Un téléphérique pour Laval

Le tronçon de trois kilomètres pourrait être réalisé au coût de 30 à 80 millions de dollars, au lieu de 500 à 600 millions pour le prolongement du métro.<br />
Photo: Source: STL Le tronçon de trois kilomètres pourrait être réalisé au coût de 30 à 80 millions de dollars, au lieu de 500 à 600 millions pour le prolongement du métro.

En attendant le prolongement du métro, qui pourrait tarder à se concrétiser, Laval songe à implanter un téléphérique urbain sur son territoire. Au cours des prochains jours, l'administration du maire Gilles Vaillancourt lancera un appel d'offres pour la réalisation d'une étude de faisabilité portant sur la construction d'un téléphérique reliant la station de métro Montmorency au Carrefour Laval.

Plusieurs villes dans le monde, comme Rio de Janeiro, New York et Portland, se sont dotées de téléphériques urbains. Londres aura le sien en 2012 au-dessus de la Tamise.. Ces exemples ont inspiré l'administration Vaillancourt qui, en collaboration avec l'Agence métropolitaine de transport et Hydro-Québec, commandera une étude de faisabilité au coût de 500 000 $.

«Il s'agit d'un mode fiable qui a été éprouvé pour les températures hivernales. Mû par l'électricité, le tramway aérien est silencieux et respectueux de l'environnement, sans émissions de gaz à effet de serre», a fait valoir le maire Vaillancourt lors d'une conférence de presse hier.

Le téléphérique lavallois traverserait le quartier de l'Agora, un secteur que l'administration souhaite développer selon les principes d'urbanisme durable. Le tronçon de trois kilomètres pourrait être réalisé au coût de 30 à 80 millions de dollars, au lieu de 500 à 600 millions pour un métro, a précisé Jean-Jacques Beldié, président du conseil d'administration de la Société de transport de Laval (STL). Doté de cabines chauffées et climatisées pouvant accueillir jusqu'à 40 passagers, le téléphérique permettrait de transporter 6000 personnes à l'heure par direction et comporterait une ou deux stations intermédiaires, a-t-il ajouté. Le transport par câble permet une fréquence de passage toutes les 15 secondes, a-t-on précisé.

Mais un téléphérique ne remplacera jamais le métro, a ajouté le maire Vaillancourt. «Le prolongement du métro demeure notre priorité, mais de façon pragmatique, on ne peut envisager la réalisation des prolongements dans un délai qui se concilie avec l'actuelle urgence d'agir», a-t-il dit.

Le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, croit inutile de dépenser un demi-million de dollars pour une étude sur un tel projet. «Je doute fortement qu'il y ait 6000 personnes [à l'heure] qui voyagent entre la station Montmorency et le terminus du Carrefour Laval. À partir de là, il s'agit de 500 000 $ de gaspillés qu'on pourrait investir ailleurs», a-t-il commenté. Selon lui, un réseau de tramway terrestre sur l'ensemble du territoire de Laval serait plus approprié.

En 2009, la STL avait mené une étude sur l'implantation de trolleybus à Laval. Jugeant le trolleybus trop coûteux, la STL s'est finalement tournée vers l'autobus électrique à pile rechargeable, qui sera testé l'an prochain.
12 commentaires
  • giltrmb - Inscrit 23 novembre 2011 05 h 18

    Finalement une bonne idée?

    Si c'est vraiment faisable économiquement, alors bonne idée! Et il faudrait qu'il passe par un vrai stationnement incitatif.
    Contrairement à l'idée du maire, le métro, surtout souterrain n'a rien à faire à Laval où la densité est trop basse. Le métro, comme le téléphérique projeté, devraient desservir des quartiers populeux ou des gares importantes, pas un centre d'achat au milieu d'un champ ou une petite gare de train de banlieue servant à l'étalement urbain comme la station Concorde.
    Pendant ce temps, je reste à Laval à 8 minutes de voiture du métro Montmorency ou Concorde où il m'est impossible de stationner et à une heure de bus de ce même métro. Alors je stationne près du métro à...Montréal!

  • Marc Chenier de Laval - Inscrit 23 novembre 2011 07 h 44

    Troisième bac et méthanisation! Mëme racket?

    Bravo pur cette initiative, M. Vaillancourt, mais vous nous avez fait le mëme truc avec votre annonce voilà 3 ans sur ce biométhanisateur à La Sapiniere (et l'élargissement du bac brun et du compostage municipal). Des annonces, de la poudre aux yeux, mais l'action? On vient de me dire que c'est remis en 2017 pour la biométhanisation (alors que vous aviez dit 2013. COMMENT FAIRE POUR CROIRE CE QUE MONSIEUR VAILLANCOURT SOUS-ENTEND IMPLICITEMENT (i.e. qu'il y aurait à Laval ce monorail électrique).

  • Sylvain Auclair - Abonné 23 novembre 2011 08 h 50

    Si un téléphérique suffit...

    c'est que Laval n'a pas besoin d'un métro.

  • Christian Montmarquette - Abonné 23 novembre 2011 09 h 13

    Non aux trous qui nous mettent dans l'trou !

    .

    Enfin, certains viennent de comprendre qu'il est plus simple et moins dispendieux de passer un fil que de creuser un trou...

    Le drame, c'est d'essayer de comprendre pourquoi on n'y a pas penser avant...

    Mais au fond, ce n'est pas si difficile à comprendre que ça, quand on sait qu'un transport suspendu utilise beaucoup moins de béton mafieux...

    Non aux trous qui nous mettent dans l'trou !

    En plus, cela comporte l'avantage de voir le monde extérieur et un peu plus de cette lumière qui nous manque tant au Québec.

    Christian Montmarquette
    Montréal

    .

  • Jean Richard - Abonné 23 novembre 2011 09 h 32

    Des études, des études...

    Après Québec, Laval est-elle en train de devenir un paradis pour les bureaux d'ingénieurs se spécialisant dans les études de faisabilité de divers moyens de transport ?

    Rappelons qu'il y a quelques jours, on annonçait dans la vieille capitale une nouvelle étude de pré-faisabilité d'un réseau de tramway, aux coûts de 5 M$, rendant caduque celle publiée au début des années 2000 (qui avait dépassé le million) et les deux ou trois autres publiées dans les 30 à 40 dernières années.

    À Québec, c'est le tramway qui fait bosser les bureaux d'étude. Il suffit alors de changer le tracé pour justifier la tenue d'une nouvelle étude et pendant ce temps, pas le moindre rail n'a été installé sur la chaussée.

    À Laval, on diversifie les moyens. Est-ce que quelqu'un a cru que M. Vaillancourt avait vraiment l'intention d'aller de l'avant avec l'électrification d'une partie du réseau d'autobus quand il a commandé une étude sur les trolleybus ? Sans doute, mais il n'y a pas péché à être naïf. Dès le départ, il est clair que ça ne faisait pas sérieux.

    Un téléférique de 3 kilomètres avec une fréquence de passage de 15 secondes, ça ne fait pas trop sérieux. Essayez seulement d'imaginer comment ça pourrait être possible, et combien il faudrait de temps pour aller d'un bout à l'autre de la ligne.

    Bref, des études, des études et des études, mais qui n'accouchent de rien et pendant ce temps, tant d'argent qui pourrait servir à améliorer les transports en commun et qui est détourné vers les bureaux d'étude.