Grand Montréal - Le plan d'aménagement est adopté

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, le maire de Mont-Saint-Hilaire, Michel Gilbert, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille.
Photo: - Le Devoir La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, le maire de Mont-Saint-Hilaire, Michel Gilbert, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille.

Les maires de la couronne nord se sont finalement ralliés au Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) qui encadrera le développement de la région de Montréal pour les 20 prochaines années. Après des mois de consultations et de discussions, le document a été adopté hier matin par la majorité des maires membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Seul le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, s'est prononcé contre.

Plusieurs modifications ont été apportées au PMAD à la suite des consultations menées au cours de l'automne. Alors que la version précédente du document comportait un gel de cinq ans du périmètre d'urbanisation, empêchant tout empiétement sur les terres agricoles, la nouvelle mouture du plan ouvre la porte à des exceptions qui seront en revanche soumises à des con-traintes précises.

La CMM estime que son territoire, qui regroupe 82 municipalités, compte suffisamment de terrains disponibles pour répondre aux prévisions de croissance démographique et économique des 20 prochaines années. Néanmoins, elle considère que des situations particulières pourraient nécessiter que des exceptions soient permises. Dans ce cas, chaque demande sera examinée en fonction d'une série de critères énumérés dans le PMAD, et la CMM devra approuver toute demande de dézonage avant que celle-ci puisse être acheminée à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

Par ailleurs, l'objectif de préservation des aires protégées, qui avait été fixé à 12 %, atteint désormais 17 %, car outre les 31 bois de la métropole déjà déterminés, la CMM souhaite ajouter des corridors forestiers afin de créer des liens entre les différentes zones vertes.

Alors qu'en octobre dernier, les maires de la couronne nord avaient dénoncé avec vigueur le PMAD qui allait, disaient-ils, mettre en péril le développement économique de leurs municipalités, le ton était beaucoup plus conciliant hier. Les discussions des dernières semaines les ont rassurés, a indiqué le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille. «Il est possible d'envisager des expansions de périmètre, mais il y a des contraintes importantes [...]. On adhère à ça, a-t-il dit. Le PMAD n'est pas un document parfait, mais c'est un très bon point de départ.»

De son côté, le maire Gérald Tremblay n'a pas caché sa satisfaction d'avoir rallié la quasi-totalité de ses homologues

Le maire de Vaudreuil-Dorion, Guy Pilon, a été le seul à voter contre le plan. Si M. Pilon souscrit aux principes du plan, il reproche au PMAD de ne pas prévoir la réalisation d'un pôle institutionnel régional dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges. «On va devoir éparpiller nos institutions, dont un hôpital et un cégep. Notre hôpital sera probablement situé entre deux usines où les chemins ne seront pas faciles», a-t-il déploré.

L'Union des producteurs agricoles a salué l'adoption du PMAD, mais juge quand même insuffisante la protection du territoire agricole et elle aurait souhaité un gel du dézonage jusqu'en 2031. Le PMAD devra être bonifié, estime pour sa part le Conseil régional de l'environnement de Montréal, qui croit que les seuils de densité des nouveaux ménages dans les zones TOD (Transit Oriented Development, un aménagement centré sur le transport en commun) auraient dû être fixés à 60 % et non à 40 %. Le Centre d'écologie urbaine de Montréal considère bien modestes les objectifs d'augmentation de la part modale des transports en commun d'ici 2021. La CMM veut la faire passer de 25 à 30 %, une cible peu ambitieuse, dit l'organisme.

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