La réorganisation municipale indispose le président de l'arrondissement d'Anjou - Miranda a besoin de temps pour décider de son avenir politique

Le président de l'arrondissement d'Anjou, Luis Miranda, se donne jusqu'à jeudi pour décider de son avenir au sein du caucus du parti du maire, l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM). Lors d'une brève rencontre hier avec le maire Gérald Tremblay, il s'est fait dire que le temps était venu de prendre une décision.

Au dire de Luis Miranda, la rencontre entre les deux hommes, d'une durée d'une dizaine de minutes, s'est déroulée sur une note cordiale. Mais le maire a été ferme: les membres de son caucus doivent adhérer à son plan de réorganisation municipale et être en mesure de le défendre auprès des citoyens. Sinon, ils doivent quitter son caucus.

Or, au cours des dernières semaines, Luis Miranda a répété à maintes reprises qu'il ne pouvait souscrire à la proposition de Gérald Tremblay en matière de décentralisation des pouvoirs. Comme d'autres membres de l'UCIM, il réclamait notamment un statut juridique pour les arrondissements ainsi qu'un réel pouvoir de taxation, mais le maire n'a jamais voulu y consentir. Et contrairement à ses collègues, Luis Miranda a refusé d'accepter un quelconque compromis. Il a donc été le seul à ne pas adhérer au plan rendu public vendredi par le maire Tremblay.

M. Miranda désire prendre le temps de réfléchir avant de décider de son avenir au sein du parti même s'il admet qu'il n'appuiera pas davantage le projet de décentralisation du maire dans deux jours. «Nous avons été élus à Anjou sur les principes selon lesquels nous allions essayer de maintenir une qualité de services à Anjou tout en maintenant une certaine autonomie locale, ce que nous n'avons pas connu depuis les 18 derniers mois. Aujourd'hui, on dit qu'on va nous donner l'autonomie, mais au niveau financier, nous allons encore être à la merci de la dotation que Montréal va bien vouloir nous donner. C'est là que je dis non», explique-t-il.

Il insiste pour dire qu'il n'est pas le seul à trouver insatisfaisant le plan de Gérald Tremblay: «Je suis peut-être celui que s'exprime le plus [dans le caucus], mais je ne suis pas seul à penser comme ça. Comme je lui ai dit [à Gérald Tremblay]: "Ne va pas me faire accroire que tu ne vois pas ce qui se passe avec certains membres du comité exécutif. On n'est pas aveugles, on sait ce qui se passe sur le terrain", relate-t-il. Moi, c'est clair que je ne peux pas jouer à la cachette avec ça. On ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir dit mes positions là-dessus.»