Montérégie - Québec autorise la reconstruction en zone inondable

Une maison inondée en juin dernier, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une maison inondée en juin dernier, à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix.

Saint-Jean-sur-Richelieu — Québec a finalement adopté un décret pour autoriser la reconstruction en zone inondable des maisons des sinistrés de la Montérégie.

Le premier ministre Jean Charest en a fait l'annonce hier à Saint-Jean-sur-Richelieu, en présence de plusieurs de ses ministres et des maires des municipalités affectées, lors d'un point de presse organisé pour faire le point sur les inondations qui ont commencé le 23 avril dernier.

Le décret, dont le contenu était déjà connu mais qui n'a été adopté que mercredi par le gouvernement, permet aux citoyens qui le désirent — lesquels seraient environ 150, selon Québec — de reconstruire leur résidence en zone inondable, à condition que les maisons soient immunisées, c'est-à-dire qu'elles soient reconstruites sur pilotis ou équipées de solages imperméables, par exemple.

Quant aux citoyens qui ne souhaitaient que réparer ou rénover leurs résidences abîmées par la crue des eaux, ils étaient déjà en mesure d'obtenir des permis depuis le début de l'été.

Jean Charest a aussi indiqué qu'il a entrepris des démarches pour que la Commission mixte internationale fasse une étude pour mieux comprendre ce qui a causé les inondations d'avril dernier. Cette commission a pour mandat de se pencher sur les enjeux reliés aux eaux limitrophes entre le Canada et les États-Unis.

Dans ce but, M. Charest a écrit une lettre conjointe avec le gouverneur de l'État du Vermont, adressée au premier ministre Stephen Harper et au président américain Barack Obama, afin qu'ils demandent à la Commission d'entreprendre un tel examen.

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutil, a aussi rapporté que 3800 réclamations ont été formulées à la suite des inondations. Québec a déboursé 16 millions, dont 6 millions ont servi à des avances pour les réparations effectuées par les sinistrés.
 
8 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 19 août 2011 04 h 17

    Les bottes de caoutchouc...

    Les bottes de caoutchouc aussi sont imperméables. Ce qui n'empêche jamais les pieds de se mouiller quand on en sort ou quand l'eau monte au-dessus de leur "hauteur réglementaire"...
    La chaloupe à la porte de la maison pendant tout le printemps, tel autrefois mon grand-père en accrochait une aux poteaux de la galerie parce qu'elle se trouvait en bordure de rivière et qu'agriculteur, il ne pouvait pas trop s'éloigner de sa terre, cela reviendra-t-il bientôt à la mode ?
    Finalement. je pense que je vais moi aussi allé habiter dans ce coin-là de notre beau Québec et que je vais investir dans un commerce de proximité qui aura dorénavant de l'avenir : celui de la vente de divers matériel de flottaison.
    Ainsi j'aurai longtemps de beaux jours de profits en vue... surtout si l'état finance les achats des particuliers en difficultés puisque celles-ci seront classées comme impossible à prévoir.
    A bon entendeur, salut !

  • Eric Allard - Inscrit 19 août 2011 07 h 15

    L'argent des contribuables paie pour le luxe de certains.

    Vivre sur le bord d'un plan d'eau est un luxe, et non un droit. Alors, de quel droit les gens qui peuvent se permettre ce luxe peuvent-ils le faire sur le dos des contribuables québécois?

    Et si ces maisons, supposément immunisées, sont encore déclarées pertes totales lors des prochaines inondations, est-ce que le gouvernement va demander un remboursement de la part des entrepreneurs qui ont rebâti ces maisons, sous forme de garantie?

  • Daniel Cyr - Abonné 19 août 2011 08 h 29

    Les élections doivent approchées

    Une telle décision serait-elle l'annonce que nous serons bientôt invités à retourner aux urnes? C'est la seule explication que j'ai trouvé à cette décision absurde qui nous fait reculer d'au moins trente ans dans l'aménagement "durable" du territoire. Et si le premier ministre veut savoir quelques raisons des inondations, j'ai quelques pistes pour lui, mais à en juger sa décision de laisser reconstruire, il ne sera probablement pas satisfait de mes observations, qui pourtant sautent aux yeux! Se souvenir des constatations antérieures pourrait être un début, nos plaques minéralogiques ne nous invitent elles pas à plus de souvenance? Ces pertes de mémoires finissent par coûter cher à tous les québécois, pas seulement à ceux qui s'obstinent à vivre en zones inondables.

  • Claude Kamps - Inscrit 19 août 2011 09 h 25

    Une autre incohérence de Charest

    Une zone inondable en est une ou pas...

    C'est sur que 3800 votes ça compte, y aura t il le même traitement pour 150 maisons autre part?

  • André Michaud - Inscrit 19 août 2011 13 h 17

    dangereux précédent ?

    Si on indemnise en zone inondable et autorise la reconstruction dans cette région, les gens de d'autres zones inondables , comme sur les bords de la Rivière Chaudière en Beauce, plein de zone sur les bords du St-Laurent etc..demanderont le même traitement..!!

    J,espère que ceux qui se reconstruisent assumeront LEUR décision, et ne viendront pas quémander leurs concitoyens au prochain débordement, possiblement dès l'année prochaine...!!! On doit au moins leur faire signer un document en ce sens.