Le 70e congrès - Les élus seront à l'oeuvre

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Pour des raisons logistiques, le congrès de la Fédération québécoise des municipalités se tient à Québec.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Pour des raisons logistiques, le congrès de la Fédération québécoise des municipalités se tient à Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Municipalités

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) tiendra son 70e congrès annuel, les 29 et 30 septembre et le 1er octobre, au Centre des congrès de Québec. Le thème retenu cette année, «Des élus à l'œuvre», a le mérite d'être clair.

«On ne s'en cache pas, explique Jacques Demers, président de cette édition du congrès et maire de la municipalité de Sainte-Catherine-de-Hatley, le choix de ce thème est une réponse à la vision négative qu'ont trop souvent les médias et les citoyens du travail des élus municipaux. Il n'y a pas seulement que de la magouille dans le milieu municipal. Au contraire, les élus municipaux travaillent fort, mettent temps et énergie pour le développement de leur collectivité. Et souvent pour une rémunération modeste, comme c'est le cas dans les petites municipalités, où la fonction d'un élu n'est pas un travail à temps plein. De nos jours, il n'est pas facile de convaincre le grand public que les élus municipaux font quelque chose de constructif. Et le choix du thème est une façon pour nous de valoriser le travail des élus.»

Les quelque 2300 congressistes qui sont attendus au congrès n'auront pas le temps de chômer. Le programme du congrès propose une foule d'activités où les élus pourront se renseigner, se rencontrer et discuter entre eux. D'abord, on trouve au programme pas moins d'une quinzaine d'ateliers portant sur divers sujets d'intérêt municipal. «Le choix des sujets a été fait par nos commissions permanentes et répond donc directement aux demandes des membres.» Le but des ateliers est évidemment de donner de l'information sur un sujet donné. «Mais on veut aussi provoquer des débats et c'est pourquoi on a pris soin d'inviter des personnes qui ont des points de vue différents.» L'échange avec les participants aux ateliers est aussi de mise. «Auparavant, on vivait ces ateliers comme des spectateurs, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les gens veulent échanger, créer des liens, vérifier si leurs actions vont dans le bon sens et prendre exemple sur les expériences des autres.»

En plus des ateliers, on a prévu des séances d'information d'une heure tenues à toutes les heures d'ouverture du congrès. Les sujets abordés sont souvent plus pointus et la présentation est donnée par un professionnel de la question. «La présentation est relativement courte, car la partie la plus intéressante des séances d'information, c'est la période des questions. Vous avez alors l'occasion d'avoir devant vous un expert à qui vous pouvez poser des questions précises.»

Le congrès comprend aussi une douzaine de rendez-vous juridiques animés par des avocats. Il sera aussi possible d'obtenir de brèves consultations privées. «Une situation rencontrée par beaucoup d'élus lorsqu'ils veulent mettre en branle des choses, c'est celle de la réalité juridique. Ils se font souvent répondre que la loi ne le permet pas. Et comme les élus municipaux ne sont pas tous des avocats, ces rendez-vous juridiques leur permettent de mieux comprendre certaines lois.»

L'événement-phare est sans aucun doute le Forum du vendredi matin, qui sera animé cette année par la communicatrice Marie Grégoire. Les invités sont le journaliste Alain Dubuc, le député Amir Khadir, le chroniqueur Patrick Lagacé et la chroniqueuse Myriam Ségal. «Mme Grégoire va d'abord présenter les sujets, qui correspondent à nos préoccupations, et ensuite nous aurons la réaction des invités, qui sera suivie par la réaction de la salle. Il s'agit d'un événement qu'on veut interactif.»

L'Estrie en vitrine

Pour des raisons logistiques, le congrès se tient à Québec, mais la région qui sera mise à l'honneur est, comme le veut la tradition, celle du président du congrès, dans ce cas-ci l'Estrie. «Comme le slogan de notre région est "L'Estrie, un territoire où l'art de vivre prend tout son sens", c'est cet art de vivre qui sera mis en vedette. Ainsi, les menus de la dégustation d'ouverture et des deux repas du midi ont été élaborés par des chefs cuisiniers de l'Estrie. Ces menus mettront en vedette les produits locaux que ces chefs proposent à leurs propres tables.»

De plus, l'Estrie disposera d'un kiosque qui permettra aux congressistes de se familiariser avec les caractéristiques de la région. «Nous allons même y ériger un café de village, qui est une appellation mise en place par Tourisme Cantons-de-l'Est pour qualifier les petits cafés de notre région qui mettent en valeur les produits locaux.»

Place à la relève

La relève n'est pas oubliée, puisque deux événements, sous forme de déjeuner-conférence, y sont consacrés: l'un portant sur la relève municipale et le défi intergénérationnel et l'autre portant sur les femmes et la politique municipale. «Il faut assurer la relève en politique municipale et il faut y intéresser les jeunes. Pendant le congrès, chaque membre du conseil d'administration sera accompagné d'un jeune qui le suivra pas à pas. C'est une façon de montrer aux jeunes ce que nous faisons. Je demeure convaincu que le meilleur conseil municipal, ou n'importe quel conseil d'administration par ailleurs, est celui qui est le plus métissé. Plus on trouve un mélange de gens âgés, de jeunes, d'hommes et de femmes, plus nous pouvons bien comprendre et répondre aux préoccupations de l'ensemble des citoyens. C'est la raison pour laquelle il faut faire place aux femmes et attirer les jeunes en politique municipale.»

***

Collaborateur du Devoir

À voir en vidéo