charron de 20 hectares que le gouvernement a achetée pour 15 millions.

Rappelons qu'une étude réalisée l'an dernier par Éco-Nature avait révélé que les trois îles abritent 245 espèces végétales, dont 14 sont en péril, ainsi que 221 espèces animales, parmi lesquelles la tortue géographique.

«Nous sommes très contents, et c'est un poids de moins sur nos épaules», a commenté Huguette Larochelle, de l'Association citoyenne «Sauvons nos trois grandes îles» qui mène la lutte depuis des années. «Mais c'est sûr qu'une petite inquiétude demeure parce qu'une mise en réserve dure deux ans et on ne sait jamais ce qui peut arriver dans l'avenir.» Mme Larochelle aurait toutefois souhaité que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, s'implique dans le dossier.

«C'est un bon pas dans la bonne direction et mieux vaut tard que jamais. J'aurais tout de même aimé qu'on annonce l'acquisition de l'une des trois îles», a pour sa part indiqué le directeur général du Conseil régional de l'environnement de Laval, Guy Garand, qui a rappelé que les députés lavallois avaient promis cette réserve en 2008.

Selon M. Garand, il faudra se méfier du projet de loi 47 sur l'aménagement durable et de l'urbanisme qui, s'il est adopté tel quel, permettra aux villes de contourner le processus référendaire pour faire adopter un changement de zonage. «L'article 82 pourrait devenir dangereux pour les trois grandes îles, comme pour tous les milieux naturels et les zones patrimoniales», a-t-il souligné.

De son côté, Luigi Liberatore, propriétaire de l'île Saint-Joseph depuis 2006, ignorait qu'une mise en réserve avait été décrétée sur les trois îles lorsque Le Devoir l'a joint hier. «De plus en plus, les politiciens agissent de façon cavalière. La seule chose qui les intéresse, ce n'est pas de régler les problèmes, c'est de gagner les élections, a-t-il dit. S'ils veulent l'acheter, il va falloir qu'ils paient ce que ça vaut.» D'une superficie de 36,5 hectares, l'île Saint-Joseph compte huit habitations, et le promoteur projetait de construire 75 maisons unifamiliales.

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