Tremblay enjoint ses conseillers de choisir leur camp

Le maire Gérald Tremblay n'entend pas apporter de modifications importantes au modèle organisationnel qu'il a présenté mercredi aux membres de son parti même s'il risque de perdre des joueurs et sa majorité au conseil. À l'occasion d'un caucus spécial hier, il a pressé les conseillers de choisir leur camp rapidement.

Au terme de la rencontre qui a duré près de quatre heures hier, le président de l'arrondissement d'Anjou n'a pas caché son insatisfaction. Luis Miranda compte parmi les conseillers de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM) qui réclament un pouvoir de taxation et un statut juridique pour leur arrondissement, ce que leur refuse le maire qui ne leur propose qu'un pouvoir de tarification.

Devant l'intransigeance du maire à satisfaire à ces demandes, M. Miranda a laissé entendre qu'il allait réfléchir sérieusement à son avenir au sein de l'UCIM. «On est peut-être à un point où nos chemins vont se séparer. On verra. La nuit va porter conseil», a-t-il indiqué. Il a eu beau déposer une contre-proposition à ses collègues, celle-ci n'a pas reçu l'accueil qu'il espérait. «On ne veut pas imposer une taxe supplémentaire. On veut des points d'impôts, des points de taxe. Et on est très loin de ça, a-t-il expliqué. C'est certain que si on reçoit une dotation d'une ville-centre et que les services ne sont pas équilibrés pour tout le monde, ce n'est normal, surtout quand on est un des arrondissements qui génèrent le plus de revenus.»

D'autres conseillers pourraient décider de quitter l'UCIM, mettant ainsi en péril la faible majorité de deux sièges que détient le parti du maire au conseil municipal. Parmi eux, John Meaney, président de l'arrondissement de Kirkland. Il a toutefois refusé, hier, de révéler ses intentions au sujet de son avenir au sein de l'UCIM, se contentant de dire qu'il partait en vacances pour une semaine et qu'il prendrait une décision à son retour.

De son côté, Howard Zingboïm, conseiller de Dollard-des-Ormeaux-Roxboro, semblait disposé à poursuivre les discussions avec les membres du caucus même si plusieurs aspects de la proposition présentée par le maire ne le satisfaisaient pas, notamment en ce qui a trait au pouvoir de taxation et au statut juridique des arrondissements. Mais il est trop tôt, selon lui, pour songer à quitter les rangs du parti: «J'attends. Je suis très patient. Les trois élus de l'arrondissement vont en discuter et nous déciderons de ce que nous allons faire.»

Gérald Tremblay s'est dit satisfait des discussions, mais il a rappelé qu'il n'était pas dans son intention de modifier de façon substantielle le modèle organisationnel qu'il a élaboré avec les membres de son comité exécutif et la firme embauchée par son administration. «Si certaines personnes trouvent que c'est insuffisant, on est bien prêts à continuer à répondre à des questions et essayer de voir quelles petites modifications on peut apporter, non pas sur les principes fondamentaux, mais sur des choses qui sont peut-être des détails, mais des détails importants pour certains arrondissements. On va se revoir au début de la semaine pour en parler. L'important, c'est que les personnes reviennent», a-t-il dit.

Conscient que son refus de donner satisfaction aux récalcitrants risque de les inciter à quitter les rangs de son parti, il a fait valoir que l'avenir de la ville importait davantage. Les conseillers mécontents devront prendre une décision rapidement, a-t-il rappelé, car le temps presse et son administration doit présenter au gouvernement sa proposition de réorganisation municipale au mois d'octobre: «Si tout le monde a le même objectif commun, réussir Montréal tout en assurant la réussite de leur arrondissement, on devrait avoir une entente dès la semaine prochaine.»